Marie Hackin

Marie Parmentier (1905-1941), plus connue sous son nom d'épouse Marie Hackin, souvent appelée Ria Hackin, est une archéologue et résistante française de la Seconde Guerre mondiale. Officier des Forces françaises libres, elle participe à l'organisation du Corps des volontaires françaises au sein de la France libre. Disparue en mer à la suite d'un torpillage, elle est faite compagnon de la Libération à titre posthume et reçoit la croix de guerre 1939-1945 avec palme.
| Marie Hackin | |
| Archéologue | |
|---|---|
Marie Hackin vers 1935. | |
| Présentation | |
| Surnom | Ria Hackin |
| Naissance | 7 septembre 1905 Rombas en Lorraine |
| Décès | 24 février 1941 (à 35 ans) en mer, au large à l'ouest des Îles Féroé |
| Nationalité | |
| Activité de recherche | |
| Principales fouilles | Moyen-Orient, Afghanistan |
| Autres activités | Sous-lieutenant des FFL,coorganisatrice du corps féminin de la France libre |
| Hommage | Compagnon de la LibérationCroix de guerre 1939-1945 |
| Entourage familial | |
| Conjoint | Joseph Hackin |
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Marie Parmentier (1905-1941), plus connue sous son nom d'épouse Marie Hackin, souvent appelée Ria Hackin, est une archéologue et résistante française de la Seconde Guerre mondiale. Officier des Forces françaises libres, elle participe à l'organisation du Corps des volontaires françaises au sein de la France libre. Disparue en mer à la suite d'un torpillage, elle est faite compagnon de la Libération à titre posthume et reçoit la croix de guerre 1939-1945 avec palme.
Biographie
[modifier | modifier le code]Marie, Maria (tel qu'orthographié sur la table décennale des actes d'état civil de la commune de Rombas) ou Ria Parmentier, fille d'un employé luxembourgeois, naît à Rombas le 7 septembre 1905, alors que la Moselle est allemande[1]. Marie Parmentier effectue des études d'archéologie à l'École du Louvre, à Paris. En 1923, elle épouse l'archéologue et philologue Joseph Hackin, directeur du musée Guimet, et elle devient alors Française[2],[3]. Durant un voyage au Moyen Orient au début des années 1920, le couple rencontre l'archéologue Alfred Foucher (avec lequel son mari travaille) et son épouse Ena[4].
En 1937, sous la direction de son mari, Marie Hackin dirige un des deux chantiers de fouilles à Begrâm en Afghanistan. Elle y découvre le trésor de Begrâm[5]. Elle réalise également un film documentaire sur les sites archéologiques et leur région[3].
En 1939, le couple se trouve à Bombay où Joseph Hackin est en mission[6].
Dès juillet 1940, Joseph Hackin télégraphie son ralliement au général de Gaulle. Arrivé à Londres en octobre 1940, il est chargé de coordonner les relations entre divers comités de la France libre de par le monde.
Marie Hackin rejoint la France libre, avec le grade de sous-lieutenant, le 26 décembre 1940. Elle est l'adjointe de Simonne Mathieu et contribue à organiser le corps féminin de la France libre, le Corps des volontaires françaises[3],[7].
Le général de Gaulle ayant nommé Joseph Hackin « délégué de la France libre » en Inde, elle est désignée pour partir avec lui[3]. Les époux Hackin embarquent sur le cargo Jonathan Holt, en février 1941. Le cargo parti de Liverpool est torpillé au large des Îles Féroé. Marie Hackin et son époux disparaissent le jour même dans le naufrage, le 24 février 1941.
Parmi les 1 038 personnes distinguées comme compagnons de la Libération, seulement six femmes ont été récompensées. Marie Hackin est la première de ces six femmes[8].
Œuvres
[modifier | modifier le code]- Recherches archéologiques à Begram : chantier n° 2 (1937), avec J. Hackin, Paris, Les Éditions d'art et d'histoire, 1939, 2 vol., 141 p.
- (de) Führer zu den buddhistischen Höhlenklöstern und Kolossolstatuen. Alleinberechtigte deutsche Ausgabe, avec Joseph Hackin, Paris, Les Éditions d'art et d'histoire, 1939, 68 p.
- Légendes et coutumes afghanes, avec Ahmad Ali Kohzad, publications du Musée Guimet, Presses universitaires de France, 1953 (posthume), 204 p.
- Nouvelles recherches archéologiques à Begram : ancienne Kâpici : 1939-1940, avec J. Hackin (dir.) et al., Paris, Presses universitaires, 1954, 2 vol., 357 p.
Hommages et distinctions
[modifier | modifier le code]Elle est reconnue « Morte pour la France »[9].
Décorations
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Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 13 mai 1941.
Croix de guerre 1939-1945, palme de bronze.
Médaille commémorative française de la guerre 1939-1945.
Autres hommages
[modifier | modifier le code]- Rue Joseph-et-Marie-Hackin, dans le 16e arrondissement de Paris.
- « Joseph et Ria Hackin, couple d'origine luxembourgeoise au service des arts asiatiques et de la France », exposition organisée dans le cadre de l'accord culturel franco-luxembourgeois, réalisée avec le concours du musée Guimet, exposition du 11 novembre 1987 au 3 janvier 1988 au musée national d'histoire et d'art, Luxembourg.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Archives départementales de la Moselle Document 9NUM/8E594 Tables décennales. ( 1792-1952 ) Document 9NUM/8E594 Tables décennales. ( 1792-1952 ) Image: FRAD057_8E594_0356.jpg
- ↑ « Ria Hackin (1905-1941) », BNF 12985534.
- « Marie Hackin », dans Vladimir Trouplin, Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Bordeaux, Elytis, 2010 (ISBN 2356390332 et 9782356390332) [Notice en ligne].
- ↑ Annick Fenet, « De la Sorbonne à l’Asie. Routes orientalistes d'Ena Bazin-Foucher (1889-1952) », sur Genre & Histoire 9, automne 2011 (consulté le 18 avril 2020).
- ↑ Nicolas Engel (direction), Afghanistan, ombres et légendes. Un siècle de recherches archéologiques, coédition MNAAG / Lienart éditions, 13 octobre 2022, 264 p. (présentation en ligne) :
« La découverte du « trésor de Begram » par Ria Hackin (1937 puis 1939) rend toutefois le dégagement des œuvres prioritaire »
- ↑ Philippe Boitel, Les Français qui ont fait la France, Éditions Sud Ouest, 2009.
- ↑ François Marcot, Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, 2006.
- ↑ Guy Perrier, 12 résistantes qui ont changé l’Histoire, Pygmalion, Flammarion, Paris, 2013.
- ↑ Base des militaires décédés pendant la Seconde Guerre mondiale, « Marie Alice Parmentier », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le 28 novembre 2024)
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- « Marie Hackin », dans Vladimir Trouplin, Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Bordeaux, Elytis, 2010 (ISBN 2356390332 et 9782356390332) [Notice en ligne]
- François Marcot, Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, 2006.
- Guy Perrier, 12 résistantes qui ont changé l’Histoire, Pygmalion, Flammarion, Paris, 2013.
- Philippe Boitel, Les Français qui ont fait la France, Editions Sud Ouest, 2009.
- Joseph et Ria Hackin. Couple d’origine luxembourgeoise au service des arts asiatiques et de la France, catalogue d'exposition, Musée Guimet (Paris) et Musée d’Histoire et d’Art Musées d’État (Luxembourg), Foetz, 1988, 143 pages.
- De l'Asie à la France Libre - Joseph et Marie Hackin, archéologues et Compagnons de la Libération, Lienart, 2018, 144 pages.
- Jérôme Estrada de Tourniel, « Marie-Alice et Joseph Hackin : Unis jusque dans la mort », dans Les combattants de l'aube: les Compagnons de la Libération d'origine lorraine, Éd. Serpenoise, 2014, 175 p. (ISBN 978-2-87692-956-2), p. 24-25.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Archives conservées par : Service historique de la défense - site de Caen (AC 21 P 53422)
- Ressources relatives aux militaires :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :