Piercing

Le piercing, ou perçage, est une pratique consistant à percer une partie du corps pour y mettre un bijou. C'est un type de modification corporelle. Le mot est issu de l'anglais to pierce, qui signifie « percer ». L'équivalent exact en anglais est body piercing (« perçage corporel »). On estime leur première apparition il y a 4000 ans au Moyen-Orient. Les piercings sont une forme de modification corporelle que les êtres humains se font pour s’embellir et s’exprimer. Ils sont plus communs chez les femmes que les hommes. Ils peuvent être effectués dans tous les endroits du corps où le tissu le permet, comme les oreilles ou les parties génitales. Ils sont ancrés dans plusieurs cultures comme celle indienne, où la plupart des femmes ont la narine gauche percée, ce qui est associée à la fertilité et au système reproductif féminin. À ce jour, les piercings sont mal vus dans certaines croyances. Pendant longtemps, tout comme les tatouages, ils furent une raison pour laquelle une personne ne pouvait pas être embauchée pour un emploi et maintenant, il est encore difficile de se défaire de leur mauvaise connotation puisqu’ils peuvent être sources de stigmatisations et préjudices.


Le piercing[1], ou perçage, est une pratique consistant à percer une partie du corps pour y mettre un bijou. C'est un type de modification corporelle. Le mot est issu de l'anglais to pierce, qui signifie « percer ». L'équivalent exact en anglais est body piercing (« perçage corporel »).
On estime leur première apparition il y a 4000 ans au Moyen-Orient[2].
Les piercings sont une forme de modification corporelle que les êtres humains se font pour s’embellir et s’exprimer. Ils sont plus communs chez les femmes que les hommes[3].
Ils peuvent être effectués dans tous les endroits du corps où le tissu le permet, comme les oreilles ou les parties génitales. Ils sont ancrés dans plusieurs cultures comme celle indienne, où la plupart des femmes ont la narine gauche percée, ce qui est associée à la fertilité et au système reproductif féminin[2].
À ce jour, les piercings sont mal vus dans certaines croyances. Pendant longtemps, tout comme les tatouages, ils furent une raison pour laquelle une personne ne pouvait pas être embauchée pour un emploi et maintenant, il est encore difficile de se défaire de leur mauvaise connotation puisqu’ils peuvent être sources de stigmatisations et préjudices[4].
Historique
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La pratique de la perforation du corps pour y insérer un ornement est ancienne. Le plus vieux corps percé retrouvé est celui d'Ötzi, dont les lobes d'oreille semblent avoir porté un écarteur[5].
Déjà au Néolithique, en Afrique, notamment chez les Mursis et les Maasaï, des labrets en pierre étaient insérés au niveau de la lèvre inférieure ou au lobe des oreilles pour symboliser la beauté, la maturité ou le statut social[5].
En Égypte antique, des boucles d'oreille ou écarteurs d'oreille en or étaient portées par les hommes de haut niveau social[6]. De plus, les membres de la famille royale se perçaient fréquemment le nombril et le nez ; c'est le cas de Toutânkhamon[5]. Les soldats de la Rome antique se percent parfois les tétons pour montrer leur force et leur solidarité[5], tandis que les peuples aztèques et mayas utilisent des piercings temporaires à la lèvre, à la langue, et sur le pénis dans des rituels religieux[7].
Dans la Bible, le perçage du lobe de l'oreille est une marque d'esclavage avec asservissement à perpétuité ou d'affranchissement conditionné librement consenti[8][9]. Ce perçage s'est maintenu en Syrie et dans les pays environnants comme signe de servitude, symbolisant l'obéissance stricte que le serviteur devait à son maître[10].
En Europe, au Moyen Âge, l'église catholique estime que les modifications corporelles sont blasphématoires et la pratique du piercing décline. Elle reprend à la Renaissance ; dans l'Angleterre victorienne, les piercings sont à la fois mal vus, surtout chez les femmes, et répandus pour des raisons esthétiques et comme marqueur social[5].

En Inde, le piercing nasal est une coutume réservée traditionnellement aux castes supérieures et se développe à partir du XVIe siècle. Ce piercing typique des cultures du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud, généralement à la narine gauche, est supposé soulager la souffrance des femmes lors de l’accouchement.
En Europe, la pratique du piercing gagne en ampleur en raison de la colonisation : des pratiques africaines et asiatiques font leur chemin dans la culture occidentale[5].
Au début du vingtième siècle, la production de masse permet de fabriquer des bijoux meilleur marché, surtout après la seconde guerre mondiale : les boucles d'oreilles deviennent très communes chez les femmes. Avec la deuxième vague féministe et les contre-cultures punk et hippie des années 1960 et 1970, les modifications corporelles prennent de l'ampleur[5]. Dans les années 1970, la perforation d’autres parties du corps gagne en popularité dans la culture gay BDSM. En 1975, Jim Ward ouvre The Gauntlet, le premier magasin de piercing des États-Unis, à Los Angeles[réf. souhaitée].
Des personnalités comme David Bowie et Madonna popularisent le percing dans les années 1980, et les studios de piercing professionnels s'installent à partir des années 1990.
Au début du vingt-et-unième siècle, des piercings plus variés gagnent en popularité, comme le septum, le sourcil et le nombril, et des modifications plus extrêmes comme les implants dermiques et les écarteurs s'ajoutent à celles plus traditionnelles[5].
Statistique
[modifier | modifier le code]Le piercing des lobes d'oreille est généralement exclu des statistiques sur les piercings, étant extrêmement commun[5].
La prévalence varie suivant les milieux et les pays. Elle est estimée à près de 10 % des adultes en Grande-Bretagne et serait plus commune chez la femme de moins de 24 ans où elle atteindrait près de 50 % de la population (sans prendre en compte le simple perçage du lobe de l'oreille)[11]. Les chiffres sont proches de ceux retrouvés en Australie[12] ou en Allemagne[13]. Selon Harrison Interactive, 16 % des Américains, soit environ 48 millions de personnes, arborent au moins un piercing. D’autre part, le Journal on Clinical Nursing Research (en), affirme qu’il y aurait aujourd’hui aux États-Unis 15 à 25 % des collégiens portant un piercing non traditionnel[10].
Le tiers de ces piercings concerne le nombril, le cinquième la narine. Chez l'homme, le téton arrive en première place[11]. D'autres piercings répandus sont au sourcil, à la bouche et sur les parties génitales[5].
Selon une étude statistique réalisée en 2018 sur la population française[14], 12 % des plus de quinze ans ont au moins un piercing (hors lobe d'oreille), soit un peu moins d'une femme sur cinq et d'un homme sur dix. La majorité de ces personnes ont entre 25 et 34 ans. Les piercings les plus populaires sont au niveau de l'oreille (hors simple perçage du lobe, 42 %), au nombril (24 %), à la langue (15 %) et au nez (11 %), avec une prévalence plus forte du nombril et du nez chez les femmes et de l'arcade sourcilière chez les hommes. La principale motivation des femmes est l'embellissement du corps, celle des hommes est l'affirmation de leur personnalité et l'augmentation de leur sex-appeal.
Significations
[modifier | modifier le code]Le piercing correspond à une volonté esthétique, une démarcation sociale. Ainsi, le piercing a pour but l'amélioration de son apparence, la volonté de se distinguer de l'ensemble de la population, de s'approprier son corps ou de s'associer à un groupe social particulier.
- Le piercing est une amélioration esthétique.
- Le piercing est un rituel. Le piercing peut être un rituel d'initiation ou de pénitence. D'après un concept anthropologique datant de 1909 : selon les époques et les régions du monde le piercing peut être un rituel de passage à l'âge adulte. À Singapour, lors de la fête du Taipoussan chacun, pour implorer son pardon, porte une charge proportionnelle de piercings variés qu'il exhibe à la communauté lors d'une procession en ville. Aujourd'hui de nombreux sociologues assimilent le piercing chez les adolescents comme pouvant relever de ce concept de rituel de passage à l'âge adulte.
- Il correspond également à une tradition : en Inde notamment où il est traditionnel chez les femmes de se faire percer la narine gauche avant le mariage, sur un point précis de médecine Ayurveda. Ce point, selon la croyance, diminuerait la douleur lors de l'accouchement.
- Le piercing permet l'appartenance à un groupe social. Le piercing peut ainsi être une marque pour s'associer à un groupe particulier. Dans l'Égypte antique c'était l'appartenance à l'élite. De nos jours les punks, les gothiques, les metalleux, les teufeurs et d'autres groupes utilisent les piercings comme un de leurs moyens d'identification.
- Le piercing est un moyen de se différencier socialement. Il est utilisé par certains pour s'opposer à leurs parents ou à la société. C'est une manière de s'affirmer, de se construire et de s'exprimer, ou de jouer avec le sentiment de marginalisation.
- Le piercing est un moyen d'érotiser son corps, dans certains cas, il est associé à des pratiques sexuelles, notamment celui de la langue pour la fellation ou le cunnilingus, ou lié au masochisme,
Discrimination
[modifier | modifier le code]Les personnes portant des piercings peuvent être discriminées ou victimes de préjugés en raison d'opinions personnelles et religieuses divergentes ou de décalage par rapport aux attentes du monde professionnel, surtout dans des métiers imposant un dress code. Dans les secteurs de travail plus traditionnels, la présence de piercings visibles peut être source de discrimination à l'embauche[5].
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Le piercing, un objet esthétique
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Le piercing rituel
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Le piercing dans le mouvement gothique
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Le piercing pour se différencier
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Piercing, objet d'érotisation
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Piercing au téton
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Le piercing, une forme d'art corporel
Types
[modifier | modifier le code]Emplacements
[modifier | modifier le code]Bouche
[modifier | modifier le code]- Labret : situé en dessous de la lèvre inférieure, il peut être centré ou décalé. Il peut causer un déchaussement des dents.
- Labret vertical : situé dans la lèvre inférieure, il la traverse verticalement.
- Lowbret : situé en dessous de la lèvre inférieure, décalé. Il ressemble au labret, la différence étant que le lowbret est situé beaucoup plus bas vers le menton.
- Medusa : situé au-dessus de la lèvre supérieure, centré.
- Jestrum : situé dans la lèvre supérieure, à la manière du labret verticale il la traverse verticalement.
- Monroe : situé au-dessus de la lèvre supérieure, décalé du côté gauche du visage. Il est généralement plus loin de la lèvre que le labret ou le medusa.
- Madonna : situé au-dessus de la lèvre supérieure, décalé du côté droit du visage.
- Langue : situé dans la langue, et passe généralement de façon verticale, au centre de la langue. Il s'agit du seul piercing à être pratiqué sur un muscle.
- Smiley : situé au niveau du frein de la lèvre supérieure.
- Frowney ou anti smiley : situé au niveau du frein de la lèvre inférieure.
- Cheeks : situé sur la joue de manière généralement centré. La plupart du temps, ce piercing va par paire, un sur chaque joue.
- Sublingual : situé sous la langue, au niveau du frein lingual.
- Snake eyes : situé dans la langue, passe de façon horizontal à travers la pointe de la langue. Il s'agit d'un perçage de surface. Il s'agit d'un seul piercing et non de deux contrairement au venom.
On peut aussi voir plusieurs associations :
- Snakebites : association de deux labrets décalés, un de chaque côté sous la lèvre inférieure.
- Angelbites : association d'un Monroe et d'un Madonna.
- Spiderbites : association de deux labrets décalés du même côté sous la lèvre inférieure.
- Sharkbites : association de deux spiderbites, un de chaque côté.
- Caninebites : association du snakebites et de l'angelbites.
- Cyberbites : association du médusa et du labret centré.
- Dolphinbites : association de deux labrets décalés, similaires au snakebites mais plus proches, presque centrés.
- Dahliabites : association de deux piercings situés près des jointures des lèvres.
- Venom : association de deux piercings à la langue (un de chaque côté).
Oreille
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- Helix : situé dans la partie haute et cartilagineuse de l'oreille.
- Industriel : seul piercing fait de deux trous, avec une barre transversale qui traverse la partie supérieure de l'oreille. Les trous sont faits dans le cartilage.
- Rook : se situe dans les plis de l'oreille vers la racine de l'hélix et dans le prolongement de l'anthélix.
- Daith : piercing courbe, entoure la racine de l'hélix, tout près du conduit auditif. Selon le créateur du daith, le positionnement est idéal quand la branche inférieure de l'anneau semble sortir directement du conduit auditif.
- Tragus : se situe dans le cartilage, dans la petite zone prédominance à l'entrée du conduit auditif.
- Snug : se situe vers l’extérieur du pavillon auriculaire humain, dans le cartilage. Ce piercing oreilles est le plus douloureux à faire, à cause de l'importante épaisseur de cartilage à cet endroit.
- Conch : traverse le cartilage de l'oreille.
- Anti-Tragus : se situe dans le cartilage, dans la partie opposée au tragus, juste au-dessus du lobe.
- Lobe : se situe dans la partie inférieure de l'oreille, où le cartilage est absent. C'est le trou le plus répandu et le plus commun, l'emplacement où se portent les boucles d'oreille.
Visage
[modifier | modifier le code]- Paupière : assez rare, il est possible de se faire un piercing dans la partie mobile de la paupière.
- Œil de chat : piercing de surface, situé en dessous de l'œil, et au-dessus de la pommette.
- Arcade : au-dessus de l'œil, généralement vers l’extérieur du sourcil. Il peut être horizontal ou vertical, droit ou non. C'est également un piercing de surface.
Nez
[modifier | modifier le code]- Narine : c'est le plus commun. On peut porter aussi bien des anneaux que des bijoux adaptés spécialement pour ce piercing et dont l'aspect ressemble à celui des puces d'oreille.
- Septum : le septum est percé pour laisser place à un barbell ou un anneau à bille captive.
- Bridge : le piercing est entre les deux yeux, généralement horizontal. Il s'agit d'un piercing de surface ne traversant pas l'os propre du nez, et donc sujet au rejet.
Sexe
[modifier | modifier le code]Autre
[modifier | modifier le code]- Surface : peut être réalisé sur la nuque, sur le visage, sur les poignets, sur la poitrine, etc. Les piercings de surface sont les plus sujets à un rejet.
Types de bijoux
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- Labret : il se compose d’une tige droite avec à une extrémité un disque et à l’autre une boule vissable ou un élément clipable. Cette boule peut être remplacée par une autre forme. Les labrets sont utilisés pour les piercings à la lèvre ou aux cartilages.
- Barbell : il se compose d’une barre droite présentant des boules vissées à chaque extrémité pour retirer le bijou. Ces boules peuvent être remplacées par d’autres, de forme plus ou moins fantaisistes : pointes et éléments fluorescents, entre autres. Le barbell peut être utilisé pour les piercings à l’arcade, à la langue, aux piercings oreilles mais aussi dans les cartilages et les tétons.
- Banane (anglais banana) : barre courbe munie d'une boule interchangeable à chaque extrémité. Il s'agit du bijou le plus utilisé pour les piercings au nombril. Une autre variété plus petite est le micro banana, utilisé pour le piercing à l'arcade notamment.
- Anneau : définitivement fermé lors de la pose ou bien comportant une bille captive, l'anneau peut être simple ou agrémenté de décoration, de manière analogue aux créoles lorsqu'on parle de boucles d'oreille. Ce type de bijou peut remplacer la plupart des autres piercings, en exceptant cependant les piercings de la langue. S'il n'existe pas de cas documenté, on notera cependant que ce bijou peut glisser et tourner sur lui-même lorsqu'il est porté et ainsi favoriser l'infection. On préfère ainsi porter l'anneau après cicatrisation totale, et utiliser le barbell, le labret ou la banane en tant que premier bijou.
- Barbell circulaire : anneau brisé en forme de fer à cheval aux extrémités similaires à celles du barbell. Généralement porté à l’oreille, à la lèvre, mais aussi à l’arcade sourcilière dans une taille réduite (épaisseur du jonc) on peut également le porter à des endroits moins communs comme le septum, par exemple.
- Tunnel et plug : ce type de piercing est porté uniquement aux lobes des oreilles dans les pays occidentaux, et dans une moindre mesure à la lèvre inférieure selon certaines pratiques tribales. Ce bijou se présente sous la forme d'un cylindre qui est inséré dans le trou après cicatrisation de la perforation. Le tunnel est vide en son centre alors que le plug est plein.
- Élargisseur : ce type de piercing est porté principalement aux lobes des oreilles. Il sert à agrandir progressivement le diamètre du trou. Il se présente sous différentes formes, et sous différents matériaux, notamment en Pâte Fimo, mais tout professionnel conviendra que ce matériau n'est aucunement fait pour ce genre de pratique. Bien qu'on entende souvent parler d'« écarteur », ce terme est impropre.
- Industriel : il s'agit d'un double piercing. Il implique deux perçages de l'oreille, lesquels sont, à terme, reliés par un barbell de 30 à 40 millimètres de long.
- Stud : ce bijou est porté aux narines et est plus discret que l'anneau, et ressemble dans une certaine mesure aux puces d'oreille quant à son aspect extérieur. La taille standard des studs est d'environ 6 mm.
Matériaux
[modifier | modifier le code]Aujourd'hui la majorité des piercings sont en acier inoxydable chirurgical. Ainsi, en France, les piercings dont la matière n’est pas indiquée sont généralement en acier inoxydable chirurgical.
- Acier inoxydable chirurgical de type 316 LVM (implantable) et 316 L (non implantable), c’est le matériau le plus utilisé. De couleur métallique, argenté, lisse et brillant, disponibles parfois en rouge (par anodisation) ou noir (par projection de gaz ionisé).
- Titane de type TI6AL4VF-136. Le titane est léger, il peut avoir plusieurs couleurs (bien qu'elles disparaissent avec le temps). Le titane ne déclenche que très rarement des réactions allergiques et est donc conseillé en implantation.
- Niobium, peut être de différentes couleurs dont en noir mat.
- PTFE (polytétrafluoroéthylène) ou teflon, c’est une matière plastique utilisée en chirurgie pour des implants ; il est parfaitement toléré par l’organisme mais devient poreux au bout de trois mois et craint les UV.
- Bioplast : matière plastique alliant les avantages du PTFE sans altération avec le temps. Convient parfaitement pour les piercings dans ou autour de la bouche, en minimisant les dégâts aux dents.
- Or massif ou or dix-huit ou vingt-quatre carats plaqué sur de l’acier inoxydable chirurgical. Pour éviter les risques allergiques, il faut faire attention que l'alliage ne contienne pas de nickel, ce qui est le cas dans l'or blanc.
- Argent massif : l’argent se sulfurise et doit être retiré régulièrement pour être nettoyé. Des risques d’allergie ou d’irritation sont possibles. En effet il ne contient que 92,5 % d'argent pur, le reste étant principalement du nickel.
- Platine : risques allergiques très faibles.
D'autres matériaux sont utilisés, comme le plexiglas (PMMA), l'acrylique, le verre, les pierres, le bois, l'os et la corne et bien d’autres encore.
Retrait d'un piercing
[modifier | modifier le code]Les piercings peuvent être enlevés pour des raisons esthétiques, sociales (comme des discriminations vécues), ou médicales en cas de complication. En dehors des lobes d'oreille, environ 13 à 18% des retraits de piercings dans le monde occidental sont attribués à une simple perte d'envie de porter le piercing[5].
Certains piercings nécessitent une reconstruction chirurgicale après le retrait, notamment dans le cas d'usage d'élargisseurs[5].
Santé
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De par son succès, le piercing est devenu un problème de santé publique car il n'est pas toujours effectué dans des conditions optimales d'hygiène. Lorsqu'il est correctement exécuté, ces risques sont réduits au minimum, la plupart des individus qui reçoivent un piercing d'un professionnel, et qui en prennent soin, n’ont aucun problème.
La pratique du piercing au pistolet perce-oreille est généralement déconseillée par les perceurs. En effet, les pistolets actuels ne pouvant être entièrement stérilisés, ils présentent un risque de contamination croisée. De plus, le perçage étant effectué directement par la prothèse, le choc mécanique peut endommager les tissus et ralentir la cicatrisation[15],[16]. Conçu pour le perçage du lobe de l'oreille, il n'est absolument pas adapté aux autres parties du corps. Selon la législation française, son usage est toléré uniquement pour percer le pavillon de l'oreille et l'aile du nez[17].
Le taux de complications est près d'un tiers et nécessite une prise en charge médicale dans un peu moins d'un cas sur deux[11]. Il s'agit essentiellement de douleurs prolongées, de saignements ou d'infections.
Cicatrisation
[modifier | modifier le code]Une perforation est douloureuse, enflée ou rouge pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines. La cicatrisation complète prend normalement plusieurs semaines ou plus. Durant cette période de guérison des précautions doivent être prises. Afin d’éviter toutes infections il convient d’effectuer des soins :
- se laver soigneusement les mains avant de manipuler le bijou : lavage des mains avec du savon et de l'eau, ou de l'antibactérien liquide;
- ramollir les croûtes à l'aide d'un coton tige imbibé d'eau tiède et faire coulisser délicatement le bijou, sans l’enlever ;
- nettoyer la zone avec un antiseptique sans alcool (ne surtout pas utiliser d'alcool, de Bétadine ou d'eau oxygénée).
Enfin, les activités sexuelles sont déconseillées durant la période de guérison pour les piercings sur les parties génitales et orales.
Voici une liste indicative des périodes minimales de cicatrisation[18] :
| Visage | Torse | Parties génitales |
|---|---|---|
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Complications
[modifier | modifier le code]Complications à court terme
[modifier | modifier le code]Les complications à court terme sont souvent mal évaluées, ne menant que rarement à des signalements officiels[5]. Des complications communes sont des saignements, de la douleur et de la nausée. Dans certains cas, une hémorragie importante peut indiquer la présence d'un problème médical plus grave. Certains produits causent des réactions allergiques, comme le nickel ou les gants en latex[5].
Après le perçage, l'infection est la complication la plus commune. Elle est souvent due à des staphylocoques et streptocoques ; dans le cas des piercings de cartilage, généralement à l'oreille ou au nez, les pseudomonas sont plus répandus[5]. Les personnes ayant des percings génitaux risquent plus d'infections sexuellement transmissibles dont la gonorrhée et la chlamydia[5]. Les infections se reconnaissent à la rougeur, au gonflement, au suintement et à la douleur[5]. Dans quelques cas rares, une infection non traitée peut mener à des problèmes graves comme une angine de Ludwig, une endocardite infectieuse, un syndrome du choc toxique ou encore une gangrène de Fournier[5].
Hors infections, le principal risque de santé est l'allergie cutanée. Le principal allergène est le nickel et le piercing le plus à risque est celui à l'oreille : 4% des hommes sans piercing sont allergiques au nickel pour 11,1% des hommes avec un piercing et 14% des hommes avec plusieurs piercings[5]. Il faut donc faire attention aux métaux employés pour les piercings et prioriser l'acier chirurgical, le titane, le niobium et l'or, surtout pour la période de cicatrisation[5]. Les antibiotiques peuvent empirer le risque d'allergie cutanée. Les produits de nettoyage peuvent aussi causer des allergies. En cas d'allergie, le traitement inclut le retrait du piercing ou le changement de méthode de nettoyage[5].
Complications à long terme
[modifier | modifier le code]Les complications à long terme sont rares et généralement bénines si elles sont traitées à temps, avec un risque d'infection plus élevé aux percings profonds ou touchant des muqueuses. Ces complications peuvent arriver plusieurs mois ou années après le perçage[5].
Quatre à huit semaines après le perçage, un chéloïde peut se former et gonfler pendant jusqu'à six mois, avant de progressivement s'aplatir en plusieurs années. Le risque est accru avec des facteurs génétiques et les chéloïdes sont difficiles à traiter. On utilise l'injection de stéroïdes, des inserts en silicone et parfois le retrait chirurgical du chéloïde[5].
Certains piercings, surtout ceux en surface, peuvent migrer ou être rejetés par le corps. Ces complications proviennent souvent d'un mauvais placement, de mouvement excessif du piercing, ou de la réponse immunitaire du corps. Le problème est généralement esthétique. Parfois, le piercing peut se retrouver bloqué sous une couche de peau, si la cicatrisation se fait par-dessus le bijou, et nécessiter un retrait chirurgical[5].
Dangers liés aux piercings
[modifier | modifier le code]- Les infections parasitaire et protozoaire peuvent se produire en nageant dans les lacs, les fleuves et en mer pendant la période de cicatrisation. Il vaut donc mieux éviter de s'y baigner avant la fin de la cicatrisation.
- Traumatisme lié à une perforation récente ou liée à l’accrochage fortuit du piercing avec un autre objet. Ce risque est toujours présent, mais il peut être réduit en employant des bijoux appropriés et en couvrant de ruban adhésif les piercings pendant les activités sportives.
- Les piercings dans ou autour de la bouche (notamment langue et lèvre) sont nocifs à long terme pour les dents du fait d'une gingivite (irritation de la gencive se rétractant) provoquant leur déchaussement.
- Pour ce qui est du piercing a la langue, si la couleur varie du rose, rouge au blanc, veuillez immédiatement consulter un médecin, car l'aboutissement est en général très grave et peut provoquer une gangrène qui se généralise de part et d'autre du visage.
De nombreux pays occidentaux, dont la France, ont donc légiféré sur la question : la stérilisation ou l'usage d'instruments neufs est obligatoire, ainsi que l'inscription à un registre national. Des contrôles sont régulièrement effectués par les services sanitaires.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) Ḥilmī ʻAzīz, A Dictionary of Archaeological and Artistic Terms, Maktabat Lubnān, Beyrouth, 1993.
- Starkman, 2015
- ↑ Williams et al., 373
- ↑ Williams et al., 374
- Ali Malik et M. Laurin Council, « From Ancient Traditions to Modern Medicine: A Review of the Evolution, Procedural Complications, and Surgical Challenges of Piercings », Missouri Medicine, vol. 122, no 5, 2025, p. 410–416 (ISSN 0026-6620, PMID 41132470, PMCID 12543332, lire en ligne, consulté le 9 avril 2026)
- ↑ (en) May Farouk, « Body Art in Ancient Egypt », International Journal of Tourism, Archaeology and Hospitality, vol. 3, no 1, 1er janvier 2023, p. 93–114 (ISSN 2812-6041, DOI 10.21608/ijtah.2023.168112.1010, lire en ligne, consulté le 8 avril 2026)
- ↑ (en) Jessica Munson, Viviana Amati, Mark Collard et Martha J. Macri, « Classic Maya Bloodletting and the Cultural Evolution of Religious Rituals: Quantifying Patterns of Variation in Hieroglyphic Texts », PLOS ONE, vol. 9, no 9, 25 septembre 2014, e107982 (ISSN 1932-6203, PMID 25254359, PMCID 4177853, DOI 10.1371/journal.pone.0107982, lire en ligne, consulté le 8 avril 2026)
- ↑ Victor (Avigdor) Hurowitz, « "His Master Shall Pierce His Ear with an Awl" (Exodus 21.6): Marking Slaves in the Bible in Light of Akkadian Sources », Proceedings of the American Academy for Jewish Research, vol. 58, 1992, p. 47–77 (ISSN 0065-6798, DOI 10.2307/3622629, lire en ligne, consulté le 8 avril 2026)
- ↑ Ex 21,6
- (en) Sarah Sawyer, Body piercing and tatooing : The hidden dangers of body art, Rosen Publishing Group, 2007, 112 p. (ISBN 978-1-4042-0947-3, lire en ligne).
- (en) Bone A, Ncube F, Nichols T, Noah ND, Body piercing in England: a survey of piercing at sites other than earlobe, BMJ, 2008;336:1426-1428.
- ↑ (en) Makkai T, McAllister I, Prevalence of tattooing and body piercing in the Australian community, Commun Dis Intell, 2001;25:67-72.
- ↑ (en) Stirn A, Hinz A, Brahler E, Prevalence of tattooing and body piercing in Germany and perception of health, mental disorders, and sensation seeking among tattooed and body-pierced individuals, J Psychosom Res, 2006;60:531-4.
- ↑ (en) Nicolas Kluger, Laurent Misery, Sophie Seité et Charles Taieb, « Body Piercing: A National Survey in France », Dermatology, vol. 235, 2019, p. 71-78 (lire en ligne, consulté le 19 septembre 2020).
- ↑ « Say no to piercing guns ».
- ↑ « Piercing Guns are blasphemy » (version du 5 septembre 2009 sur Internet Archive).
- ↑ « Arrêté du 11 mars 2009 », Légifrance, 11 mars 2009.
- ↑ (Angel 2009, p. 276).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Elayne Angel, The Piercing Bible : The Definitive Guide to Safe Body Piercing, The Crossing Press, 2009,, 308 p. (ISBN 978-1-58091-193-1 et 1-58091-193-5).
- Philippe Di Folco, Peau, tatouages et piercings, Fitway Publishing, 2004, (ISBN 2-7528-0029-0)
- Xavier Pommereau, Ado à fleur de peau, Albin Michel, 2006.
- David Le Breton, Signes d'identité: Tatouages, piercing et autres marques corporelles, Métailié, 2002
- Denis Bruna, Piercing: Sur les traces d'une infamie médiévale, Textuel, 2001
- Laura Reybold, Les dangers du tatouage et du piercing, Les éditions Logiques, 2001
- Véronique Zbinden, Piercing: Rites ethniques: Pratique moderne, Favre Sa, 1997
- Yasmine Salmandjee, Piercings et tatouages, Editions d'Organisation, 2003
- Dominique PAQUET, Piercing, Encyclopædia Universalis, 2017
- Ali Malik, M Laurin Council, « From Ancient Traditions to Modern Medicine: A Review of the Evolution, Procedural Complications, and Surgical Challenges of Piercings », Missouri Medicine, 2025
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Information hépatite C et piercing sur le site du ministère de la santé français
- Les conseils pour une bonne cicatrisation sur un site spécialisé dans le piercing en titane
- Temps de cicatrisation et bonnes pratiques sur un site dédié au piercing
