Jacques Chapou
Jean-Jacques Chapou, né le 10 avril 1909 à Montcuq et mort le 16 juillet 1944 près de Bourganeuf, est un professeur et résistant français qui fut capitaine des FTP dans le Lot, la Corrèze et la Creuse.
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Jean-Jacques Chapou, né le 10 avril 1909 à Montcuq et mort le 16 juillet 1944 près de Bourganeuf, est un professeur et résistant français qui fut capitaine des FTP dans le Lot, la Corrèze et la Creuse.
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines et formation
[modifier | modifier le code]Jean-Jacques Chapou est né le 10 avril 1909 à Montcuq (Lot) de parents instituteurs[1]. Son père, Fernand meurt à la guerre en 1914 à Saint-Jean-sur-Tourbe. Jean-Jacques Chapou fait ses études secondaires au lycée Gambetta à Cahors où il joue dans l'équipe de rugby. Après le baccalauréat, il obtient une licence ès lettres en 1931. Il devient ensuite maître d'internat (1935-1936) au lycée Gambetta, puis professeur-adjoint (1937-1938) et répétiteur, de 1938 à 1939 et de 1940 à 1941. Il est alors syndicaliste à la CGT[1]. Il est mobilisé en 1939 et revient à Cahors en septembre 1940.
Révoqué par Vichy à la fin de 1941 pour appartenance à la franc-maçonnerie, il trouve un nouvel emploi comme secrétaire du Groupement des transports routiers du Lot, puis comme chef du service des bus locaux de la maison Artigalas.
Résistance
[modifier | modifier le code]Au cours de l'hiver 1941-1942, Jean-Jacques Chapou commence à organiser la Résistance dans le département. Il est en septembre 1942 chef départemental du mouvement Libération-Sud pour le Lot, en remplacement d'Édouard Valéry[2]. Il part ensuite pour le maquis d'Arcambal dit « France » avec lequel il engage des actions d'embuscades et de sabotages.
Condamné à un an de prison avec sursis par un tribunal spécial à Agen en mars 1943, il quitte Cahors en juillet. La même année, il fait adhérer ses troupes aux FTP et prend le nom de « Capitaine Philippe ». A partir de mars 1944, il fait partie du triangle de direction des FTP du Lot en tant que commissaire aux opérations, avec Robert Noireau alias « Georges » comme commissaire aux effectifs et « Gaston » comme commissaire technique[1].
En mai 1944, il prend le commandement des maquis de la Corrèze, puis de ceux de la Creuse, de l'Indre et de la Haute-Vienne. Il devient en 1944 le chef militaire des FTP de la Corrèze alias « Kléber », lorsque le comité militaire départemental est renouvelé. Il est un des chefs qui commande la prise de Tulle. La ville est cependant reprise le lendemain, à la suite de l'arrivée des renforts d'une colonne de la 2e division SS Das Reich, placée sous les ordres du maréchal Gerd von Rundstedt et du général Heinz Lammerding. Cette opération et ses conséquences désastreuses avec le massacre de Tulle le marquent profondément[3].
Mort
[modifier | modifier le code]Jacques Chapou est muté dans la Creuse pour prendre le commandement de l'interrégion FTP.
Il meurt le 16 juillet 1944 près de Bourganeuf (Creuse). Pris dans une embuscade tendue par un élément de la brigade Jesser, blessé, il vide son chargeur sur ses assaillants avant de se donner la mort avec la dernière balle plutôt que de se rendre[4],[5],[6]. Tulle, ville martyre, sera libérée le 17 août 1944 à la suite de la reddition du lieutenant-colonel Heinrich Bohmer, commandant des garnisons de Tulle et Brive[7]. Un monument fut élevé à sa mémoire route d'Eymoutiers à l'entrée de Bourganeuf.
Famille
[modifier | modifier le code]Sa mère Camille Chapou, arrêtée par la Gestapo, fut déportée à Ravensbrück et brûlée vive. Son nom figure sur les monuments aux morts de Montcuq et de Cahors.
Sa femme Yvonne Contou, institutrice, était membre du comité départemental de Libération du Lot en 1945[8].
Hommages et postérité
[modifier | modifier le code]Un monument à la mémoire de Jean-Jacques Chapou a été érigé sur la route d’Eymoutiers, à la sortie de Bourganeuf. Son nom figure sur le mémorial de la Résistance creusoise à Guéret.
Le stade Chapou, dans le quartier des Amidonniers, à Toulouse, a été nommé en son honneur. Le nom s'est transmis à la piscine et à la cité universitaire construits en 1970 à l'emplacement du stade (actuel 1 rue Saunière)[9].
Un monument lui a été consacré place Jean-Jacques-Chapou à Cahors[4]. L'inscription indique : « forgeron de l'obscur aux lèvres éclatantes. Il parle haut dans l'ombre de la mort ».
Décorations
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Chevalier de la Légion d'honneur
Croix de guerre 1939-1945 avec étoile d'argent
Médaille de la Résistance française avec rosette (décret du 3 août 1946)
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Jean-Pierre Besse, Gilles Morin, Claude Pennetier, « CHAPOU Jean-Jacques. Pseudonyme dans la Résistance : « Capitaine Philippe » », sur maitron.fr.
- ↑ https://castellan-valery.pagesperso-orange.fr/E_valery_resistanceBR_pr.pdf
- ↑ « Chemins de mémoire de la Résistance », sur quercy.net (consulté le 20 mars 2025), p. 7.
- « Cahors. L'hommage à Jean-Jacques Chapou », La Dépêche du Midi, 24 juillet 2012.
- ↑ http://28.pcf.fr/sites/default/files/50_51.pdf
- ↑ « Jean-Jacques Chapou 1909-1949 – Quercy.net », sur quercy.net (consulté le 23 février 2021).
- ↑ Julien Allain, « Comment Brive s’est libérée par ses propres moyens », sur brivemag.brive.fr, 14 août 2024.
- ↑ Rédaction Cahors, « Jean-Jacques Chapou, homme fort de la Résistance lotoise », sur actu.fr, 6 novembre 2016 (consulté le 23 février 2021).
- ↑ Pierre Salies, Dictionnaire des rues de Toulouse, éd. Milan, Toulouse, 1989, vol. 1, p. 261-262.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Georges Cazard et Marcel Metges, Capitaine Philippe, Cahors, A. Coueslant, 1950. Préface de Léon Jouhaux.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Ressource relative à la vie publique :
- Page sur la résistance dans le Quercy