Intifada
Une intifada ([intifada], de l'arabe انتفاضة [intifaːdˁa] litt. « soulèvement ») désigne un soulèvement ou une révolte populaire. Le terme est initialement utilisé pour désigner deux forts mouvements palestiniens de révolte populaire non-armée contre l'armée israélienne, aussi bien dans les territoires occupés et dans certaines zones dévolues à l'Autorité palestinienne (bande de Gaza et Cisjordanie). Le terme a par la suite été employé au Liban et également en Irak, en Algérie, en Tunisie (lors de la révolution tunisienne de 2010-2011 notamment), au Sénégal, en Guinée, au Sahara occidental (les camps de Gdeim Izik en 2010), ou au Maroc. Le terme intifada a aussi été employé à partir de 2005, par des chercheurs tels qu'Andrew Hussey, pour qualifier des révoltes dans les banlieues en France faisant écho à la cause palestinienne ou au passé colonial français. Le mouvement de solidarité avec la Palestine sur les campus des universités américaines et européennes en 2024, se concrétisant sous forme d'occupation ou de campement, est qualifié d'Intifada étudiante.

Une intifada ([intifada][1], de l'arabe انتفاضة [intifaːdˁa][2] litt. « soulèvement ») désigne un soulèvement ou une révolte populaire[3].
Le terme est initialement utilisé pour désigner deux forts mouvements palestiniens de révolte populaire non-armée contre l'armée israélienne, aussi bien dans les territoires occupés et dans certaines zones dévolues à l'Autorité palestinienne (bande de Gaza et Cisjordanie).
Le terme a par la suite été employé au Liban et également en Irak, en Algérie, en Tunisie (lors de la révolution tunisienne de 2010-2011 notamment), au Sénégal[4],[5], en Guinée[6], au Sahara occidental (les camps de Gdeim Izik[7] en 2010), ou au Maroc.
Le terme intifada a aussi été employé à partir de 2005, par des chercheurs tels qu'Andrew Hussey, pour qualifier des révoltes dans les banlieues en France faisant écho à la cause palestinienne ou au passé colonial français[8],[9],[10],[11].
Le mouvement de solidarité avec la Palestine sur les campus des universités américaines et européennes en 2024, se concrétisant sous forme d'occupation ou de campement, est qualifié d'Intifada étudiante[12],[13].
La première et la seconde Intifada palestiniennes
[modifier | modifier le code]Dans son contexte originel palestinien, elle désigne :
- La première intifada, appelée « Guerre des pierres »[14], qui a débuté le 9 décembre 1987 et a fini en 1993. Elle fut déclenchée dans la bande de Gaza, puis s'est étendue à la Cisjordanie.
- La seconde intifada palestinienne, également appelée « Intifada Al-Aqsa », commence le 29 septembre 2000, au lendemain de la visite d'Ariel Sharon sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem.

L'intifada dans la culture et l'art
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L'intifada est le plus souvent représentée visuellement par « l’image de jeunes hommes, au visage recouvert par un keffieh à carreaux et qui jettent une pierre au loin sur les soldats avant de se cacher »[15].
L'intifada a donné lieu à des déclinaisons culturelles telles que dans le théâtre palestinien et les graffitis[16],[17]. Un théâtre dans le camp de réfugiés de Jénine est ainsi appelé le Théâtre des Pierres en référence aux enfants lanceurs de pierre de l'intifada. Toujours à Jénine, le Théâtre de la Liberté invente l'expression « intifada culturelle » pour désigner la « résistance culturelle » [18].
Dans le monde littéraire, l’œuvre de Salman Rushdie a été qualifiée d'« intifada de l'imagination » par l'intellectuel américano-palestinien Edward Saïd. Et à son tour, l'œuvre d'Edward Saïd a été qualifiée, dans une monographie, d'« intifada de la culture »[19],[20].
Internet
[modifier | modifier le code]- L'intifada électronique désigne le militantisme pro-palestinien sur Internet. Ces groupes pro-palestiniens lancent des campagnes de piratages contre des sites web et des internautes.
- L'expression TikTok Intifada a été inventée pour désigner le buzz en faveur de la cause palestinienne sur la plateforme de réseau social de vidéos courtes, TikTok, à la suite de la campagne d'expulsion et de colonisation du quartier de Cheikh Jarrah à Jérusalem-Est en 2021[21].
- Electronic Intifada est un site web d'opinions anglophone en faveur de la cause palestinienne consacré à la colonisation illégale de la Palestine par Israël.
Musique
[modifier | modifier le code]- Intifada est la sixième chanson de l'album ¡¡Que corra la voz!! de Ska-P, sorti en 2002.
Chansons en français faisant référence à l'Intifada
[modifier | modifier le code]- Tout le monde y pense de Francis Cabrel, sortie sur l'album Sarbacane (1989)
- Marchand de cailloux de Renaud sur l'album éponyme (1991)
- Baïonnettes de Zebda sur l'album L'Arène des rumeurs (1992)
- Pousse au milieu des cactus ma rancœur par Akhenaton (1995)
- Mappe-monde par Svinkels (1999)
- 92 I de Lunatic, sur l'album Mauvais Œil (2000)
- Sales babtous d’négros de Guizmo (2001)
- Gemmes par Akhenaton (2001)
- Jeteur de pierres par Sniper (2003)
- On a Enfoncé Des Portes par Kool Shen (2004)
- Un Flingue Et Des Roses par Oxmo Puccino (2004)
- Rachid System par Rim'K (2004)
- Résistance par Loco Locass (2004)
- Premier sur le ghetto par Rohff (2005)
- A L'abordage par M.A.P (Ministère des Affaires Populaires) (2009)
- Avec le Cœur et la Raison par Kery James, sortie sur l'album Réel (2009)
- Le syndrome du petit Beur par Ridan (2012)
- Requiem pour un massacre par VII (2013)
- Perles d'Insta par Médine (2013)
- Le coup du patron par Dosseh (2014)
- Public Enemy par Youssoupha (2015)
- Bloody Mary par Dinos et Youssoupha (2018)
- JETLAG de Simony (2020)
- Dégradé par Freeze Corleone et ASHE 22 (2022)
- Le joueur de CORNEMUSE par Vîrus (2024)
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.
- ↑ Prononciation en arabe standard moderne retranscrite selon la norme API.
- ↑ Bernard Ravenel, « La modernité gandhienne de l'Intifada arabe », Confluences Méditerranée, vol. 77, no 2, 20 juin 2011, p. 119–129 (ISSN 1148-2664, DOI 10.3917/come.077.0119, lire en ligne, consulté le 12 novembre 2024)
- ↑ OG, « Intifada au centre-ville et plusieurs quartiers, hier : Dakar, ville morte ! », sur Sud Quotidien, 17 mars 2023 (consulté le 12 novembre 2024)
- ↑ Issa Ndiaye, « Macky à Pikine: la bataille de la banlieue a bien eu lieu », sur PRESSAFRIK.COM, Premier média certifié JTI au Sénégal (consulté le 12 novembre 2024)
- ↑ Nouhou Baldé, « Fin de « l’intifada » à Bambéto : « rentrez vous reposer… », dixit Hadja Halimatou Dalein », sur Guinée Matin, 9 janvier 2015 (consulté le 12 novembre 2024)
- ↑ Claudia Barona Castañeda, « Mémoires d'une résistance, l'autre histoire du Sahara occidental : L'intifada comme modèle de résistance », Les Cahiers d'EMAM, 13 février 2015 (lire en ligne, consulté le 5 mai 2024).
- ↑ Marc Hecker, Intifada Française ? De l'importation du conflit isréalo-palestinien, Paris, Ellipses Marketing, 2012, 648 p. (ISBN 978-2-7298-7259-5, lire en ligne)
- ↑ Mathieu Rigouste, « 7. La guerre à l'intérieur: la militarisation du contrôle des quartiers populaires. », dans La frénésie sécuritaire, La Découverte, 2008, p. 88-98
- ↑ (en) Alana Lentin, « The intifada of the banlieues », sur OpenDemocracy, 17 novembre 2005
- ↑ « Andrew Hussey: «Le vent de la révolte demeure» », Le Temps, 26 octobre 2015 (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 12 novembre 2024)
- ↑ « « Intifada étudiante » : tags et sabotages sur les campus de l’ULB et la VUB », sur Bruxelles Dévie, 18 juin 2024 (consulté le 13 novembre 2024)
- ↑ « À New York, « l'intifada étudiante » pour la Palestine en ébullition », sur www.blast-info.fr, 12 novembre 2024 (consulté le 13 novembre 2024)
- ↑ « Expliquez-nous … l’Intifada », sur Franceinfo, 12 novembre 2014 (consulté le 12 novembre 2024)
- ↑ [vidéo] « Les débuts de la première Intifada | Lumni Enseignement » (consulté le 12 novembre 2024)
- ↑ Peteet, J. (1996). The Writing on the Walls: The Graffiti of the Intifada. Cultural Anthropology, 11(2), 139–159. http://www.jstor.org/stable/656446
- ↑ Varghese, G. (2020). Cultural Intifada, Beautiful Resistance. In: Palestinian Theatre in the West Bank. Palgrave Macmillan, Cham. https://doi.org/10.1007/978-3-030-30247-4_2
- ↑ « En Palestine, le Théâtre de la Liberté sous le coup de menaces multiples », sur thaêtre, 11 octobre 2024 (consulté le 13 novembre 2024)
- ↑ Edward Said dans Pour Rushdie : cent intellectuels arabes et musulmans pour la liberté d’expression, Paris, La Découverte, 1993, cité par D. Grant, p. 26.
- ↑ CLAVARON, Yves. Edward Said. L’ « Intifada » de la culture. Paris, Éditions Kimé. « Détours littéraires », p.140. DOI : 10.3917/kime.clava.2013.01. URL : https://shs.cairn.info/edward-said-l-intifada-de-la-culture--9782841746323?lang=fr.
- ↑ Abbas, Laila, Fahmy, Shahira S., Ayad, Sherry, Ibrahim, Mirna and Ali, Abdelmoneim Hany. "TikTok Intifada: Analyzing Social Media Activism Among Youth" Online Media and Global Communication, vol. 1, no. 2, 2022, pp. 287-314. https://doi.org/10.1515/omgc-2022-0014
Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Intifada - The free dictionary