Isbul
Isbul (en bulgare : Исбул) (vers 820-830) est le kavkhan (sorte de premier ministre) du Premier Empire bulgare sous les règnes d'Omourtag, Malamir et Pressiyan Ier. Nommé par Oumourtag, il agit comme régent de Malamir et de Pressiyan. Sous Malamir et Pressiyan, Isbul dirige des campagnes fructueuses contre l'Empire byzantin au sud de la Thrace et en Macédoine, étendant sensiblement le territoire bulgare. Comme régent de Malamir, Isbul finance la construction d'un réseau d'égout au sein de la capitale, Pliska. Il dispose d'une puissante influence sur le gouvernement de l'Empire et son nom figure aux côtés de celui du tsar, ce qui est peu commun. Du fait de ses réussites, Isbul a parfois été décrit comme un artisan de la construction de l'Etat bulgare médiéval.
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Chef militaire |
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Isbul (en bulgare : Исбул) (vers 820-830) est le kavkhan (sorte de premier ministre) du Premier Empire bulgare sous les règnes d'Omourtag, Malamir et Pressiyan Ier. Nommé par Oumourtag, il agit comme régent de Malamir et de Pressiyan.
Sous Malamir et Pressiyan, Isbul dirige des campagnes fructueuses contre l'Empire byzantin au sud de la Thrace et en Macédoine, étendant sensiblement le territoire bulgare. Comme régent de Malamir, Isbul finance la construction d'un réseau d'égout au sein de la capitale, Pliska. Il dispose d'une puissante influence sur le gouvernement de l'Empire et son nom figure aux côtés de celui du tsar, ce qui est peu commun. Du fait de ses réussites, Isbul a parfois été décrit comme un artisan de la construction de l'Etat bulgare médiéval.
Biographie
[modifier | modifier le code]Le titre de kavkhan a une valeur héréditaire et est monopolisé par les membres d'une famille, parfois qualifiée elle-même de kavkhan[1]. Pour accéder à cette position, Isbul est donc fort probablement un membre de cette famille[2]. L'historien Plamen Pavlov fait l'hypothèse qu'Isbul aurait commencé sa carrière administrative sous Krum (803-814). De ce fait, sous Omourtag (815-831), il serait déjà influent avant d'accéder au poste de kavkhan[1],[3].
Isbul est mentionné pour la première fois dans une épigraphe gravé dans de la pierre, connue comme la Chronique de Malamir. Ce texte affirme que Malamir règne conjointement avec Isbul[1]. Malamir est alors le plus jeune fils d'Omourtag et est trop jeune pour régner seul, ce qui nécessite la présence d'un régent[1]. Malamir est préféré à son aîné, Enravota, en raison de la conversion de ce dernier au christianisme[1],[4]. Les Byzantins espèrent alors profiter de l'instabilité au sommet de l'Etat bulgare et brise la trêve issue du traité de 815. Isbul doit donc rapidement défendre le territoire bulgare et, en 836, il mène armée pour repousser les Byzantins et contre-attaquer[2],[5].
Dans le cadre de cette campagne, Isbul s'empare des forteresses de Probaton (près d'Andrinople) et de Bourzidon[6]. Ensuite, les troupes bulgares s'approchent de Philippopolis dont la garnison préfère fuir. Les Bulgares traitent avec la population pour les convaincre de céder la ville[1],[7]. Selon Pavlov, la guerre se termine par le rétablissement du traité de paix de 815. Il estime que le souverain byzantin Théophile doit faire des concessions aux Bulgares, notamment la cession de Philippopolis[1].
En tant que régent de Malamir, Isbul est à l'initiative de la construction d'un réseau d'acheminement d'eau à Pliska[3],[4]. Une grande fête est organisée lors de l'inauguration de ce réseau et des cadeaux sont offerts à la noblesse[5], renforçant l'influence d'Isbul[1]. Ainsi, dans les célébrations à propos de cette innovation, Isbul est félicité aux côtés de Malamir, ce qui le place en tant que co-dirigeant de l'Empire, bénéficiant des mêmes égards que le tsar[1]. A cette époque, Isbul semble déjà âgé comme en attesteraient des inscriptions à son propos[8].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Isbul » (voir la liste des auteurs).
- Андреев, Лазаров et Павлов 1999, p. 175.
- Fine 1991, p. 109.
- Бакалов et Куманов 2003.
- Андреев et Пантев 2004, p. 66.
- Curta 2006, p. 165.
- ↑ Бешевлиев 1981, p. 77.
- ↑ Ziemann 2007, p. 337.
- ↑ Бешевлиев 1981, p. 35.
Liens externes
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Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Florin Curta, Southeastern Europe in the Middle Ages, 500–1250, Cambridge University Press, 2006 (ISBN 978-0-521-81539-0, lire en ligne
) - John Van Antwerp Fine, The Early Medieval Balkans: A Critical Survey from the Sixth to the Late Twelfth Century, University of Michigan Press, 1991 (ISBN 978-0-472-08149-3)
- (de) Daniel Ziemann, Vom Wandervolk zur Grossmacht: die Entstehung Bulgariens im frühen Mittelalter (7.-9. Jahrhundert) [« From Nomads to a Great Power: The Emergence of Bulgaria in the Early Middle Ages (7th–9th Century) »], Böhlau Verlag Köln Weimar, 2007 (ISBN 978-3-412-09106-4)
- (bg) Йордан Андреев, Иван Лазаров et Пламен Павлов, Кой кой е в средновековна България [« Who is Who in Medieval Bulgaria »], Петър Берон, 1999 (ISBN 978-954-402-047-7)
- (bg) Йордан Андреев et Андрей Пантев, Българските ханове и царе [« Bulgarian Khans and Tsars »], Велико Търново, Абагар, 2004 (ISBN 978-954-427-216-6)
- (bg) Георги Бакалов et Милен Куманов, Електронно издание "История на България" [« Electronic Edition "History of Bulgaria" »] (CD), София, Труд, Сирма, 2003 (ISBN 954528613X), « ИСБУЛ (IX в.) »
- (bg) Веселин Бешевлиев, Прабългарски епиграфски паметници [« Bulgar Epigraphic Records »], София, Издателство на Отечествения фронт, 1981 (OCLC 8554080)