Um er-Rasas
Um er-Rasas (arabe : ʾumm ar-raṣāṣ, أم الرصاص, « mère du plomb »), aussi appelé Kastrom Mefa’a est un site archéologique en Jordanie qui contient des ruines des civilisations romaines, byzantines et proto-musulmanes. La majorité du site n'a pas été fouillé, mais jusqu'ici, on a trouvé un camp militaire et plusieurs églises. À la fin du IVe siècle, le site du camp romain a été occupé par une unité de cavalerie des légions romaines. Ces troupes ont été stationnées dans ce camp après une réorganisation par Dioclétien de la défenses des frontières consécutive à la guerre contre la reine Zénobie de Palmyre gagnée par Aurélien en 272. Pour son mélange unique de civilisations, l'Um er-Rasas a été inscrit depuis 2004 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Um er-Rasas (Kastrom Mefa’a) *
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| Coordonnées | 31° 29′ 59″ nord, 35° 55′ 11″ est |
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| Pays | |
| Numéro d’identification |
1093 |
| Année d’inscription | 2004 (28e session) |
| Type | Culturel |
| Critères | (i) (iv) (vi) |
| Superficie | 23,928 ha |
| Zone tampon | 90 ha |
| Région | États arabes ** |
| * Descriptif officiel UNESCO ** Classification UNESCO |
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Um er-Rasas (arabe : ʾumm ar-raṣāṣ, أم الرصاص, « mère du plomb »), aussi appelé Kastrom Mefa’a[1] est un site archéologique en Jordanie qui contient des ruines des civilisations romaines, byzantines et proto-musulmanes.
La majorité du site n'a pas été fouillé, mais jusqu'ici, on a trouvé un camp militaire et plusieurs églises.
À la fin du IVe siècle, le site du camp romain a été occupé par une unité de cavalerie des légions romaines. Ces troupes ont été stationnées dans ce camp après une réorganisation par Dioclétien de la défenses des frontières consécutive à la guerre contre la reine Zénobie de Palmyre gagnée par Aurélien en 272[2].
Pour son mélange unique de civilisations, l'Um er-Rasas a été inscrit depuis 2004 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Mosaïques
[modifier | modifier le code]Le site est aussi connu pour ses mosaïques byzantines mises en valeur par Michele Piccirillo en 1986. Le travail est daté de 785 et est remarquable par sa représentations de cités de la région. Côté nord :
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Hagia Polis : Jerusalem.
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Diosplois : Lydda.
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Eleutheropolis maintenant Bayt Jibrin.
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Gaza.
Et côté sud :
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Kastron Mefaa (Umm er-Rasas)
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Philadelphia maintenant Amman.
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Esbounta : Hésebon.
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Belemounta les chutes de Madaba.
Les villes du delta du Nil :
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Alexandria
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Kasin (Ras Kouroun)
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Thenesos
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Tamiathis
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Panau
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Anticiaou(?)
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Eraklion
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Pseudostomon
Ces représentations ne sont pas présentées au hasard : elles représentent de grands centres urbains, zones de commerce et de circulation, ayant le statut de cité, et une hypothèse peut être formulée quant aux ambitions de Kastron Mefaa de parvenir elle aussi au statut de cité[3]. Dans le contexte particulier des communautés chrétiennes après la conquête omeyyade, le choix de représenter des villes liées à des itinéraires de pèlerinage et de s'inscrire dans le contexte théorique d'une chrétienté unifiée peut, comme pour la mosaïque contemporaine de l'acropole de Ma'in, manifester le besoin de représenter un sentiment d'appartenance commun tout en mettant en valeur le rôle de la petite communauté de Kastron Mefaa[3].
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Jacques Bujard, Kastron Mefaa, un bourg à l'époque byzantine : Travaux de la Mission archéologique de la Fondation Max van Berchem à Umm al-Rasas, Jordanie (1988-1997) (thèse de doctorat (version raccourcie et remaniée de la thèse soutenue en 2008)), Fribourg, 2016, 204 p. (lire en ligne).
- Flora Muntrez, "Penser son territoire pour faire communauté : la représentation des villes dans les mosaïques byzantines tardo-antiques de Jordanie", Annales de Janua, Les Annales, n° 10, mis à jour le : 14/10/2024
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ latin : castrum, place forte ; camp fortifié. Identifié au lieu nommé Méphaath dans l'Ancien Testament, (grec : Μεφααθ, dans la Septante) (latin : Mephaath, dans la Vulgate) Jos 13. 18
- ↑ (en) Ariel Lewin, Kastron Mefaa, the Equites Promoti Indigenae and the creation of a late roman frontier [PDF]
- Flora Muntrez, « Penser son territoire pour faire communauté : la représentation des villes dans les mosaïques byzantines tardo-antiques de Jordanie »
, sur annalesdejanua.edel.univ-poitiers.fr, 9 avril 2024 (consulté le 13 mars 2026)