Loutch
Loutch (en russe : Луч rayon) ou Altaïr est une constellation de satellites de télécommunication russes dont le premier lancement remonte à 1985. Ces satellites placés en orbite géostationnaire ont pour rôle de servir de relais entre d'une part les stations spatiales (Saliout, Mir, station spatiale internationale), les vaisseaux et les satellites placés en orbite basse et d'autre part les stations terrestres. Ils permettent d'assurer des liaisons (radio, télémétrie, données recueillies par les satellites, vidéo) en ne disposant que d'un nombre réduit de stations de réception à Terre. Il faut trois satellites de ce type théoriquement pour assurer une couverture complète. Contrairement à la constellation américaine TDRS et bien qu'elle ait réservé trois positions géostationnaires (16 degrés O, 95 degrés E, et 160 degrés O) l'Union soviétique n'a jamais utilisé les deux premières.


Loutch (en russe : Луч rayon) ou Altaïr est une constellation de satellites de télécommunication russes dont le premier lancement remonte à 1985. Ces satellites placés en orbite géostationnaire ont pour rôle de servir de relais entre d'une part les stations spatiales (Saliout, Mir, station spatiale internationale), les vaisseaux et les satellites placés en orbite basse et d'autre part les stations terrestres. Ils permettent d'assurer des liaisons (radio, télémétrie, données recueillies par les satellites, vidéo) en ne disposant que d'un nombre réduit de stations de réception à Terre. Il faut trois satellites de ce type théoriquement pour assurer une couverture complète. Contrairement à la constellation américaine TDRS et bien qu'elle ait réservé trois positions géostationnaires (16 degrés O, 95 degrés E, et 160 degrés O) l'Union soviétique n'a jamais utilisé les deux premières.
Caractéristiques techniques
[modifier | modifier le code]Plusieurs générations de satellites Loutch se sont succédé :
Loutch/Altaïr
[modifier | modifier le code]La sous-série Loutch/Altaïr comporte quatre satellites lancés entre 1985 et 1994 dont plus aucun n'est opérationnel[1],[2]. Chaque satellite a une masse de 2,4 tonnes et porte deux panneaux solaires, fournissant 1,8 kW de puissance électrique. Trois grandes antennes et de nombreuses petites antennes hélicoïdales permettent le relais de données transmises dans les bandes radio 15/14, 15/11, et 0,9/0,7 GHz[3],[4].
Loutch-2/Gelios
[modifier | modifier le code]La sous-série Loutch-2/Gelios comporte un unique satellite lancé en 1995 et un autre construit en 2000 mais jamais lancé, exposé au A.S. Popov Central Museum of Communications[5].
Loutch-5
[modifier | modifier le code]La sous-série Loutch-5 (en) comporte deux satellites, Loutch-5A et Loutch-5B, qui ont été lancés en 2011/2012[6] pour restaurer la fonction de relais de la partie russe de l'ISS et garantir 45 minutes de couverture radio par orbite (50 % de la durée d'une orbite) en passant par les systèmes de communication Lira (en) et Regul[7],[8].
Loutch-4
[modifier | modifier le code]La sous-série Loutch-4 rebaptisée par la suite Ienissei A1 I est constituée d'un unique exemplaire qui doit être lancé en 2015. Développé initialement pour remplacer les Loutch-5 il est sous sa nouvelle appellation devenu un satellite expérimental[6],[9].
Loutch-5M
[modifier | modifier le code]La sous-série Loutch-5M est basée sur la plateforme Express-1000N et est une version améliorée des Loutch-5. La liaison avec les satellites qu'elle relaie est réalisée en bande S et Ku. Deux satellites devaient être lancés en 2022 et 2025 mais ces dates ont été repoussées[10].
Loutch/Olymp-K
[modifier | modifier le code]Le satellite Loutch/Olymp-K (en) lancé en 2014 assure une double fonction : relais de télécommunications commune entre tous les satellites Loutch et écoute électronique à des fins militaires (COMINT). Le satellite aurait une masse d'environ 3 tonnes et utiliserait la plateforme Express-1000[11].
Historique des lancements
[modifier | modifier le code]| Désignation | Date lancement | Type | Lanceur | Masse | Orbite | Référence COSPAR | Statut | Commentaire |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Cosmos 1700 | 25 octobre 1985 | Altair | Proton-K/Bloc-DM-2 | 2 600 kg | Orbite géostationnaire | 1985-102A | Retiré du service | |
| Cosmos 1897 | 26 novembre 1987 | Altair | Proton-K/Bloc-DM-2 | 2 600 kg | Orbite géostationnaire | 1987-096A | Retiré du service | |
| Cosmos 2054 | 27 décembre 1989 | Altair | Proton-K/Bloc-DM-2 | 2 600 kg | Orbite géostationnaire | 1989-101A | Retiré du service | |
| Loutch 1 | 16 décembre 1994 | Altair | Proton-K/Bloc-DM-2 | 2 600 kg | Orbite géostationnaire | 1994-082A | Retiré du service | |
| Loutch-2 1 | 11 octobre 1995 | Gelos | Proton-K/Bloc-DM-2 | 2 600 kg | Orbite géostationnaire | 1995-054A | ||
| Loutch 5A | 11 décembre 2011 | Loutch 5A | Proton-M/Briz-M | 1 148 kg | Orbite géostationnaire | 2011-074B | ||
| Loutch 5B | 2 novembre 2012 | Loutch 5B | Proton-M/Briz-M | 1 350 kg | Orbite géostationnaire | 2012-061A | ||
| Loutch 5V | 28 avril 2014 | Loutch 5A | Proton-M/Briz-M | 1 148 kg | Orbite géostationnaire | 2014-023A | ||
| Luch-Kh/Olimp-K 1 | 27 septembre 2014 | Olimp-K | Proton-M/Briz-M | 3 000 kg | Orbite géostationnaire | 2014-058A | Destruction[12] | Usage mixte : écoute électronique et relais télécommunications |
| Loutch 5VM | Pas avant 2026 | Loutch 5A | 1 148 kg | Orbite géostationnaire | ||||
| Loutch-5M 1 | Pas avant 2026 | Loutch 5M | Orbite géostationnaire | |||||
| Loutch-5M 2 | ? | Loutch 5M | Orbite géostationnaire | |||||
| Ienissei A1 | ? | Loutch 4 | Angara A5 | 3 000 kg | Orbite géostationnaire | Satellite expérimental |
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) Brian Harvey, The rebirth of the Russian space program : 50 years after Sputnik, new frontiers, New York, Springer Praxis Books, 2007, 1re éd., 358 p. (ISBN 978-0-387-71354-0, LCCN 2007922812, lire en ligne), p. 263
- ↑ (en) Gary Kitmacher, Reference Guide to the International Space Station, Canada, Apogee Books, 2006, 102 p., poche (ISBN 978-1-894959-34-6, ISSN 1496-6921, LCCN 2007367724), p. 71–80
- ↑ (en) Mark Wade, « Luch », sur Encyclopedia Astronautica (consulté le 11 septembre 2010)
- (en) Gunter Krebs, « Luch (Altair, 11F669) », sur Gunter's Space Page (consulté le 7 juillet 2021)
- (en) Gunter Krebs, « Luch-2 (Gelios, 14F30) », sur Gunter's Space Page (consulté le 7 juillet 2021)
- (en) Vladimir Grishin (Roscosmos), « FSA report to the CCSDS Management Council Noordwijk, Netherlands octobre 2009 » [PDF], sur cwe.ccsds.org, octobre 2009
- ↑ (en) Anatoly Zak, « Space exploration in 2011 », RussianSpaceWeb, 4 janvier 2010 (consulté le 12 janvier 2010)
- (en) Gunter Krebs, « YeLuch 5A, 5V », sur Gunter's Space Page (consulté le 7 juillet 2021)
- (en) Gunter Krebs, « Yenisey A1 (Luch 4) », sur Gunter's Space Page (consulté le 7 juillet 2021)
- (en) Gunter Krebs, « Luch-5M 1, 2 », sur Gunter's Space Page (consulté le 7 juillet 2021)
- (en) Gunter Krebs, « Luch (Olimp-K) », sur Gunter's Space Page (consulté le 7 juillet 2021)
- ↑ « Très controversé, le satellite espion russe Luch entièrement détruit suite à une collision avec des débris spatiaux », Le Parisien, 1er février 2026 (consulté le 5 février 2026)
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- European Data Relay Satellite System (EDRS), système de satellites relais de l'Agence spatiale européenne
- Tianlian, équivalent chinois
- Tracking and Data Relay Satellite (TDRS), équivalent américain
Liens externes
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- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- (en) Les satellites Loutch sur le site Astronautix
- (en) « Le programme de restauration de la constellation Loutch (2009) »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?)