Protoreaster lincki
Protoreaster lincki ou étoile de mer à bosses rouges est une espèce d'étoile de mer tropicale de la famille des Oreasteridées.
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Echinodermata |
| Sous-embr. | Asterozoa |
| Classe | Asteroidea |
| Super-ordre | Valvatacea |
| Ordre | Valvatida |
| Famille | Oreasteridae |
| Genre | Protoreaster |
Protoreaster lincki ou étoile de mer à bosses rouges est une espèce d'étoile de mer tropicale de la famille des Oreasteridées.
Description
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C'est une grosse étoile de 25 à 30 cm de diamètre[1], au corps rigide, et pourvue de cinq bras robustes. Le tégument est blanc à gris-clair, mais parcouru par un réseau rouge vif reliant entre elles de gros tubercules émoussés qui hérissent toute la face orale (mais jamais la marge actinale entre les bras), formant des motifs géométriques[2]. Ces tubercules sont parfois plus clairs à la pointe, et légèrement plus pointus et plus denses au bout des bras ; leur forme, leur taille et leur nombre sont assez variables[3]. La face orale est rouge, mis à part les fins sillons ambulacraires blancs[2],[4].
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Au Kenya.
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Spécimen aux tubercules arrondis.
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Spécimen sorti de l'eau.
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À côté d'un Astropyga radiata mort (peut-être un comportement charognard)
Habitat et répartition
[modifier | modifier le code]On trouve cette étoile sur les fonds sableux et dans les herbiers marins de l'océan Indien occidental, notamment tout le long de la côte est-africaine tropicale (Kenya, Tanzanie, Mozambique, Madagascar...)[5], mais aussi jusqu'en mer d'Andaman, et une petite population isolée existe dans le nord-ouest de l'Australie[6].
Elle vit principalement à proximité de la surface (elle se retrouve facilement émergée à marée basse), mais peut être trouvée jusqu'à 100 m de profondeur[2].
Écologie et comportement
[modifier | modifier le code]C'est une espèce qui semble principalement détritivore, se nourrissant de débris alimentaires et occasionnellement de charognes[3].
L'étoile à bosses rouges et l'Homme
[modifier | modifier le code]Cette étoile est absolument inoffensive, et ses pointes ne piquent pas. Comme elle vit à faible profondeur sur les plages et est pourvue de couleurs vives, elle est un des symboles des plages de la côte est-africaine[5]. Mais ce succès lui coûte : comme sa sœur du Pacifique Protoreaster nodosus, elle est souvent prélevée de son milieu et séchée pour des raisons décoratives[3], ce qui a entraîné un effondrement de sa population ces 50 dernières années[7].
Cette étoile possède des propriétés anti-bactériennes et antifongiques contre un bon nombre d'agents pathogènes pour l'être humain : elle pourrait donc avoir un intérêt pour la recherche biomédicale[8].
Références taxinomiques
[modifier | modifier le code]- (en) WoRMS : espèce Protoreaster lincki (Blainville, 1830)
- (en) Catalogue of Life : Protoreaster lincki (Blainville, 1830) (consulté le 19 décembre 2020)
- (fr) DORIS : espèce Protoreaster lincki
- (fr) INPN : Protoreaster lincki (TAXREF)
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Frédéric Ducarme, « How to assess the absence of a species? A revision of the geographical range of the horned sea star, Protoreaster nodosus (Echinodermata; Asteroidea) », Frontiers of Biogeography, vol. 14, no 3, 2022 (DOI 10.21425/F5FBG56187).
- Frédéric Ducarme, Sylvain Le Bris, « Protoreaster lincki », sur DORIS, MNHN/FFESSM, 24 septembre 2020.
- Frédéric Ducarme, Étoiles de mer, oursins et autres échinodermes de Mayotte et sa région, Les Naturalistes de Mayotte, 2023, 336p (ISBN 978-2-9521543-5-2).
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Collectif (trad. Michel Beauvais, Marcel Guedj, Salem Issad), Histoire naturelle [« The Natural History Book »], Flammarion, mars 2016, 650 p. (ISBN 978-2-0813-7859-9), Protoreaster lincki page 317
- Frédéric Ducarme, Sylvain Le Bris, « Protoreaster lincki », sur DORIS, MNHN/FFESSM, 24 septembre 2020.
- (en) Christopher Mah, « Happy Holidays! Protoreaster lincki : A festively colored tropical Indian Ocean starfish for your winter solstice », sur Echinoblog, 24 décembre 2015.
- ↑ Carine Coevoet, « Protoreaster lincki », sur Sous Les Mers (consulté le 25 janvier 2014).
- (en) Christopher Mah, « How to tell apart the "knobby stars" Protoreaster from Pentaceraster », sur Echinoblog, 24 janvier 2012.
- ↑ Frédéric Ducarme, « How to assess the absence of a species? A revision of the geographical range of the horned sea star, Protoreaster nodosus (Echinodermata; Asteroidea) », Frontiers of Biogeography, vol. 14, no 3, 2022 (DOI 10.21425/F5FBG56187).
- ↑ (en) Christopher Mah, « Where do those starfishes & Sand dollars on Holiday decorations come from? », sur Echinoblog, 4 décembre 2013 (consulté le 25 janvier 2014).
- ↑ Karim Amri, Animaux mystérieux : Ils peuvent tuer mais aussi sauver des vies, Éditions Favre SA, 2017, 286 p. (ISBN 978-2-8289-1636-7), Protoreaster lincki (Étoile de mer à bosses rouges) pages 22 et 23