Programme Barracuda

Le programme Barracuda est un programme de construction de sous-marins français de Naval Group (ex DCNS), qui a donné : la classe Suffren (ou type Barracuda), série de six sous-marins nucléaires d'attaque en construction pour la Marine nationale ; la classe Attack (ou type Shortfin Barracuda), un projet de douze sous-marins pour le compte de la Royal Australian Navy, abandonné le 15 septembre 2021 à la suite de la rupture du contrat par le gouvernement australien ; la classe Orka (ou type Blacksword Barracuda), un projet de quatre sous-marins pour le compte de la Marine royale néerlandaise, sélectionné le 15 mars 2024 pour succéder à la classe Walrus.
Le programme Barracuda est un programme de construction de sous-marins français de Naval Group (ex DCNS), qui a donné :
- la classe Suffren (ou type Barracuda), série de six sous-marins nucléaires d'attaque en construction pour la Marine nationale ;
- la classe Attack (ou type Shortfin Barracuda), un projet de douze sous-marins pour le compte de la Royal Australian Navy, abandonné le 15 septembre 2021 à la suite de la rupture du contrat par le gouvernement australien ;
- la classe Orka (ou type Blacksword Barracuda), un projet de quatre sous-marins pour le compte de la Marine royale néerlandaise, sélectionné le 15 mars 2024 pour succéder à la classe Walrus.
France : classe Suffren
[modifier | modifier le code]Le programme de sous-marins Barracuda a été notifié le 23 décembre 2006 à Naval Group, maître d'œuvre d'ensemble du navire, et à TechnicAtome, maître d’œuvre de la chaufferie nucléaire embarquée, pour une première tranche ferme portant sur le développement et la réalisation du Suffren, premier des six Barracuda. Il porte également sur le maintien en condition opérationnelle des SNA dans leurs premières années de service.
Les Barracuda sont destinés à remplacer les sous-marins du type « Rubis en version Améthyste ».
Le sous-marin nucléaire d'attaque de nouvelle génération Barracuda est une composante majeure des forces de projection pour la Marine nationale. Outre la lutte anti-surface et anti-sous-marine, le Barracuda compte parmi ses missions le recueil de renseignement, la mise en œuvre de forces spéciales (commandos) grâce au dry deck shelter (valises sèches) et la capacité de frappe contre la terre grâce au missile de croisière naval (MDCN). Il peut emporter vingt armes simultanément dont les futures torpilles lourdes F21, les missiles antinavires SM39 et le MDCN.
Australie : classe Attack
[modifier | modifier le code]Le 26 avril 2016, l’Australie annonce la sélection de Naval Group pour faire l'acquisition de douze sous-marins Shortfin Barracuda Block 1A[1], dérivés du design et des technologies hors propulsion nucléaire. Le programme de 34,5 milliards d'euros (50 milliards de dollars australiens) est le plus important engagement de l'Australie avec la France. Il porte sur douze sous-marins de classe océanique pour remplacer les six sous-marins de la classe Collins fonctionnant avec moteur Diesel et moteur électrique[2],[3],[4].
Ce contrat est finalement annulé par l'Australie le 20 septembre 2021, au profit de sous-marins à propulsion nucléaire américains.
Pays-Bas : classe Orka
[modifier | modifier le code]En décembre 2019, Naval Group, en partenariat avec le constructeur naval néerlandais Royal IHC, fait partie des candidats à la compétition pour équiper d'un nouveau modèle de sous-marin la Marine royale néerlandaise, en remplacement des Walrus. Naval Group propose « des sous-marins expéditionnaires de la famille Barracuda[5] », désignés « Blacksword », un peu plus petits (3.000 tonnes contre 4.500 tonnes)[6]. Les autres candidats sont Kockums, en partenariat avec Damen Group, et Thyssenkrupp Marine Systems.
Le 15 mars 2024, Christophe van der Maat (en), le secrétaire d’État néerlandais à la Défense, annonce que Naval Group a été choisi : « Après un processus de devis minutieux, Naval Group construira les nouveaux sous-marins. Ils ont réussi à proposer une offre équilibrée, polyvalente et réaliste. L’industrie néerlandaise a également un rôle important à jouer, condition importante dans le processus d’attribution »[7]. Le 11 juin suivant, la Chambre des représentants approuve le contrat malgré une forte campagne de presse opposée à ce choix. Le 24 juillet, le recours de TKMS qui concourait sur ce programme, est rejeté par le tribunal de La Haye[8]. Le 10 septembre, un « Accord de coopération industrielle obligatoire » [ICA], d’une valeur d’un milliard d’euros est signé, qui « définit la stratégie de coopération industrielle de Naval Group avec le secteur maritime et de défense néerlandais, impliquant des industries et des centres d’excellence, dans le but de maximiser l’autonomie stratégique ». Le montant du contrat proposé par les Pays-Bas est de 5,6 milliards d’euros, mais Naval Group a fait une offre moins élevée. La signature définitive a lieu le 30 septembre 2024[9].
Naval Group et ses partenaires auront dix ans pour construire et livrer les deux premiers sous-marins [l’Orka et le Zwaardvis] à la marine royale néerlandaise. Suivront ensuite le Barracuda et le Tijgerhaai, avant 2039. Ces quatre unités seront produites à Cherbourg[10].
Commercial
[modifier | modifier le code]Prospections en cours
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Grèce : en 2025, la Grèce commence des discussions avec les principaux constructeurs de sous-marins européens, pour l'achat de quatre nouveaux sous-marins capables de compenser l'écart capacitaire avec la Turquie. Les premières consultations évaluent la classe Blekinge du suédois Saab, les types 214 et 209NG de TKMS ainsi que le Scorpène et une version dérivée du Barracuda de Naval Group[11].
Égypte : ce pays négocie en 2025 l'achat de quatre unités à construire localement pour remplacer ses quatre dérivés chinois de la classe Roméo (S-849, S-852, S-855, S-858) et la possibilité de construire d'autres unités pour l'export, les capacités françaises de construction de sous-marins à Cherbourg étant saturées par les programmes nationaux et export jusqu’en 2035[12].
Ventes avortées
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Australie : en 2016, le gouvernement australien signe avec Naval Group un contrat pour la construction de douze sous-marins conventionnels de classe Attack. Ce contrat est unilatéralement annulé par l’Australie, au profit de huit sous-marins nucléaires fournis par les américains. La décision provoque des remous diplomatiques, appelés crise des sous-marins australiens[13].
Canada : en 2024, la marine canadienne annonce vouloir acquérir douze sous-marins. Les compétiteurs sont au nombre de six : les Français avec Barracuda, les Coréens avec le KSS-III Batch 2, les Allemands avec le type 212 CD, les Espagnols avec la classe S-80, les Suédois avec le C71 Oceanic et les Japonais avec la classe Taigei[14]. Le 26 août 2025, le Canada annonce que le KSS-III Batch 2 est, avec le U212 CD, finaliste de la compétition, les quatre autres concurrents ayant été éliminés. L'élimination du Barracuda apparait alors comme le résultat d'un engagement réservé de Naval Group, échaudé par l’échec de la vente des sous-marins Rubis en 1989[15].
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) Department of Defence, « Prime Minister, Minister for Defence - Joint media release - Future submarine program », sur www.minister.defence.gov.au, 9 novembre 2016 (consulté le 23 juillet 2021).
- ↑ « Sous-marins vendus par DCNS à l’Australie : les coulisses d’un contrat « historique » », sur lemonde.fr, 26 avril 2016 (consulté le 26 avril 2016).
- ↑ « Comment la France est parvenue à vendre 12 sous-marins à l'Australie », sur lepoint.fr, 26 avril 2016 (consulté le 26 avril 2016).
- ↑ « Quatre questions sur le contrat de 34,5 milliards d'euros remporté par DCNS en Australie », sur francetvinfo.fr, 26 avril 2016 (consulté le 26 avril 2016).
- ↑ « Les Pays-Bas choisissent Naval Group pour le remplacement de leurs sous-marins », Naval Group, 15 mars 2024 (consulté le 13 mars 2024).
- ↑ « Le français Naval Group officialise la vente de quatre sous-marins aux Pays-Bas | TV5MONDE - Informations », sur information.tv5monde.com, 30 septembre 2024 (consulté le 1er octobre 2024).
- ↑ « Le français Naval Group choisi pour la construction de quatre sous-marins néerlandais », Le Monde.fr, 15 mars 2024 (lire en ligne, consulté le 15 mars 2024).
- ↑ Laurent Lagneau, « La justice ayant débouté l'allemand TKMS, Naval Group va pouvoir livrer quatre sous-marins aux Pays-Bas », sur Zone Militaire, 24 juillet 2024 (consulté le 24 juillet 2024).
- ↑ « Le français Naval Group officialise la vente de quatre sous-marins aux Pays-Bas | TV5Monde - Informations », sur information.tv5monde.com, 30 septembre 2024 (consulté le 30 septembre 2024).
- ↑ Laurent Lagneau, « Naval Group est sur le point de signer le contrat des quatre futurs sous-marins de la marine royale néerlandaise », sur Zone Militaire, 30 septembre 2024 (consulté le 30 septembre 2024).
- ↑ Laurent Lagneau, « La Grèce entame des discussions sur l’acquisition d’au moins quatre nouveaux sous-marins », sur opex360.com, 1er juillet 2025 (consulté le 7 juillet 2025).
- ↑ « L’Égypte veut produire et exporter les Barracuda de Naval Group », sur meta-defense.fr, 12 janvier 2026 (consulté le 14 janvier 2026).
- ↑ « Crise des sous-marins : "C'est une forfaiture", dénonce Emmanuel Macron », sur rtl.fr, 15 décembre 2021 (consulté le 18 décembre 2021).
- ↑ Vincemt Larouche, « Les six options sur la table », sur lapresse.ca, 2 août 2024 (consulté le 17 avril 2025).
- ↑ Laurent Lagneau, « Le Canada écarte le français Naval Group pour la construction de ses douze futurs sous-marins », sur opex360.com (consulté le 26 août 2025).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Le sous-marin d'attaque futur Barracuda - Direction générale de l'Armement, 13 octobre 2010.
- Programme Barracuda : mer en vue pour le Suffren - Cols bleus, 9 janvier 2014.