Furfooz
Furfooz [fyʀfo] (en wallon Furfô) est un petit village wallon d'environ 150 habitants près de Dinant en Belgique. Il se situe dans la région du Condroz. Administrativement parlant, il s'agit d'une section de la ville belge de Dinant située en Région wallonne dans la province de Namur. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. Furfooz est de longue date habité par des établissements humains notamment en raison de ses capacités défensives. On y a retrouvé des vestiges de la Préhistoire (découverts dans certaines de ses grottes), de l'époque romaine et du Moyen Âge. La réserve de Furfooz permet la visite des grottes occupées par l'homme lors de la Préhistoire, des restes d'un ancien camp romain, de remparts du Moyen Âge sur une éminence rocheuse surnommée la Haute-Racine dominant de quelque 100 m d'altitude la Lesse.
| Furfooz | |||||
Le quartier de l'église Saint-Pierre. | |||||
| Administration | |||||
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| Pays | |||||
| Région | |||||
| Communauté | |||||
| Province | |||||
| Arrondissement | Dinant | ||||
| Commune | Dinant | ||||
| Code postal | 5500 | ||||
| Code INS | 91034F | ||||
| Zone téléphonique | 082 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Furfoozien(ne) | ||||
| Population | 172 hab. (1/1/2025) | ||||
| Densité | 25 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 50° 13′ nord, 4° 57′ est | ||||
| Superficie | 678 ha = 6,78 km2 | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : Belgique
Géolocalisation sur la carte : Belgique
Géolocalisation sur la carte : Région wallonne
Géolocalisation sur la carte : province de Namur
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Furfooz [fyʀfo][1] (en wallon Furfô) est un petit village wallon d'environ 150 habitants près de Dinant en Belgique. Il se situe dans la région du Condroz.
Administrativement parlant, il s'agit d'une section de la ville belge de Dinant située en Région wallonne dans la province de Namur. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.
Furfooz est de longue date habité par des établissements humains notamment en raison de ses capacités défensives. On y a retrouvé des vestiges de la Préhistoire (découverts dans certaines de ses grottes), de l'époque romaine et du Moyen Âge. La réserve de Furfooz permet la visite des grottes occupées par l'homme lors de la Préhistoire, des restes d'un ancien camp romain, de remparts du Moyen Âge sur une éminence rocheuse surnommée la Haute-Racine dominant de quelque 100 m d'altitude la Lesse[2].
Topologie
[modifier | modifier le code]La topologie de Furfooz proviendrait du germain "falis" qui veut dire rocher ("fooz" en serait une déformation), alors que la première partie serait une altération par assimilation[3], ce qui pourrait amener à penser que le nom du village à l'origine a pu être Curfooz, qui signifie étymologiquement la roche fendue (fractus falisus)[4]. Cela pourrait d'ailleurs faire référence aux grottes qui se trouvent aux abords du village.
On trouve aussi d'autre filiations du nom qu'on rattache parfois aux termes germains "hulta", qui signifie "de bois", ou encore "fohr", qui veut dire "de rouvres"[5].
Géographie
[modifier | modifier le code]Topographie et hydrographie
[modifier | modifier le code]Furfooz fait partie dans le Condroz. Cette région est formée d’un plateau ondulé profondément entaillé par la Lesse, affluent de la Meuse. Le village se situe à une altitude moyenne de 204,21 mètres, avec un point minimal à 160 mètres et un point maximal à 292 mètres[6].
Les ruisseaux du Ry des Vaux et du Ry de Vesse sont des affluents de la Lesse sur le territoire de Furfooz.
Géologie
[modifier | modifier le code]Furfooz fait partie du Condroz. La Lesse s'est frayé à Furfooz un chemin à travers les strates calcaires datant du Carbonifère inférieur (aussi appelé Dinantien) constitués en strates horizontales d'orientation est-ouest. Des strates de grès et siltites du Famennien supérieur sont intercalées entre les calcaires carbonifères[7]. Le fond de la vallée de la Lesse est constitué d'alluvions.
La présence de calcaires est à l'origine de la présence de formations karstiques prenant à Furfooz un aspect spectaculaire. La karstification est illustrée par le dédoublement du cours de la Lesse par un cours souterrain reconnu entre Furfooz et Chaleux. La perte se produit au Trou des Nutons et la résurgence au Trou de la Loutre. La Lesse souterraine effectue un périple d’une durée de 70 heures parcourant la grotte du Trou qui fume, le Puits des Vaux à une profondeur de 40 mètres et la Galerie des Sources au travers d’un réseau complexe de galeries qui totalisent 2 km pour cette seule partie. D’autres pertes moins spectaculaires ont été notées le long du cours de petits ruisseaux. Les eaux du Ry de Vesse se perdent totalement dès leur passage lors de leur passage à travers les calcaires Waulsortien (trouvant leur origine dans les dépôts successifs de fossiles au fond de la mer) à l’ouest de la ferme du Bois de Chaleux[7].
Démographie
[modifier | modifier le code]La population de Furfooz est restée à la mesure du village durant l’histoire et de fait, on peut remarquer une certaine stabilité démographique dans le dernier siècle[8].
Évolution démographique
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- Source: DGS, 1831 à 1970=recensements population, 1976= habitants au 31 décembre
Histoire
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Comme le suggèrent les 18 squelettes retrouvés en 1864 dans les cavernes de Furfooz, le site de Furfooz et ses alentours a très tôt été peuplé par des peuplades primitives. Parmi les plus célèbres grottes et cavernes de Furfooz, figurent le Trou du Frontal (nom donné car au début des fouilles on y a trouvé un os frontal datant probablement de la période préhistorique), le Trou des Nûtons (qui servait d'habitation) et le Trou de la Naulette. Ce dernier est situé à 28 mètres en aplomb de la Lesse, où l'on a retrouvé la célèbre mâchoire de la Naulette qui témoigne de la rudesse de la vie en ces périodes reculées. On a de nombreuses traces matérielles (ossements animaux et humains et outils) de cette occupation qui permettent d'attester d'une occupation du site dès l'âge paléolithique (notamment à l'époque magdalénienne) et au néolithique. Cette occupation est très précoce et est le reflet de la richesse en ressources naturelles dans la région à cette époque[9].
Au IIIe siècle après J.-C., une forteresse est édifiée par les Romains, mais elle est ravagée quelque temps après par les Francs qui occupent le site plus tardivement. On pouvait alors observer à Furfooz des bâtiments équipés d'hypocauste et une nécropole dont le mobilier mortuaire renseigne sur le faste du mode de vie à l'époque mérovingienne. En 1905, on a découvert à Furfooz un denier d'argent frappé à Dinant à l'effigie de Charles le Gros, roi d'Alémanie et de Lotharingie[10].
Au Moyen Âge, Furfooz est attesté dès 1280 sous le nom de Forfo, et en 1300 sous le nom de Farfol. Le village était alors une haute vouerie, dépendance des seigneurs de Celles. On observe donc là un contraste avec sa relative importance durant les périodes antérieures. La seigneurie hautaine quant à elle, appartenait à l'abbé de Visé, c'est-à-dire que c'était lui qui été chargé de l'exécution de la haute justice de Furfooz. Furfooz fait alors partie de la principauté de Liège et reste l'apanage de la maison de Beaufort jusqu'à la Révolution française. Sur le territoire actuel de Furfooz, il y avait aussi une autre seigneurie hautaine, celle de Sure qui relevait également de la principauté de Liège, mais qui elle était aux mains de familles patriciennes originaires de Dinant. Se trouvait à Sure un château qui consistait en une tour carrée surmontée d'une flèche, elle-même flanquée de quatre tourelles, qui fut la propriété du baron Rahier de Villatour et de sa famille à partir des années 1690 jusqu'à la Révolution.
À l'aube de la Révolution belge de 1830, Furfooz comptait 3 fermes et 38 maisons rurales faites de pierre et couvertes d'ardoise ou de chaume. Le village était surtout un village agricole, tourné vers la culture des champs.
Liste des bourgmestres de 1830 à 1977
[modifier | modifier le code]Patrimoine et culture
[modifier | modifier le code]Patrimoine architectural et naturel
[modifier | modifier le code]Patrimoine architectural
[modifier | modifier le code]Patrimoine naturel
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Réserve naturelle de Furfooz
[modifier | modifier le code]La réserve naturelle de Furfooz est une réserve d'environ 50 hectares, propriété communale mais gérée par l'ASBL Ardenne et Gaume. Cette réserve est visitable par le grand public (entrée payante). L'on peut y voir un film explicatif sur la riche histoire du site (dans le bâtiment d'accueil).
Un parcours de 4 km y est aménagé. Le chemin passe à côté de thermes romains, de restes de remparts/maison-forte, de parois rocheuses, de multiples grottes, des points de vue, des richesses naturelles, etc. La réserve est arrosée par la rivière Lesse, affluent de la Meuse. Et elle se situe sur l'interfluve du ri des Vaux et de la Lesse.
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Polyommatus icarus.
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Polyommatus icarus.
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Cercopis Vulnerata.
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Carabus cancellatus.
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Euproctis Similis.
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Euproctis Similis.
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Ephemera danica.
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Réserve naturelle de Furfooz.
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Réserve naturelle de Furfooz.
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Réserve naturelle de Furfooz.
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Réserve naturelle de Furfooz.
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Réserve naturelle de Furfooz.
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Réserve naturelle de Furfooz.
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Réserve naturelle de Furfooz.
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Réserve naturelle de Furfooz.
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Réserve naturelle de Furfooz.
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Réserve naturelle de Furfooz.
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Réserve naturelle de Furfooz.
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Le "Trou Reuviaux".
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Puits des Vaux.
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Ruisseau dans la réserve.
Culture
[modifier | modifier le code]Économie
[modifier | modifier le code]Vie associative
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Louvain-la-Neuve, Peeters, 1994 (lire en ligne), p. 105
- ↑ De Seyn, E., Dictionnaire historique et géographique des communes belges, t. 1, 2e éd., Bruxelles, 1933, p.407.
- ↑ Cette hypothèse provient d'une comparaison avec le liégeois "furtoye" qui est une altération de fractula
- ↑ Carnoy, A., Origines des noms des communes de Belgique, Louvain, 1948-1949, p.231.
- ↑ Jespers, J.-J., Le nouveau dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Bruxelles, 2011, p. 293.
- ↑ Houet, A. et Cleeren, R., Dictionnaire moderne géographique, administratif, statistique des communes belges, Bruxelles, 1968, p. 333.
- B. Delcambre et J.L. Pingot, « Carte géologique de Wallonie - Dinant - Hastière - Notice explicative », sur Direction générale des ressources naturelles et de l'environnement (consulté le 18 septembre 2025)
- ↑ De Seyn, E., Dictionnaire historique et géographique des communes belges, t. 1, 2e éd., Bruxelles, 1933, p.407; Houet, A. et Cleeren, R., Dictionnaire moderne géographique, administratif, statistique des communes belges, Bruxelles, 1968, p. 333; Hasquin, H., dir., Communes de Belgique, Dictionnaire d'histoire et de géographie administrative, 1980-1981, p.535; pour les "environ 150", cf. infra.
- ↑ De Seyn, E., Dictionnaire historique et géographique des communes belges, t. 1, 3e éd., Turnhout, 1947, p. 425; Hasquin, H., dir., Communes de Belgique, Dictionnaire d'histoire et de géographie administrative, 1980-1981, p.534-535.
- ↑ De Seyn, E., Dictionnaire historique et géographique des communes belges, t. 1, 3e éd., Turnhout, 1947, p. 425; Hasquin, H., dir., Communes de Belgique, Dictionnaire d'histoire et de géographie administrative, 1980-1981, p.535; Jespers, J.-J., Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Bruxelles, 2005, p.274-275.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- « Dan.com », sur Dan.com (consulté le 21 janvier 2024)
- « Réserve naturelle de Furfooz », sur Réserve naturelle de Furfooz, 10 juillet 2019 (consulté le 21 janvier 2024)