Substack
Substack est une plateforme en ligne américaine lancée en 2017 qui fournit une infrastructure de publication, de paiement, d'analyse et de conception pour prendre en charge des lettres d'information fonctionnant par abonnement. La plateforme est disponible en ligne ou dans l'application mobile iOS et permet de créer, lire ou réagir à des lettres d'informations.
| Adresse | substack.com |
|---|---|
| Description | Plate-forme d'autoédition diffusant des infolettres sur abonnement |
| Commercial | oui |
| Écrit en | JavaScript, Ruby[1] |
| Publicité | non |
| Langue | multilingue |
| Inscription | facultative et gratuite, des contenus sont payants |
| Siège social | San Francisco |
| Propriétaire | Substack Inc. |
| Lancement | 29 novembre 2017 |
| Revenus | 9 millions de dollars (2021)[2] |
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Substack est une plateforme en ligne américaine lancée en 2017 qui fournit une infrastructure de publication, de paiement, d'analyse et de conception pour prendre en charge des lettres d'information fonctionnant par abonnement[3].
La plateforme est disponible en ligne ou dans l'application mobile iOS et permet de créer, lire ou réagir à des lettres d'informations[4].
Histoire
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Substack est fondé en 2017 par Chris Best, Jairaj Sethi et Hamish McKenzie. Chris Best et Jairaj Sethi avaient travaillé ensemble au préalable sur un autre projet, Kik, une application de messagerie instantanée similaire à Whatsapp. De son côté, Hamish McKenzie est journaliste[5]. Substack se présente comme un outil permettant de pallier les problèmes du monde journalistique confronté aux réseaux sociaux et à leurs algorithmes ; l'entreprise assure ne pas être un média mais une simple plateforme technologique[6]. Les internautes peuvent s'abonner à des lettres d'information payantes, et Substack empoche une commission de 10% sur les revenus ainsi générés tandis que les auteurs et autrices touchent le reste[7]. Le site développe ainsi un outil similaire à des outils préexistants tels que TinyLetter, Lede ou encore Ghost (qui n'est pas commercial)[8].
Début 2021, l'entreprise lance le programme Substack Pro, qui offre un financement substantiel à des auteurs potentiels (jusqu'à 250 000 dollars) afin de les inciter à quitter leur emploi pour se consacrer à la rédaction de lettres d'information sur Substack[9]. Le même programme offre à certains auteurs l'accès à des correcteurs, à une assurance de santé et à un programme de protection juridique[7].
Fin 2021, Substack compte environ 500 000 utilisateurs payants abonnés à des lettres d'information, et compte des figures telles que le lanceur d'alerte Edward Snowden, le rockeur Jeff Tweedy et la chroniqueuse culinaire Emily Nunn[5]. Le site attire des journalistes et des écrivains[7]. À cette même période, les dix comptes les plus populaires gagnent au total environ 7 millions de dollars américains[5]. Substack atteint alors une valorisation en bourse de 650 millions de dollars[10].
En 2023, Substack affirme compter environ 2 millions d'abonnements payants[10].
À partir de 2023, le site se dote de fonctionnalités similaires à celles d'un réseau social : la fonctionnalité Notes qui permet de poster messages et commentaires publics en incluant images ou vidéos ou d'inclure ces médias dans un article[11], puis des messages privés en 2024[12]. Courant 2024, le site passe un partenariat avec Spotify afin que les podcasteurs de Substack puissent diffuser leurs podcasts sur Spotify[13]. La fonctionnalité Chat crée une communauté réservée aux abonnés d'un compte, et qui permet à partir de 2024 de diffuser des vidéos[14]. En août 2024, Substack permet désormais à n'importe qui de publier, même sans avoir créé une lettre d'information[15].
Une fonctionnalité de diffusion en direct sur Internet de vidéos est ajoutée en janvier 2025, sur le modèle de ce qui se fait sur d'autres réseaux comme TikTok et Instagram[16].
Substack lance le Creator Accelerator Fund, un nouveau programme d'aide au financement de nouveaux auteurs, en janvier 2025, avec des fonds s'élevant à 20 millions de dollars, dans le but d'attirer des auteurs en provenance de plateformes concurrentes telles que Patreon ou Supercast et de réseaux comme TikTok et Instagram[17].
En juillet 2025, Substack réalise une levée de fonds d'environ 100 millions de dollars, qui proviennent d'investisseurs tels que BOND, The Chernin Group (TCG Capital Management, LP), avec notamment des participations d'Andreessen Horowitz, de Rich Paul (fondateur et PDG de Klutch Sports Group) et de Jens Grede (co-fondateur et PDG de Skims)[10]. À cette période, l'entreprise affirmer compter environ 5 millions d'abonnements payants[10].
Une fonctionnalité de vérification d'identité employant les technologies Persona et Paravision est mise en place pour les usagers au Royaume-Uni et en Australie et annoncée par Substack en décembre 2025[18].
Le site est affecté par une fuite de données concernant les adresses email et les numéros de téléphone de ses utilisateurs en octobre 2025, piratage que l'entreprise confirme en février 2026[19].
Critiques
[modifier | modifier le code]Opacité du programme Substack Pro
[modifier | modifier le code]En mars 2021, lors du lancement du programme Substack Pro qui propose des aides financières et divers avantages à certains auteurs pour les inciter à se consacrer à plein temps à Substack, l'offre suscite des accusations d'opacité financière, car Substack ne dit pas quels auteurs bénéficient de ce programme et peuvent donc se trouver en conflit d'intérêt au moment d'émettre des avis au sujet de Substack[9].
Diffusion de discours de haine et de théories du complot
[modifier | modifier le code]En 2020, durant les débuts de la pandémie de covid-19, les réseaux comme Facebook, Youtube et Twitter prennent des mesures pour lutter contre la désinformation et les théories du complot au sujet de la pandémie. Certains comptes diffusant de fausses informations sur ce sujet déménagent alors vers Substack, notamment ceux des hommes d'affaires complotistes Joseph Mercola et Steve Bannon[20].
En janvier 2022, le Center for Countering Digital Hate, une organisation non gouvernementale britannique luttant contre les discours de haine sur Internet, accuse Substack de tirer des profits substantiels en hébergeant des contenus qui menaçaient la santé publique, notamment des discours antivaccins Le Centre estime à ce moment que Substack gagne plus de 2,5 millions de dollars américains par an rien qu'avec les cinq comptes antivax les plus consultés[20]. Les trois fondateurs de Substack répondent que le site a une politique consistant à limiter au maximum la censure de contenus[21].
En novembre 2023, Substack essuie une vague de critiques parce que la plate-forme héberge du contenu nazi, antisémite et relevant du suprémacisme blanc. Plus de 100 créateurs de contenu, rejoints par d'autres jusqu'à être près de 250, dénoncent cela dans une lettre ouverte et menacent de quitter Substack[22],[23].Le PDG de Substack, Hamish MacKenzie, refuse en arguant que tenter de supprimer ces contenus ne ferait qu'aggraver le problème[24]. Des créateurs tels que le bloggeur informatique Casey Newton et les journalistes Molly White et Ryan Broderick quittent le site en conséquence[25]. En janvier 2024, dans le magazine américain The Atlantic, Jonathan M. Katz estime que Substack « a un problème de nazisme » à cause de sa modération laxiste[26]. Dans le même magazine, Jacob Stern déplore le fait qu'en dépit des plaintes des internautes, le site « était une bombe à retardement » en termes de problèmes de modération qui a permis à des contenus explicitement nazis, néo-confédérés ou suprémacistes blancs de proliférer[23]. Le débat médiatique autour de ces problèmes entraîne ue vague de départs[27].
En février 2026, le quotidien britannique The Guardian publie une enquête montrant que Substack tire des profits de ces contenus, y compris des contenus négationnistes et complotistes, et démontrant que l'algorithme du site promeut ces contenus ; Substack indique ne pas souhaiter répondre[28].
Références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Substack » (voir la liste des auteurs).
- ↑ « Site info - Substack.com », sur W3Techs.
- ↑ « Substack Drops Fund-Raising Efforts as Market Sours », sur The New York Times, 26 mai 2022.
- ↑ (en) Peter Kafka, « Meet the startup that wants to help you build a subscription newsletter business overnight », Vox, 16 octobre 2017 (lire en ligne).
- ↑ « Substack : plateforme de newsletters payantes », sur IONOS Digital Guide (consulté le 22 novembre 2022)
- (en-GB) Dan Milmo et Dan Milmo Global technology editor, « What is Substack and why is it proving so popular? », The Guardian, 20 septembre 2021 (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 9 février 2026)
- ↑ (en-GB) James Ball, « Substack: how the game-changer turned poacher », The Guardian, 2 mai 2021 (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 9 février 2026)
- (en-GB) Oscar Schwartz, « Substack: the future of news – or a media pyramid scheme? », The Guardian, 29 avril 2021 (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 9 février 2026)
- ↑ (en-US) Marc Tracy, « Journalists Are Leaving the Noisy Internet for Your Email Inbox », The New York Times, 23 septembre 2020 (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 9 février 2026)
- (en-US) Peter Kafka, « Substack writers are mad at Substack. The problem is money and who’s making it. », sur Vox, 19 mars 2021 (consulté le 9 février 2026)
- (en-US) Aisha Malik, « Substack raises $100M from Chernin Group, Andreessen Horowitz, Skims CEO, and more », sur TechCrunch, 17 juillet 2025 (consulté le 9 février 2026)
- ↑ (en-US) Aisha Malik, « Substack's new short-form 'Notes' feed looks a lot like Twitter », sur TechCrunch, 5 avril 2023 (consulté le 9 février 2026)
- ↑ (en-US) Aisha Malik, « Substack gets more social with the launch of DMs », sur TechCrunch, 28 février 2024 (consulté le 9 février 2026)
- ↑ (en-US) Aisha Malik, « Substack now allows podcasters to sync and distribute their episodes to Spotify », sur TechCrunch, 11 avril 2024 (consulté le 9 février 2026)
- ↑ (en-US) Lauren Forristal, « Substack brings video to its Chat feature », sur TechCrunch, 5 juin 2024 (consulté le 9 février 2026)
- ↑ (en-US) Aisha Malik, « Substack now lets anyone publish posts, even if they don't have a newsletter », sur TechCrunch, 9 août 2024 (consulté le 9 février 2026)
- ↑ (en-US) Lauren Forristal, « Substack rolls out livestreaming for all publishers », sur TechCrunch, 14 janvier 2025 (consulté le 9 février 2026)
- ↑ (en-US) Lauren Forristal, « Substack introduces a $20M funding guarantee to entice creators to migrate to its platform », sur TechCrunch, 23 janvier 2025 (consulté le 9 février 2026)
- ↑ (en-US) Chris Burt, « Persona and Paravision power Substack’s biometric age estimation | Biometric Update », sur www.biometricupdate.com, 16 décembre 2025 (consulté le 2 mars 2026)
- ↑ (en-US) Ivan Mehta, « Substack confirms data breach affects users' email addresses and phone numbers », sur TechCrunch, 5 février 2026 (consulté le 9 février 2026)
- ↑ Hamish McKenzie et Chris Best, « Society has a trust problem. More censorship will only make it worse. », sur On Substack, 26 janvier 2022 (consulté le 8 février 2026)
- ↑ (en-US) Clint Rainey, « More than 100 creators are threatening to leave Substack over Nazi newsletters », Fast Company, 14 décembre 2023 (lire en ligne [archive du 30 novembre 2025], consulté le 8 février 2026)
- (en) Jacob Stern, « Substack Was a Ticking Time Bomb », sur The Atlantic, 12 janvier 2024 (consulté le 9 février 2026)
- ↑ (en-GB) Alex Hern et Alex Hern UK technology editor, « Substack faces user revolt over anti-censorship stance on neo-Nazis », The Guardian, 3 janvier 2024 (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 8 février 2026)
- ↑ (en) Taylor Lorenz et Will Oremus, « Substack’s woes deepen as tech blog leaves over Nazi content », The Washington Post, 11 janvier 2024 (lire en ligne)
- ↑ (en) Jonathan M. Katz, « Substack Has a Nazi Problem », sur The Atlantic, 28 novembre 2023 (consulté le 9 février 2026)
- ↑ (en) Chase DiBenedetto, « Why are people leaving Substack? », sur Mashable, 15 janvier 2024 (consulté le 9 février 2026)
- ↑ (en-GB) Geraldine McKelvie et Geraldine McKelvie Senior correspondent, « Revealed: How Substack makes money from hosting Nazi newsletters », The Guardian, 7 février 2026 (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 8 février 2026)
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Site officiel
- Corine Lesnes, « La plate-forme d’autoédition Substack aux avant-postes de « l’économie de la création » »
, Le Monde, 5 mai 2021 (consulté le 24 septembre 2025)