Disability studies
Les disability studies désignent un champ de recherche anglo-saxon développé dans les années 1970. Elles désignent les études du handicap dans ses dimensions sociales, culturelles et politiques. Ce champ d'étude s'est créé en interaction étroite avec l'émergence du mouvement pour les droits des personnes handicapées (Disability Rights Movement, DRM). La plupart des auteurs et autrices des disability studies rappellent leur positionnement, en tant que personnes handicapées et militantes. Elles participent à la définition d'un nouveau "modèle" du handicap, opposant un "modèle individuel" jugé passéiste, à un "modèle social". Le modèle individuel, ou médical, considère le handicap comme un problème personnel qui appelle à un traitement individuel. L'objectif est celui de la réadaptation, qui passe par l'institution médicale. Le modèle social, lui, définit le handicap comme un problème social : c'est le résultat de barrières environnementales. Cette définition appelle à une prise en charge collective du problème. Cette perspective, notamment développée par le sociologue anglais Michael Oliver, a participé à la définition du handicap dans des textes internationaux, notamment la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées de l'Organisation des nations unies (ONU). Elle a ensuite été complétée par Tom Shakespeare : soulignant le caractère réducteur d'une définition seulement sociale et environnementale du handicap, cet auteur développe un modèle "interactionniste" du handicap. Il rappelle que le handicap est certes social, mais qu'il se manifeste aussi dans les corps des personnes handicapées, qui peuvent prendre la forme de douleurs chroniques, de fatigues, etc. D'autres auteurs et autrices s'inscrivant dans les critical disability studies ou les feminist disability studies ont ensuite critiqué et complété ces travaux, en soulignant l'intérêt de sortir d'une définition du handicap basée sur l'expérience d'un homme blanc. L'existence d'un courant d'études du handicap autonome en France fait l'objet de débats. Dans leur article datant de 2001, Gary Albrecht, Jean-François Ravaud et Henri-Jacques Stiker soulignent les difficultés rencontrées en France pour parler d'un "modèle social" ou de disability studies. Cependant, il existe une multiplicité de travaux en Sciences humaines et sociales prenant pour objet le handicap.
Les disability studies désignent un champ de recherche anglo-saxon développé dans les années 1970[1]. Elles désignent les études du handicap dans ses dimensions sociales, culturelles et politiques[2]. Ce champ d'étude s'est créé en interaction étroite avec l'émergence du mouvement pour les droits des personnes handicapées (Disability Rights Movement, DRM)[3]. La plupart des auteurs et autrices des disability studies rappellent leur positionnement, en tant que personnes handicapées et militantes.
Elles participent à la définition d'un nouveau "modèle" du handicap, opposant un "modèle individuel" jugé passéiste, à un "modèle social". Le modèle individuel, ou médical, considère le handicap comme un problème personnel qui appelle à un traitement individuel. L'objectif est celui de la réadaptation, qui passe par l'institution médicale. Le modèle social, lui, définit le handicap comme un problème social : c'est le résultat de barrières environnementales. Cette définition appelle à une prise en charge collective du problème[4]. Cette perspective, notamment développée par le sociologue anglais Michael Oliver, a participé à la définition du handicap dans des textes internationaux, notamment la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées de l'Organisation des nations unies (ONU).
Elle a ensuite été complétée par Tom Shakespeare : soulignant le caractère réducteur d'une définition seulement sociale et environnementale du handicap, cet auteur développe un modèle "interactionniste" du handicap[5]. Il rappelle que le handicap est certes social, mais qu'il se manifeste aussi dans les corps des personnes handicapées, qui peuvent prendre la forme de douleurs chroniques, de fatigues, etc. D'autres auteurs et autrices s'inscrivant dans les critical disability studies ou les feminist disability studies ont ensuite critiqué et complété ces travaux, en soulignant l'intérêt de sortir d'une définition du handicap basée sur l'expérience d'un homme blanc[6].
L'existence d'un courant d'études du handicap autonome en France fait l'objet de débats. Dans leur article datant de 2001, Gary Albrecht, Jean-François Ravaud et Henri-Jacques Stiker soulignent les difficultés rencontrées en France pour parler d'un "modèle social" ou de disability studies. Cependant, il existe une multiplicité de travaux en Sciences humaines et sociales prenant pour objet le handicap[7].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Albrecht, Ravaud et Stiker 2001, p. 44.
- ↑ Albrecht, Ravaud et Stiker 2001, p. 43.
- ↑ Albrecht, Ravaud et Stiker 2001, p. 45.
- ↑ Michael Oliver, Understanding disability: from theory to practice, Palgrave, 2005 (ISBN 978-0-333-59916-7 et 978-0-333-59915-0)
- ↑ Tom Shakespeare, Disability rights and wrongs revisited, Routledge, Taylor & Francis Group, 2014 (ISBN 978-0-415-52760-6 et 978-0-415-52761-3)
- ↑ Myriam Winance, « Handicap », dans Catégoriser. Lexique de la construction sociale des différences, ENS Editions, mai 2024, 321–333 p. (lire en ligne)
- ↑ Gary L. Albrecht, J.-F. Ravaud et Henri-Jacques Stiker, « L'émergence des disability studies : état des lieux et perspectives », Sciences sociales et santé, vol. 19, no 4, 2001, p. 43–73 (ISSN 0294-0337, DOI 10.3406/sosan.2001.1535, lire en ligne, consulté le 15 janvier 2026)
Annexes
[modifier | modifier le code]- Gary L. Albrecht, J.-F. Ravaud et Henri-Jacques Stiker, « L'émergence des disability studies : état des lieux et perspectives », Sciences sociales et santé, vol. 19, no 4, 2001, p. 43–73 (ISSN 0294-0337, DOI 10.3406/sosan.2001.1535, lire en ligne, consulté le 4 septembre 2020)
- "Living disability, collecting and researching it academically", European languages across borders, Cambridge University Library, 2023.