Henry Chavin

Henry Chavin, né le 25 avril 1899 à Meaux, est un haut fonctionnaire français, préfet de Constantine (Algérie) (1940), directeur général de la sûreté nationale, il met en œuvre le statut des juifs (3 octobre 1940). Secrétaire général à la police du Ministère de l'Intérieur en 1941, il organise le camp du Récébédou près de Toulouse pour interner notamment les juifs étrangers.
| Secrétaire général Police nationale | |
|---|---|
| à partir de 1941 | |
| Préfet de Constantine | |
| 6 juin 1939 - 20 août 1940 | |
| Préfet de la Haute-Vienne | |
| 1938-1939 | |
| Préfet de Vaucluse | |
| 1936-1938 | |
| Préfet des Alpes-de-Haute-Provence | |
| 1936 | |
| Sous-préfet de Béthune | |
| 1933-1934 | |
| Sous-préfet de Villeneuve-sur-Lot | |
| 1929-1932 |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
Date inconnue |
| Nom dans la langue maternelle |
Henri Chavin |
| Nationalité | |
| Activité |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Distinction |
Henry Chavin, né le 25 avril 1899 à Meaux[1], est un haut fonctionnaire français, préfet de Constantine (Algérie) (1940), directeur général de la sûreté nationale, il met en œuvre le statut des juifs (3 octobre 1940). Secrétaire général à la police du Ministère de l'Intérieur en 1941, il organise le camp du Récébédou[2] près de Toulouse pour interner notamment les juifs étrangers[3].
Biographie
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Après des études de Droit et d'économie politique, Henry Chavin est mobilisé du 10 septembre 1914 au 3 avril 1919[5]. La guerre terminée, il commence sa carrière dans le corps préfectoral sous la Troisième République. Après quelques postes de Secrétaire général de préfecture et de sous-préfet, il est directeur du cabinet du ministre de l'agriculture en janvier 1936. Nommé préfet des Basses-Alpes en mars 1936, il n'est pas installé mais reste détaché en qualité de directeur adjoint au ministère.
Sous l'impulsion du leader radical Édouard Daladier, il succède à Camille Vernet comme préfet de Vaucluse en septembre 1936. Il occupe ce poste jusqu'en août 1938, coïncidant avec la durée du ministère de Daladier à la Défense[6]. Il est encore préfet de la Haute-Vienne (30 août 1938) et préfet de Constantine (6 juin 1939), puis il exerce les fonctions de Directeur général de la Sûreté nationale du 20 août au 1er septembre 1940[1]. Ses services sont chargés de la mise en application de la loi du 23 juillet 1940 sur les dénaturalisations : 4 000 étrangers vont être expulsés par la Sûreté nationale.
Par la loi du 16 février 1941, Henri chavin devient secrétaire général pour la Police. La loi du 23 avril 1941 place sous sa direction tous les services de police. Durant le Gouvernement Darlan, le 11 août 1941, la création d'un Ministère de la Défense Nationale entraine la nomination de Pierre Pucheu comme secrétaire d'État à l'Intérieur, et la Direction de la Sûreté Nationale devient la Direction générale de la Police Nationale. Le 18 septembre 1941, Chavin est nommé secrétaire général honoraire pour la Police et est remplacé par Jean Rivalland, Directeur du Personnel et de l'Administration de la Police à la Direction générale de la Police Nationale[7].
Chavin est nommé conseiller d'état en septembre 1941[8].
L'arrivée de Laval au pouvoir, le 24 avril 1942, entraîne de nouveaux changements. Devenu chef du gouvernement et ministre de l'Intérieur, il fait appel, pour diriger les services de la Police Nationale, au Préfet régional de Chalons-sur-Marne, René Bousquet qu’il nomme secrétaire général à la Police[7].
Henry Chavin est suspendu de ses fonctions durant la Libération, le 8 septembre 1944, avant d'être révoqué le 17 octobre de la même année[1].
Postérité
[modifier | modifier le code]Henry Chavin est surtout connu pour un rapport écrit en juin 1941 et portant son nom, dans lequel il affirme la réalité du « complot synarchique ». Dans son ouvrage Le choix de la Défaite, l'historienne Annie Lacroix-Riz expose les supposés « synarques » en s'appuyant sur ce document[9], mais l'historien et éditeur Jean-Louis Panné objecte qu'elle n'effectue pas l'édition critique du « rapport Chavin » et qu'elle adhère sans réserve à toutes les allégations qui s'y trouvent, erreurs comprises[10].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Bargeton 1994, p. 219.
- ↑ Tal Bruttmann, « La mise en œuvre du statut des Juifs du 3 octobre 1940 », Archives Juives, vol. 41, no 1, 2008, p. 11 à 24 (lire en ligne).
- ↑ BnF data [1].
- ↑ Sur Gallica [2].
- ↑ Société farnçaise d'histoire de la Police, Notice biographique Henry Chavin [3].
- ↑ Monier 2007, p. 292.
- France archives, Secrétariat général à la Police et archives dites « récupérées » (1917-1945), [4].
- ↑ François Broche, Dictionnaire de la Collaboration : collaborations, compromissions, contradictions, Paris, Belin, 2014, 950 p. (ISBN 978-2-7011-8947-5), p. 237.
- ↑ Annie Lacroix-Riz, Le Choix de la défaite, Armand Colin, 2010, note 112, page 632.
- ↑ Jean-Louis Panné, « L'organisation de la défaite ou le délire en histoire : Annie Lacroix-Riz : Le Choix de la défaite. Les élites dans les années 30. (Armand Colin, 2006, rééd. 2007, 671 pages.) », Commentaire, no 124, 2008-2009, p. 1222-1223 (lire en ligne).
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- René Bargeton, Dictionnaire biographique des préfets (septembre 1870 – mai 1982), Paris, Archives nationales, 1994, 555 p. (ISBN 2-86000-232-4, présentation en ligne, lire en ligne).
- Jean-Marc Berlière, Le monde des polices en France, XIXe-XXe siècles, Bruxelles, Complexe, coll. « Le monde de » (no 2), 1996, 275 p. (ISBN 2-87027-641-9, présentation en ligne), p. 242.
- Jean-Marc Berlière et Laurent Chabrun, Les policiers français sous l'Occupation : d'après les archives inédites de l'épuration, Paris, Perrin, 2001, 388 p. (ISBN 978-2-262-01626-5), p. 28 ; 198.
- Paul Bouteiller (dir.), Histoire du ministère de l’Intérieur - de 1790 à nos jours, revue administration, association du corps préfectoral et des hauts fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, Paris, La documentation française, 1993, 130 p.
- Olivier Dard, La synarchie ou le mythe du complot permanent, Paris, Perrin, coll. « Terre d'histoire », 1998, 1re éd., 294 p. (ISBN 2-262-01099-4, présentation en ligne)Réédition revue : Olivier Dard, La synarchie ou le mythe du complot permanent, Paris, Perrin, coll. « Tempus » (no 469), 2012, 2e éd., 384 p. (ISBN 978-2-262-04101-4, présentation en ligne), [présentation en ligne].
- Frédéric Monier, La politique des plaintes : clientélisme et demandes sociales dans le Vaucluse d'Édouard Daladier, 1890-1940, Sèvres, la Boutique de l'histoire, 2007, 411 p. (ISBN 978-2-910828-40-0).
- Jean Saunier, La Synarchie, Évreux, Le Cercle du bibliophile, coll. « Histoire des personnages mystérieux et des sociétés secrètes », 1973 (1re éd. 1971, Paris, Culture, art, loisirs), 287 p.Le faux-titre porte : La Synarchie ou le Vieux rêve d'une société nouvelle.
- Marcel Sicot, Servitude et grandeur policières : quarante ans à la Sûreté, Paris, les Productions de Paris, 1959, 389 p., p. 239-240 ; 243.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Ressource relative à la vie publique :
- « Notice biographique Henry Chavin », Dictionnaire biographique des préfets (septembre 1870 – mai 1982), Archives nationales, lire en ligne.
- « Registre matricule de Henry Chavin, combattant de la Grande Guerre », Grand Mémorial, lire en ligne.
- « Notice biographique Henry Chavin », Société française d'histoire de la police, lire en ligne.
