Val Codera
Le val Codera est une vallée secondaire de la Valchiavenna entièrement située dans la commune italienne de Novate Mezzola dans la province de Sondrio. Elle abrite les villages d'Avedée, Codera, Saline, Piazzo, Stoppadura, Bresciadega, Coeder, Cii, Cola et San Giorgio di Cola.
| Val Codera | |
Val Codera, au centre le village de Codera | |
| Massif | Chaîne de la Bernina (Alpes) |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Lombardie |
| Province | Sondrio |
| Commune | Novate Mezzola |
| Coordonnées géographiques | 46° 16′ nord, 9° 30′ est |
| Orientation aval | sud-ouest |
| Longueur | 12 km |
| Type | Vallée glaciaire |
| Écoulement | Codera |
| modifier |
|
Le val Codera est une vallée secondaire de la Valchiavenna entièrement située dans la commune italienne de Novate Mezzola dans la province de Sondrio.
Elle abrite les villages d'Avedée, Codera, Saline, Piazzo, Stoppadura, Bresciadega, Coeder, Cii, Cola et San Giorgio di Cola.
Géographie
[modifier | modifier le code]Le val Codera borde les vaux Bondasca et Masino. Le val est traversé par le torrent Codera le traverse qui se jette dans le lac de Mezzola. Les montagnes qui l'entourent comprennent le Pizzo Badile, le Pizzo Cengalo et le Monte Gruf. La vallée est accessible seulement à pieds, à vélo ou en hélicoptère car il n'y a pas de route carrossable qui y parvienne. On peut y accéder via le sentier qui part du parking situé à Mezzoalpiano, en provenance de la gare ferroviaire de Novate Mezzola.
Le sentier est caractérisé par une succession abrupte de lacets et d'escaliers creusés dans la roche jusqu'au village d'Avedée, d'où il continue en pente douce jusqu'au village de Codera.
Un sentier alternatif, appelé Tracciolino, a été aménagé pour l'entretien des centrales hydroélectriques de la vallée et est accessible à vélo. Il part du village de Castén, dans la Valle dei Ratti, ou bien est accessible depuis le village de San Giorgio, accessible par le sentier qui débute sur la Via Lungo Codera Sinistro à Novate Mezzola.
Histoire
[modifier | modifier le code]La fréquentation protohistorique est attestée par la présence de sépultures en pierre. L'histoire du val suit essentiellement celle du Val Chiavenna et de la Valteline, d'abord sous le duché de Milan, puis sous la domination des Grisons, qui pris fin en 1797. En 1866, peu après l'unification de l'Italie, le préfet Scelsi a supervisé la compilation de statistiques détaillées pour la province de Sondrio. Celles-ci montrent que 17 familles et 69 personnes (31 hommes et 38 femmes) vivaient dans les 26 maisons de San Giorgio, dont 45 célibataires, 20 femmes mariées et 4 veuves ; 9 maisons étaient déjà vides. À Cii, 49 personnes (26 hommes et 23 femmes) réparties en 9 familles étaient recensées comme résidents. On comptait 14 maisons au total dont 9 habitées et 5 vides.
En 1933, on dénombre environ 500 personnes habitants dans toute la vallée. À l'époque fasciste, la vallée était fréquentée par les Aquile Randagie, un groupe de scouts clandestins. Le premier scout à découvrir le val, idéal pour des opérations clandestines compte tenu de son inaccessibilité, fut Gaetano Fracassi en 1935.
Après la guerre, on assista à un dépeuplement progressif, phénomène commun à diverses vallées alpines, bien qu'accentué ici par l'absence d'une liaison adéquate avec le fond de la vallée, pourtant réclamées à plusieurs reprises.
En 2001, on recensait 10 habitants à Codera[1].
Activités
[modifier | modifier le code]Tourisme
[modifier | modifier le code]Parmi les attractions touristiques de la vallée figurent le musée ethnographique de Codera et le musée I Noss Regoord à San Giorgio. Le revêtement de l'hôtel de ville de Novate, achevé en 1991, est le dernier ouvrage public à utiliser la pierre de Sanfedelino: il subsiste d'anciennes carrières et de nombreux artisans qualifiés de la pierre qui, avec les collections du musée de San Giorgio, témoignent d'une présence qui a rendu le Val Codera particulier.
Parmi les traditions de la vallée, figurent les quatre processions annuelles organisées à Codera les jours de la Saint Marc, Saint Jean-Baptiste, l'Assomption de Marie et Saint Roch, au cours desquelles les effigies sacrées des saints sont portées dans les rues du village par les membres d'une confrérie vêtus de robes écarlates.
Agriculture et activité minière
[modifier | modifier le code]Surtout à Avedèe, Cola et Codera, mais également à Cii et San Giorgio, sont présentes des terrasses créées pour récupérer des terrains planes pour l'agriculture. Parmi les cultures locales, on retrouvait le chanvre et le lin pour le textile, l'orge, le seigle, le maïs et les pommes de terre. Actuellement, une partie minime des champs est cultivée en pommes de terre, haricots et légumes. A San Giorgio, Codera et Cola, on trouve quelques champs de maïs, de la variété quarantìn, qui mûrit en octobre.
À Codera, une gestion coopérative de certaines cultures, autrement abandonnées, permet d'envoyer pour la distribution à Campo et Novate Mezzola une quantité considérable et recherchée de produits non traités comme des pommes de terre, haricots et semoule de maïs. L'exploitation du bois est aujourd'hui quasiment inexistante, compte tenu des difficultés de transport, bien que par le passé, de vastes zones forestières aient été utilisées pour cette activité, et le bois transporté par flottage fluvial.
Les châtaigneraies, il y a quelques décennies encore, étaient une source de revenus. Pour ne pas sacrifier les rares cultures essentielles à leur subsistance, et notamment le fourrage pour leurs animaux (quelques vaches, de nombreux chèvres et moutons), les habitants se limitaient à la consommation d'arbres fruitiers, de noyers et de cerisiers.
L'élevage semi-sauvage de chèvres est encore le plus répandu. On compte dans la vallée plus de 300 têtes, gardées à l'étable uniquement à la naissance des chevreaux (mars-avril) et vendus à partir de Pâques. Le troupeau de bovins est réduit à quelques têtes regroupées pendant l'été sur l'alpage de Brasciàdiga où l'on trouve de savoureux fromages d'alpage. Parmi les produits laitiers, le mascarpìn est une exclusivité de la vallée. C'est un fromage au lait de chèvre entier, de forme conique caractéristique, semblable à un dirigeable, qui peut être dégusté frais comme la ricotta ou salé et légèrement fumé, utilisé seul ou comme condiment pour les légumes et les entrées.
L'exploitation du granite de Sanfedelino, étroitement liée à la géologie de la vallée, était destinée à la réalisation de murs, de toits, de montants de portes, de supports de gouttières, de seuils, d'appuis de fenêtres, d'escaliers et de terrasses. Ce granite servait également à la fabrication de bancs, de tables d'extérieur et de crotti, de bassins, de lavoirs et d'abreuvoirs. Pendant des siècles, l'extraction, la transformation et l'exportation du granite, même vers les grandes villes de la plaine sous forme de pavés et de bordures, ont permis de compléter les revenus agricoles. Parmi les tailleurs de pierre (les picapedra), la silicose était cependant répandue.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Val Codera » (voir la liste des auteurs).
- ↑ « Dati del 14º Censimento Generale della Popolazione e delle Abitazioni », sur istat.it
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) « Amministrazione Provinciale di Sondrio - Servizio Turismo », sur https://www.valtellina.it (consulté le 7 septembre 2025).
