Colisée
Le Colisée (en italien : Colosseo), à l'origine amphithéâtre Flavien (en latin : Amphitheatrum Flavium), est un amphithéâtre ovoïde situé dans le centre de la ville de Rome, entre l'Esquilin et le Cælius, le plus grand construit dans l'Empire romain. Il est l'une des plus grandes œuvres de l'architecture et de l'ingénierie romaines. Témoignage monumental de la propagande flavienne, sa construction, juste à l'est du Forum romain, a commencé entre 70 et 72 apr. J.-C., sous l'empereur Vespasien (r. 69-79), et s'est achevée en 80 apr. J.-C. sous Titus (r. 79-81). D'autres modifications ont ensuite été apportées au cours du règne de Domitien (r. 81-96). Le nom d'amphithéâtre Flavien dérive du nom de famille (gens Flavia) de l'empereur Vespasien et ses fils Titus et Domitien. Pouvant accueillir probablement entre 50 000 et 80 000 spectateurs, le Colisée, témoin de l'évergétisme impérial, a été utilisé pour les venationes (combats d'animaux sauvages), les munera (combats de gladiateurs) et autres spectacles publics, tels que des exécutions de condamnés à mort, des reconstitutions de batailles célèbres et des drames basés sur la mythologie romaine. Il est resté en service pendant près de 500 ans, les derniers jeux étant produits au VIe siècle. Pour son inauguration, en 80 apr. J.-C., Titus y donne, dans l'arène transformée en bassin, une naumachie reconstituant la bataille navale de Corinthe contre Corcyre. Le bâtiment cesse d'être utilisé au cours du haut Moyen Âge et a été réemployé successivement pour des usages variés tels que des habitations, des ateliers d'artisans, le siège d'un ordre religieux, une forteresse, une carrière et un sanctuaire catholique, une attraction touristique. Le Colisée est en état de ruine, en raison des dommages causés par les tremblements de terre de 443, 508, 801, 847 et 1349, et par son utilisation en tant que carrière de récupération de pierres de construction. Devenu l'un des symboles de la Rome moderne, il constitue l'une de ses attractions touristiques les plus populaires avec 7,6 millions de visiteurs, et garde encore des liens avec l'Église catholique romaine : chaque Vendredi saint, le pape mène une procession aux flambeaux sur un chemin de croix y aboutissant. Le Colisée est représenté sur la pièce de monnaie italienne de 5 centimes d'euro. Avec l'ensemble du centre historique de Rome, le Colisée, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) depuis 1980. Le 7 juillet 2007, il a été reconnu comme l'une des Sept nouvelles merveilles du monde.
| Colisée | |||||
Vue extérieure qui ressemble pour l'essentiel (mis à part la partie abîmée de la façade et la disparition des mâts du velum) à celle de l'édifice dans l'Antiquité[1]. | |||||
| Lieu de construction | Regio III Isis et Serapis Velia |
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|---|---|---|---|---|---|
| Date de construction | De 72 à 80 apr. J.-C. | ||||
| Ordonné par | Vespasien | ||||
| Type de bâtiment | Amphithéâtre romain | ||||
| Dimensions externes | Longueur : 189 m Largeur : 156 m Hauteur : 48 m |
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| Dimensions de l'arène | 86 m 54 m 4,5 m |
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| Capacité | 50 000 à 80 000 (estimations antiques) spectateurs | ||||
| Le plan de Rome ci-dessous est intemporel. |
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| Coordonnées | 41° 53′ 26″ nord, 12° 29′ 33″ est | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Italie
Géolocalisation sur la carte : Latium
Géolocalisation sur la carte : Rome
Géolocalisation sur la carte : Rome antique
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| Liste des monuments de la Rome antique | |||||
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Le Colisée (en italien : Colosseo), à l'origine amphithéâtre Flavien (en latin : Amphitheatrum Flavium), est un amphithéâtre ovoïde situé dans le centre de la ville de Rome, entre l'Esquilin et le Cælius, le plus grand construit dans l'Empire romain. Il est l'une des plus grandes œuvres de l'architecture et de l'ingénierie romaines.
Témoignage monumental de la propagande flavienne, sa construction, juste à l'est du Forum romain, a commencé entre 70 et 72 apr. J.-C., sous l'empereur Vespasien (r. 69-79), et s'est achevée en 80 apr. J.-C. sous Titus (r. 79-81). D'autres modifications ont ensuite été apportées au cours du règne de Domitien (r. 81-96). Le nom d'amphithéâtre Flavien dérive du nom de famille (gens Flavia) de l'empereur Vespasien et ses fils Titus et Domitien.
Pouvant accueillir probablement entre 50 000 et 80 000 spectateurs, le Colisée, témoin de l'évergétisme impérial, a été utilisé pour les venationes (combats d'animaux sauvages), les munera (combats de gladiateurs) et autres spectacles publics, tels que des exécutions de condamnés à mort, des reconstitutions de batailles célèbres et des drames basés sur la mythologie romaine. Il est resté en service pendant près de 500 ans, les derniers jeux étant produits au VIe siècle. Pour son inauguration, en 80 apr. J.-C., Titus y donne, dans l'arène transformée en bassin, une naumachie reconstituant la bataille navale de Corinthe contre Corcyre. Le bâtiment cesse d'être utilisé au cours du haut Moyen Âge et a été réemployé successivement pour des usages variés tels que des habitations, des ateliers d'artisans, le siège d'un ordre religieux, une forteresse, une carrière et un sanctuaire catholique, une attraction touristique.
Le Colisée est en état de ruine, en raison des dommages causés par les tremblements de terre de 443, 508, 801, 847 et 1349, et par son utilisation en tant que carrière de récupération de pierres de construction. Devenu l'un des symboles de la Rome moderne, il constitue l'une de ses attractions touristiques les plus populaires avec 7,6 millions de visiteurs, et garde encore des liens avec l'Église catholique romaine : chaque Vendredi saint, le pape mène une procession aux flambeaux sur un chemin de croix y aboutissant. Le Colisée est représenté sur la pièce de monnaie italienne de 5 centimes d'euro.
Avec l'ensemble du centre historique de Rome, le Colisée, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) depuis 1980. Le 7 juillet 2007, il a été reconnu comme l'une des Sept nouvelles merveilles du monde.
Dénominations du Colisée
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Le Colisée s'est appelé initialement amphitheatrum Flavium (en français : amphithéâtre Flavien) car il a été construit par les empereurs de la dynastie flavienne pour offrir des spectacles aux citoyens ; ce nom est encore fréquemment utilisé dans les ouvrages spécialisés. Dans l'Antiquité et dans un contexte poétique, les Romains ont parfois évoqué le bâtiment sous l'appellation d'amphitheatrum Caesareum (amphithéâtre des Césars)[3].
L'appellation Colosseum (du bas latin colossus qui vient du grec κολοσσός / kolossós, « colosse, grande statue »)[4], est probablement[5] dérivée d'une statue colossale de Néron érigée à proximité[6] pour orner l'entrée de sa Domus aurea[7]. Lorsqu'après la mort de cet empereur, le palais impérial est démantelé, le colosse néronien est transformé en une figure d'Hélios (Sol ou Apollon) dieu du soleil, par l'ajout de la couronne solaire et sa tête sera remplacée à plusieurs reprises par celle d'autres empereurs.
En dépit de ses liens païens, la statue, considérée comme un symbole iconique de la permanence de Rome, subsiste pendant une bonne partie de l'époque médiévale chrétienne[N 1],[8]. Au VIIIe siècle, Bède le Vénérable (v. 672-735) rédige une épigramme célébrant sa signification symbolique : Quandiu stabit coliseus, stabit et Roma ; quando cadet coliseus, cadet et Roma ; quando cadet Roma, cadet et mundus (« Tant que durera le Colosse, Rome durera ; quand le Colosse tombera, Rome tombera ; quand Rome tombera, le monde tombera »)[9]. Le colosse finit par disparaitre, probablement jeté bas pour pouvoir réutiliser ses éléments de bronze, mais le terme de Colosseum subsiste, désignant l'amphithéâtre vers l'an 1000. La statue elle-même est fort oubliée, même si sa base perdure entre le Colisée et le temple de Vénus et de Rome tout proche[8]. C'est aussi au Moyen âge que Colosseum est corrompu en Coliseum[10].
En Italie, l'amphithéâtre est connu sous le nom de Colosseo et d'autres langues romanes utilisent des formes similaires telles que Colisée en français, Coliseo en espagnol, Coliseu en portugais ou Colosseumul en roumain[10].
Histoire
[modifier | modifier le code]Antiquité
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Après le grand incendie de Rome en 64 apr. J.-C., Néron se fait construire un somptueux palais. S'étant saisi de terrains au fond d'une vallée basse au fond de laquelle court un ruisseau canalisé, entre le Cælius, l'Esquilin et le Palatin, il y fait édifier la Domus aurea et fait placer le Colosse non loin de l'entrée du domaine ; devant elle, outre des pavillons, jardins, et portiques, il crée un lac artificiel, constituant la partie centrale du complexe palatial, approvisionné par la prolongation de l'aqueduc préexistant : l'Aqua Claudia[8],[11].
À sa mort en 68 apr. J.-C., Néron fait l'objet d'une damnatio memoriae. La zone est transformée par l'empereur Vespasien et ses successeurs[12].
« Fecit et noua opera templum Pacis foro proximum, Diuique Claudii in Caelio monte coeptum quidem ab Agrippina, sed a Nerone prope funditus destructum ; item amphitheatrum urbe media, ut destinasse compererat Augustum. »
« Il entreprit aussi des constructions nouvelles : le temple de la Paix, près du Forum ; celui de Claude sur le mont Caelius, commencé par Agrippine et presque détruit par Néron ; un amphithéâtre au milieu de la ville, fait sur les plans d'Auguste. »
Si la statue colossale est conservée, une grande partie de la Domus aurea va disparaître — ses vestiges serviront de fondations aux thermes de Trajan. Le lac d'agrément est comblé et le terrain réutilisé pour remplacer l'amphithéâtre de Statilius Taurus ravagé par le grand incendie[13] par la construction du nouvel Amphithéâtre Flavien qui commence dans les années 70-72[N 2],[14] sous le règne de Vespasien. Cette décision peut être vue comme un geste populiste de retour au domaine public d'un quartier précédemment annexé par Néron pour son propre usage[15],[16].
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Sesterce de Titus célébrant l'inauguration du Colisée (émis en 80 apr. J.-C.).
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Revers d'une sesterce avec inscription Munificientia Gordiani Aug.
Selon l'inscription portée sur un bloc de marbre trouvé sur le site, telle que reconstituée par l'épigraphiste Géza Alföldy, « l'empereur Vespasien a ordonné que l'on édifie ce nouvel amphithéâtre sur sa propre part de butin »[N 3]. Compte tenu des montants en cause, il ne peut s'agir que des trésors saisis par les Romains à la suite de leur victoire dans la première guerre judéo-romaine de 70, notamment lors du sac de Jérusalem et du pillage de son temple[17],[18]. Il est peu probable que les 30 000 prisonniers juifs emmenés à Rome à la suite de cette campagne militaire aient été employés à la construction du monument, bien que certains, réduits en esclavage, aient pu être affectés aux travaux les moins qualifiés[N 4],[19]. L'amphithéâtre peut donc être interprété comme un grand monument triomphal construit dans la tradition romaine de célébration des grandes victoires, ce qui expliquerait la présence d'un arc de triomphe ornant l'entrée principale et l'ajout ultérieur, par Domitien, de boucliers de bronze sur l'attique[8].
À la mort de Vespasien, en 79 apr. J.-C., le troisième étage du bâtiment est achevé. Le dernier niveau est inauguré par son fils l'empereur Titus, en 80 apr. J.-C., par des jeux pendant lesquels 9 000 bêtes sauvages sont tuées, selon les dires de Dion Cassius.

L'empereur suivant, Domitien (fils cadet de Vespasien), rénove l'amphithéâtre, lui ajoute une galerie au sommet pour accroître encore le nombre de places et crée l'hypogée, un réseau de souterrains utilisés pour abriter les animaux et les gladiateurs[6]. L'amphithéâtre va servir de modèle à plus de 200 amphithéâtres construits au siècle suivant en Italie et dans les provinces de l'empire, comme l'amphithéâtre de Capoue ou l'amphithéâtre d'El Jem — signe d'une grande importance au sein du monde romain[N 5],[21]. Sous le règne de Trajan, en 107 apr. J.-C., 11 000 animaux et 10 000 hommes auraient été employés dans un délai de 123 jours[22]. Côté technique, 2 000 marins sont nécessaires pour manœuvrer le velarium qui donne de l'ombre aux 55 000 spectateurs. Ceux-ci peuvent admirer à la belle saison, et environ six fois par an, le combat de gladiateurs dont l'âge dépasse rarement 22 ans[6].
En 217 apr. J.-C. , l'amphithéâtre est endommagé par un incendie causé, selon Dion Cassius[23], par la foudre et les étages supérieurs des gradins construits en bois sont détruits. D'autres dommages interviennent, notamment suite au tremblement de terre de 443. Des inscriptions latines reprises dans le Corpus Inscriptionum Latinarum (livre VI) indiquent que plusieurs restaurations du monument ont lieu ; l'une d'elles, datée entre 426 et 450, indique que sous Théodose II (r. 408-450) et Valentinien III (r. 425-455), le préfet de Rome Rufius Caecina « a restauré de fond en comble l'arène de l'amphithéâtre, ainsi que le podium et les portes, et réparé les portiques et les gradins »[24]. Une stèle existe encore dans l'amphithéâtre, au début du XXIe siècle, rappelant que le consul et préfet de Rome Decius Marius Venantius Basilius a restauré à ses frais l'arène et le podium ruinés par un séisme.
L'arène continue d'être utilisée pour des concours jusqu'au VIe siècle au moins, les derniers combats de gladiateurs se produisant vers 435 apr. J.-C. et les ultimes chasses aux animaux sauvages en 523 apr. J.-C.[8] Un combat de taureaux sera toutefois organisé en 1332[25].
Moyen Âge
[modifier | modifier le code]Le Colisée connaît bien des changements au cours du Moyen Âge. Une petite église est construite à l'intérieur de la structure, à la fin du VIe siècle, et l'arène devient un cimetière[26].
Le Colisée subit plusieurs tremblements de terre, dont ceux de 443, 508, 801, 847 et surtout celui de 1349 qui provoque l'effondrement de tout un pan du mur extérieur du côté sud, bâti sur une couche d'alluvions argileuse[27].
Les blocs de travertin sont systématiquement prélevés aux XVe et XVIe siècles pour de nouvelles constructions. Avec l'autorisation du pape, une grande partie des pierres est alors récupérée pour la construction de palais, églises, hôpitaux et autres bâtiments. Ainsi, le palais de Venise et la basilique Saint-Pierre sont construits en utilisant le Colisée comme carrière[28]. En 1451, le pape Nicolas V (fl. 1447-1455) fait extraire, tailler et acheminer vers les fours à chaux les travertins et les placages de marbre qui serviront à les alimenter[8]. En une seule année, le pape fait extraire du Colisée 2 500 chargements de travertins et de tufs[29]. Les agrafes de fer ou de bronze scellées au plomb, servant à assujettir les pierres, sont pillées en creusant au burin entre les joints, laissant les innombrables trous visibles sur les murs intérieurs et extérieurs, et affaiblissant l'édifice qui souffre des tremblements de terre de 1703 et de 1812[N 6],[31].
Un ordre religieux s'installe dans les ruines au milieu du XIVe siècle, et s'y maintient jusqu'à la fin du XIXe siècle[32].
Époque moderne
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Au cours des XVIe et XVIIe siècles, les fonctionnaires de l'Église cherchent à donner un rôle au monument à l'abandon. Sixte V (fl. 1585-1590) envisage de transformer l'édifice en filature de laine où l'on emploierait les prostituées, mais suite à son décès cette proposition n'est pas suivie d'effet[34]. En 1671, le cardinal Paluzzo Paluzzi Altieri Degli Albertoni autorise son utilisation pour des courses de taureaux, ce qui provoque un tollé[35].
Au début du XVIIIe siècle, un moine Carme, le père Angiolo Paoli, intervient auprès du pape Clément XI (fl. 1700-1721) pour préserver ce lieu laissé à l'abandon qui « est imprégné du sang des martyrs ». Le pape approuve le projet du moine. Le Carme, avec l'aide de quelques volontaires, se transforme en maçon et fait fermer les arcs avec des murs épais et les portes avec de grosses traverses en fer. À l'intérieur, il érige trois grosses croix de bois[36].
En 1749, Benoît XIV (fl. 1740-1758) décide que la politique officielle de l'Église est de faire du Colisée le lieu sacré où les premiers chrétiens ont été martyrisés. Il interdit l'utilisation du Colisée comme carrière, et consacre l'édifice à la Passion du Christ où il y fait installer un chemin de croix, le déclarant sanctifié par le sang des martyrs chrétiens qui y périrent[37].
Période contemporaine
[modifier | modifier le code]Par la suite, divers projets de restauration et de stabilisation sont entrepris : sous l'Empire français, la façade est renforcée par des étais de briques en 1807 et 1827, Napoléon Ier faisant employer 1 800 hommes à la restauration et aux fouilles des principaux monuments de Rome de 1811 à 1814. À la suite de l'occupation de Rome, l'empereur Napoléon III poursuit les travaux de restauration et de fouilles[37]. L'intérieur est restauré en 1831, 1846 et 1930. Avant le nettoyage et les restaurations effectuées au XIXe siècle par des archéologues et ingénieurs, les voyageurs ont une vision romantique du site, les arcs et les ruines étant devenues un jardin rempli de fleurs et de verdure[38].

L'arène est partiellement fouillée en 1810-1814 et en 1874-1875 par Pietro Rosa, puis totalement déblayée dans les années 1930[8]. En 1995, où 15 % du monument est ouvert au public, débute le plus important chantier de restauration entrepris depuis 1836, l'objectif étant de diminuer les chutes de pierres et de donner 85 % d'accès aux visiteurs[40].
Attraction touristique majeure de Rome avec 7,6 millions de visiteurs par an (ce qui en fait le monument le plus visité d'Italie) et 35 % d'accès au public en 2010, le Colisée poursuit ses restaurations pour éviter l'engorgement. En 2010, il ouvre ainsi une partie de l'hypogée à des visites guidées[41].
Il bénéficie de subsides de l'État italien pour son entretien. Cependant, face à la réduction budgétaire du ministère des Biens culturels, le site a dû se tourner vers le mécénat privé pour boucler son budget : en 2011, un accord signé avec Diego Della Valle, le PDG de la marque de chaussures Tod's, permet à ce groupe de se prévaloir d'être « le sponsor unique du Colisée » en finançant entièrement les travaux (nettoyage de la pierre noircie par la pollution, colmatage des fissures et brèches, remplacement des barrières métalliques obturant les arches du rez-de-chaussée, restauration de l'hypogée, mise en place d'un nouveau système d'illumination et construction d'un centre de services touristiques), soit 25 millions d'euros dont un tiers peut être déduit fiscalement[42]. En échange, l'association « Amici del Colosseo » créée par le sponsor a le droit exclusif d'utiliser l'image du monument pour ses publicités[43]. Le Colisée reste ouvert au public pendant les travaux, les échafaudages ne couvrant qu'un tiers du monument à la fois. Le nombre de visiteurs du Colisée est passé en une dizaine d'années d'un million par an à environ six millions en 2013, entre autres grâce au succès du film Gladiator de Ridley Scott en 2000[44].
Des travaux visant à restaurer les stucs décoratifs et à ajouter une passerelle au passage Commode ont été effectués d'octobre 2024 à septembre 2025. Ce passage utilisé par les empereurs romains pour entrer discrètement dans le Colisée et portant le nom de celui qui y a subi une tentative d'assassinat, a été redécouvert dans les années 1810 ; il ouvre au public le 27 octobre 2025. Un autre projet de restauration devrait débuter en 2026[45].
Le bâtiment a parfois été utilisé pour des spectacles : en 1951, la compagnie de l'Opéra de Rome y joue à l'occasion du 50e anniversaire de la mort de Giuseppe Verdi ; en 2003, Paul McCartney y donne un concert caritatif devant 400 personnes, avant de donner un concert gratuit au pied du monument devant 300 000 personnes[46].
À partir de 1999, il est le lieu d'une campagne d'illumination sous l'égide du slogan « Le Colisée illumine la vie » : on l'éclaire d'une lumière dorée lorsqu'un État suspend ou abolit la peine de mort — « geste habile de propagande et de réappropriation », le lieu étant majoritairement relié à la mort[47].
Le Colisée reste un site de cérémonies catholiques aux XXe et XXIe siècles. Le pape Jean-Paul II y a inauguré une nouvelle forme de procession du chemin de croix qui se déroule le Vendredi saint[48],[49] ; comme lui, le pape Léon XIV y a participé en portant une croix de bois à travers les stations du Colisée, le 3 avril 2026[50].
Le Colisée, ainsi que l'ensemble du centre historique de Rome, est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) depuis 1980. Le 7 juillet 2007, il a été reconnu comme l'une des Sept nouvelles merveilles du monde[51].
Architecture
[modifier | modifier le code]Extérieur
[modifier | modifier le code]Contrairement aux amphithéâtres antérieurs construits entre deux collines, le Colisée est une structure autonome, de plan ovoïde, présentant une courbe polycentrique proche d'une ellipse[52]. Orienté OSO-ENE, de 189 m de long et 156 m de largeur, il couvre une superficie de 2,4 ha. La hauteur de la paroi extérieure est de 48 m. Le périmètre d'origine mesure 545 m. L'arène centrale est un ovale de 86 m de long et 54 m de largeur, entouré par un mur de 4,5 m de hauteur, qui s'élève jusqu'au niveau des premiers gradins[53].
Avec ses 250 000 tonnes de pierres, la construction du Colisée a nécessité près de 100 000 m3 de travertin dont 45 000 pour la paroi extérieure en opus quadratum, montés sans mortier, mais solidarisés par 300 t d'agrafes de fer[8] ; cette roche, issue d'une carrière près de Tibur, fut transportée au Colisée par une route aménagée à cet effet. Une quantité similaire de blocs de tuf, de briques et de béton en opus caementicium ont également été employés afin d'adapter la résistance des matériaux aux charges et poussées selon les différentes structures[N 8],[54]. Cependant, l'ensemble de la structure a subi d'importants dommages au cours des siècles, dont de larges segments effondrés à la suite des tremblements de terre[31]. Le côté nord du mur d'enceinte est toujours debout ; les rampes de briques, ajoutées à chaque extrémité au XIXe siècle, l'ont consolidé. Le reste de l'actuel extérieur du Colisée est en fait le mur intérieur d'origine[55].

Le bâtiment repose sur une base de deux marches. La partie restante de la paroi extérieure de la façade monumentale se compose de trois niveaux d'arcades superposés, surmontés d'une plate-forme sur laquelle se dresse un attique de grande hauteur, percé de fenêtres à intervalles réguliers. Seulement 31 arcs de l'anneau extérieur, numérotés de XXIII à LIV, sont restés intacts. Les 80 arcades de chaque niveau sont respectivement encadrées de demi-colonnes de style dorico-toscan[N 9], ionique et corinthien, tandis que l'attique est orné de pilastres composites[55], les styles de ces trois niveaux devenant l'archétype des amphithéâtres romains postérieurs[56]. Les arcs, au rez-de-chaussée, font 7,05 m de hauteur pour 4,20 m de largeur. Ceux du premier et du deuxième étage (où ils ne font que 6,45 m de hauteur), étaient ornés de 160 statues en bronze doré hautes de cinq mètres, honorant probablement des divinités et d'autres personnages de la mythologie classique, tandis que 40 boucliers en bronze ajoutés par Titus rythmaient l'attique et symbolisaient les conquêtes militaires romaines avec le bouclier pris à l'ennemi. Il est possible que ces boucliers soient un rappel de ce décor déjà employé dans la basilique Æmilia[57].
La construction est favorisée par la répétition d'un motif architectural dit fornix, formé d'une arcade et de deux piliers, répétée quatre-vingts fois pour constituer le périmètre et trois fois en élévation, rappelant la prostitution qui se pratiquait sous ces arcades[58].
Deux cent quarante mâts d'une vingtaine de mètres de hauteur étaient dressés en encorbellement autour du sommet de l'attique. Ils soutenaient un vaste auvent rétractable, connu sous le nom de velum ou velarium[N 10]. C'était une immense toile soutenue par un anneau de cordes en filet, avec un trou au centre, entouré d’un anneau de fort cordage[N 11],[6][réf. incomplète]. Elle couvrait deux tiers de l'arène, en pente vers le centre pour capter le vent et diriger la brise vers les spectateurs. Des esclaves et marins, spécialement enrôlés au siège de la marine à Misène et basés à la proche caserne du Castra Misenatium, étaient chargés de la manœuvre du velarium[59]. Des esclaves armés de vaporisateurs pouvaient envoyer sur les notabilités les spartiones, des brumes rafraîchissantes et parfumées et des projections de suaves effluves, eau mêlée de safran ou de baume, par des pompes à piston pouvaient avoir lieu avant le spectacle. Pour neutraliser l'odeur des bêtes et les relents d'écurie, des brûle-parfums étaient répartis dans l'amphithéâtre[60].
Le Colisée était entouré d'une place de 17,5 m de large pavée de travertin et délimitée par les bornes fixées[N 12] dans le sol dont la fonction est discutée[N 13],[61]. Les jours de spectacle, cette place regorgeait de colporteurs et de pickpockets[62]. La capacité du Colisée rendait indispensable un dispositif d'accès et d'évacuation rapide, pour lequel les architectes mirent au point des solutions efficaces. Quatre-vingts entrées s'ouvraient sur l'extérieur au rez-de-chaussée, dont 76, numérotées (de même que chaque escalier), étaient destinées aux spectateurs ordinaires[6]. Des grilles sous chaque arc, dont il ne reste que les gonds dans le mur, permettaient de réguler le flot de spectateurs. La porte principale nord-ouest appelée porta triumphalis (porte de la vie) était l'entrée principale réservée à la parade inaugurale des gladiateurs et à la sortie des combattants vainqueurs, la porte sud-est, dite porta libitinensis (porte de la mort)[N 14] permettait d'emmener les mortellement blessés au spoliarium alors que les deux autres entrées axiales étaient destinées à l'élite[N 15],[63]. Les quatre entrées axiales étaient richement décorées de peintures et de reliefs en stuc, dont des fragments nous sont parvenus. Le « passage de Commode »[N 16] qui reliait la loge impériale méridionale à l'extérieur[N 17] est le témoin de ce riche décor. Bon nombre des entrées originales extérieures ont disparu avec l'effondrement du mur extérieur, mais les entrées XXIII à LIV demeurent. L'édifice était probablement peint[8].
Les spectateurs recevaient des billets sous forme de fragments de poterie numérotés, des jetons d'entrée ou tessera, distribués gratuitement la veille[N 18] qui leur donnaient les instructions nécessaires pour trouver la section et la rangée de sièges. Ils accédaient à leurs places par des vomitoria qui s'ouvraient sur les gradins et permettaient l'installation du public en une heure. Dès la fin des jeux ou en cas d'urgence, l'évacuation ne prenait que quelques minutes[64].
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Vue extérieure de la façade construite en grands blocs de travertin blanc[N 19].
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L'extérieur du Colisée, montrant la partie intacte du mur extérieur (à gauche) et la paroi intérieure presque intacte (à droite).
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Façade originelle du Colisée.
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Entrée LII du Colisée, avec chiffres romains encore visibles.
Cavea
[modifier | modifier le code]L'ensemble des gradins forme la cavea. Les travées inférieures forment un angle de 30°, les supérieures de 40°, ce qui permet au public en hauteur d'avoir une vue dégagée de l'arène[66].
Les spectateurs étaient assis dans un placement hiérarchisé reflétant la nature de la société romaine. Des inscriptions gravées sur les gradins indiquent à quelle catégorie de personnes ils étaient destinés, par exemple equitibus romanis (c'est-à-dire pour les chevaliers romains), ou encore pædagogis puerorum (pour les maîtres d'école)[67].
Des loges spéciales, réservées respectivement au sud et nord à l'empereur et aux Vestales, offraient les meilleures vues sur l'arène. Une large plate-forme ou podium, au même niveau, accueillait les spectateurs de classe sénatoriale, autorisés à apporter leur propre chaise. Les noms de certains sénateurs du Ve siècle sont encore gravés dans la pierre[67].
Le niveau situé juste au-dessus de celui des sénateurs, connu sous le nom de primum mænianum, consistait en neuf travées de marbre occupées par la classe des chevaliers (ordre équestre : equites, noblesse non sénatoriale). Le niveau suivant, le mænianum secundum, à l'origine réservé aux simples citoyens romains (les plébéiens), était divisé en deux sections : la partie inférieure (l'immum) pour les riches citoyens, la partie supérieure (le summum) pour la classe moyenne. Des secteurs spécifiques étaient attribués à d'autres groupes sociaux : par exemple, les garçons avec leurs tuteurs, les soldats en permission, les dignitaires étrangers, les scribes, les hérauts, les prêtres , etc.. Certaines zones étaient de plus réservées à des groupes spécifiques. Les sièges de pierre, et plus tard de marbre, étaient rendus plus confortables par les coussins que chacun apportait pour son propre usage[69].
Deux niveaux supplémentaires, le mænianum summum secundum et le mænianum secundum in ligneis (2e étage en bois), furent ajoutés au sommet de l'édifice sous le règne de Domitien ; ils constituaient une galerie pour les pauvres, les esclaves et les femmes, avec des places debout ou aménagées succinctement en tribunes de bois à pente très raide. Certains groupes de personnes étaient totalement exclus du Colisée, notamment les fossoyeurs, les acteurs et les anciens gladiateurs[8].
Chaque niveau, divisé en sections (mæniana) par des passages en courbe (larges couloirs appelés praecinctiones) et des murets baltei), était subdivisé en cunei, ou portions, et par les allées et les marches des vomitoria. Chaque rangée (gradus) avait ses sièges numérotés, permettant de désigner précisément chaque siège par son gradus, son cuneus et son numéro propre[70].
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Système complexe d'escaliers, d'après le Lexikon der gesamten Technik (1904) d'Otto Lueger.
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Vue latérale des gradins du Colisée surmontant les quatre corridors, en plus du corridor de service adjacent à l'arène.
Arène et hypogée
[modifier | modifier le code]L'arène mesure 83 × 48 m (280 × 163 pieds romains)[8]. Elle est composée d'un plancher de bois recouvert de sable (le mot latin arena signifie « sable ») qui évitait aux combattants de glisser, absorbait facilement le sang répandu et pouvait être rapidement remplacé[71]. Il couvre une vaste structure souterraine appelée « hypogée » (nom masculin d'origine grecque, littéralement le « sous-sol » : hupo (sous) et gê (la terre)). S'il reste peu de choses de l'arène originale, l'hypogée est encore visible : à la suite des fouilles entreprises en 1803, les souterrains ont été envahis par les eaux d'égouts et de pluie, et il a fallu attendre les années 1880 pour que des pompes puissent les évacuer et permettent la reprise des fouilles. Les souterrains ont été édifiés quelques années après l'inauguration de l'amphithéâtre, à l'époque de Domitien (81-96 apr. J.-C.)[72].

Construit sous l'empereur Domitien, l'hypogée était divisé en 15 couloirs réalisés en brique et blocs de tuf, bâtis parallèlement à une galerie centrale qui suivait le grand axe de l'ellipse (est-ouest). Formé de quinze grands couloirs longitudinaux et transversaux qui divisaient l'espace en une soixantaine de salles, il était constitué d'un réseau souterrain à deux niveaux de tunnels et de cages situés sous l'arène, où gladiateurs et animaux stationnaient avant le spectacle. Quatre-vingts puits verticaux fournissaient un accès instantané à l'arène pour les animaux en cage et les accessoires de scène ; des plates-formes à charnières de plus grandes dimensions, appelées hegmata, permettaient l'accès des éléphants et autres grands animaux. L'hypogée a été restructuré à maintes reprises au cours des cinq siècles de fonctionnement du Colisée, et l'on peut distinguer au moins douze différentes phases de construction[8].
L'hypogée était relié par des tunnels souterrains à l'extérieur du Colisée. Les animaux et leurs dresseurs pouvaient rejoindre par un tunnel les écuries situées à proximité, de même que les gladiateurs pouvaient rallier sans peine, à partir du couloir central, leur caserne du Ludus Magnus, toujours visible, juste à l'est du Colisée. Des tunnels spéciaux étaient réservés à l'empereur et aux Vestales, afin qu'ils puissent rejoindre leurs loges sans devoir se mêler à la foule[8].
Toutes sortes d'appareillages étaient entreposés dans l'hypogée. Une importante machinerie scénique actionnée par des cordages reliés à des treuils, des palans et des cabestans (des socles en pierre dans lesquels était attelée la pièce en bronze de ces treuils sont encore visibles au sol)[73], mise en mouvement par des centaines d’esclaves (huit par treuil en moyenne), permettait de hisser jusqu'à la surface de l'arène les cages des fauves, les plateaux mobiles supportant des décors et des accessoires, ou des plates-formes portant des gladiateurs : 28 élévateurs (structures en bois faisant office d'ascenseurs[74], qui montaient et descendaient grâce à des cordages et poulies dans la partie supérieure de ces monte-charges)[75]. Ces effets qui augmentent la spectacularisation de l'événement, étaient aussi rendus possibles par la nature de la couverture du sous-sol, en grande partie constituée d'un plancher de bois composé d'éléments amovibles, de rampes et de trappes[73]. L'existence de grands mécanismes hydrauliques permettant d'inonder rapidement l'arène, vraisemblablement par le biais d'une connexion à un aqueduc situé à proximité, est attestée[8].
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Modèle en coupe de l'hypogée montrant la machinerie scénique.
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Reconstitution d'un élévateur.
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Dans le sol : les trous doublés de bronze où étaient encastrés les treuils.
Installations annexes
[modifier | modifier le code]Le Colisée attire dans son orbite toutes sortes d'activités annexes : en plus de l'amphithéâtre, d'autres bâtiments implantés à proximité sont liés aux jeux. Immédiatement à l'est se trouvent des vestiges du Ludus Magnus, une école d'entraînement des gladiateurs reliée au Colisée par un passage souterrain. Le Ludus Magnus a sa propre arène, qui est une attraction populaire pour les spectateurs romains. D'autres écoles d'entraînement sont installées dans la même zone : le Ludus Matutinus (« école du matin ») pour former les chasseurs d'animaux, et des écoles pour Daces et Gaulois[76],[77].

À l'intérieur du Colisée se trouve l'église Santa Maria della Pietà al Colosseo, catholique, insérée dans une des arcades de l'amphithéâtre Flavien et qui a probablement été construite entre le VIe et le VIIe siècle bien que la première information certaine concernant son existence ne remonte qu'au XIVe siècle. L'archéologue romain Mariano Armellini déclare que cette chapelle « (…) est destinée à l'origine à être la garde-robe de la compagnie de théâtre qui donnait des représentations dans l'arène de l'amphithéâtre, notamment le drame la Passion de Jésus-Christ, usage qui est maintenu jusqu'aux temps de Paul IV. » Plus tard, en 1622, l'édicule est acheté par la Confraternité du Gonfalone qui le transforme en oratoire. Il lui appartient jusqu'en 1936 puis il change de main et est confié au Cercle San Pietro à partir de 1955[78],[79]. Une série de chapelles encadrées chacune de deux colonnes garnit le pourtour de l'arène.

Sur le périmètre du Colisée, à une distance de 18 m du périmètre, était disposée toute une série de grosses bornes de pierre, dont cinq subsistent du côté est. Diverses explications de leur présence ont été avancées : elles pourraient avoir marqué une frontière religieuse, ou bien une limite extérieure pour le contrôle des billets, ou encore des points d'ancrage pour le velarium[8].
Juste à côté du Colisée se dressait la Meta Sudans, et plus tard vint l'arc de Constantin. On peut comprendre la Meta Sudans comme la fontaine du Colisée, implantée à proximité immédiate du grand édifice public, au point le plus bas de toute la zone, à l'intersection de deux routes importantes de Rome. La fontaine remplace un segment de la Domus aurea, rasée après la damnatio memoriæ de Néron[80]. L'arc de Constantin, quant à lui, n'apparaît dans le paysage, à quelques mètres de la fontaine, que deux siècles et demi plus tard, Constantin voulant associer son règne à celui de la dynastie flavienne[81].
Velum
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Le velum, appelé également velarium, était une toile de protection tendue au-dessus du Colisée afin de protéger les spectateurs du soleil ou de la pluie[82]. Il se composait d’un grand nombre de bandes trapézoïdales, déployées à l’aide des cordes enroulées sur des treuils. La toile descendait le plus bas possible afin de bien protéger les spectateurs contre le soleil. Les nombreux travaux réalisés par les archéologues ont pu démontrer que l’heure où le soleil reste le plus bas dans le ciel (alors le matin ou le soir) connaissait la moins favorable protection. Des études du début du XXIe siècle ont porté sur l’influence du velum dans l’acoustique de l’amphithéâtre ; elles ne peuvent pas apporter des résultats très concrets car la taille même du velum n’est pas connue[83],[84].
La découverte de l'existence du velum a lieu en 1876, quand les archéologues mettent au jour une fresque dans une maison de Pompéi, illustrant l’amphithéâtre de la ville avec une grande pièce de tissu qui couvre la semi-totalité des cavea. Aucune image de cette période ne montre le velum déployé. Un graffiti « publicitaire », ultérieurement trouvé à Rome, qui finissait par la phrase « et uela erunt » (littéralement « et il y aura des voiles ») a confirmé ensuite l'existence du velum[83],[84].
Les représentations des velum romains ont commencé dès la fin du XIXe siècle. En 1999, Philippe Fleury, un archéologue français, en a proposé le fonctionnement : un immense anneau central était levé 18 mètres au-dessus de l'arène afin de soutenir les 240 pans du velum, déployés à l'aide d'un ensemble de treuils et de cordages d'un poids de 68 tonnes. Le velum avait alors, la forme d’un entonnoir. Jusqu’à nos jours, cette représentation reste une des plus respectées dans le domaine de l'archéologie mais présente peu de ressemblance avec le velum de la peinture de Pompéi[85],[86].
Rôle du Colisée
[modifier | modifier le code]Pouvant accueillir probablement entre 50 000 et 80 000 spectateurs[87], le Colisée a été utilisé pour offrir au public des combats de gladiateurs [88],[N 22], des reconstitutions mythologiques et d'autres jeux variés[90]. Le matin, après un tour initial dans l'arène pour la présentation de tous les participants, (la pompa gladiatoria), avait lieu un type de spectacle très populaire : la chasse aux animaux sauvages, ou venatio, qui faisait appel à une grande variété de bêtes sauvages, principalement importées d'Afrique, comme rhinocéros, hippopotames, éléphants, girafes, lions, panthères, crocodiles, gnous et autruches. Des batailles et des chasses étaient souvent mises en scène parmi des décors comprenant des arbres et des bâtiments. Pendant l’après-midi se déroulaient les spectacles appelés munera qui ont toujours été produits par des individus (appelés munerarii ou editores) plutôt que par l'État. Ils avaient une connotation religieuse, mais démontraient aussi la puissance et le prestige de la famille organisatrice, auprès de la population qui les appréciait[91]. Ces fêtes prenaient parfois de l'ampleur : Dion Cassius rapporte que Trajan, en 107-108, a fêté ses victoires sur les Daces par des jeux impliquant 11 000 animaux et 10 000 gladiateurs ; organisé en plusieurs phases dans un laps de temps de 123 jours[22].
Dion Cassius rapporte que le Colisée a vu se dérouler, dès les premiers jours et avant la construction de l'hypogée, des naumachies, plus communément appelées navalia proelia : reconstitutions et mises en scène de combats navals avec de vraies victimes. Pour l'inauguration du Colisée, en 80 apr. J.-C., Titus aurait donné deux naumachies. La première dans le Colisée transformé en bassin reconstitue la bataille navale de Corinthe contre Corcyre. Il est consigné que l'arène remplie d'eau aurait alors accueilli aussi des courses de chevaux et de taureaux spécialement entraînés à nager[92],[93].
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Scène de damnatio ad bestias.
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Spectacle de navalia proelia.
Des sylvae, ou recréations champêtres, ont également eu leur place dans les Jeux de l'amphithéâtre. Des peintres, techniciens et architectes s'appliquaient à reconstituer toute une forêt, avec de vrais arbres et arbustes plantés dans le sable de l'arène. Cette forêt apparaissait progressivement peuplée d'animaux introduits tour à tour pour le plus grand plaisir de la foule. Ces reconstitutions pouvaient simplement montrer à la population urbaine des scènes de la nature sauvage, ou bien devenir la toile de fond de chasses ou de scènes illustrant des épisodes de la mythologie[94].
Pendant l'intervalle du déjeuner, on exécutait des condamnations à mort sur l'arène . Lors de l'exposition aux bêtes, la damnatio ad bestias, le condamné était généralement lié à un poteau et poussé vers les animaux. Occasionnellement, les décors ont pu être utilisés pour des exécutions dans lesquelles le héros de l'histoire — joué par un malheureux condamné — était tué de la façon dont le relataient les récits mythologiques -, dévoré par des fauves ou d'autre façon[95]. Cette partie du spectacle était la moins prisée, de nombreux spectateurs en profitant pour s'alimenter ou se rafraîchir à la cinquantaine de fontaines disposées dans le Colisée[94].
Flore
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En raison de son abandon et de ses utilisations successives, le Colisée a été abondamment colonisé par différentes communautés végétales. Plusieurs botanistes se sont intéressés à l'analyse de cette flore particulière, Panaroli en étant le premier en 1643[96]. Au XIXe siècle, des listes de la flore spontanée sont compilées en 1815 par Sebastiani[97], en 1855 par Deakin (d)[98] et en 1874-1878 par Elisabetha Fiorini-Mazzanti[99]. L'étude la plus systématique dénombre plus de 400 variétés différentes mais le monument subit un nettoyage et un désherbage agressifs en 1871[100]. En 1951, Anzalone (d) entreprend une analyse de la flore des murs de Rome, dont celle du Colisée[101]. Enfin, après des désherbages, dont certains avec des biocides chimiques, un nouveau relevé floristique est effectué en 2001[102].
Le regard porté sur ces ruines colonisées par une végétation spontanée change selon les époques et les botanistes. Par exemple, lorsque l'érudit italien Poggio Bracciolini le visite en 1430, il se lamente sur le site des ruines et s'exclame « Ce spectacle du monde, comme il est tombé ! Comme il a changé ! Comme il est défiguré ! Le chemin de la victoire est effacé par les vignes. » Mais d'autres ont vu une beauté romantique de l'arène réensauvagée comme Charles Dickens, dans ses Images d'Italie de 1846[103] :
« Le voir s'écrouler là, d'un pouce par an ; ses murs et ses arches envahis par la verdure ; ses couloirs ouverts au jour ; l'herbe haute qui pousse dans ses porches ; les jeunes arbres d'hier, qui poussent sur ses parapets déchiquetés, et qui portent des fruits : produit fortuit des graines que laissent tomber les oiseaux qui construisent leurs nids dans ses fentes et ses recoins ; voir sa fosse de combat remplie de terre... est le spectacle le plus impressionnant, le plus majestueux, le plus solennel, le plus grandiose, le plus majestueux, le plus triste qu'on puisse concevoir. »
Le Colisée présente un aspect sec et chaud sur son côté sud, et frais et humide au nord. Aux XVIIIe et XIXe siècles, les ruines sont pacagées par de petits troupeaux de brebis et de chèvres et quelques paysans y récoltent du foin. Les relevés botaniques toutes dates confondues comportent un maximum de 418 espèces, issues de 366 genres et de 84 familles principalement des Astéracées, des Poacées, des Fabacées, des Lamiacées et des Brassicacées. Deux petites centaines d'espèces sont très communes, et 135 sont fréquentes à toutes les périodes. Il s'agit principalement de plantes herbacées rudérales, largement répandues dans les pâturages plus ou moins nitrophiles, ou pionnières sur les rochers et les grèves. Les ligneux sont représentés par de nombreux figuiers, oléastres, pistachiers et ronces à feuilles d'orme. Ils constituent un préalable aux plantes forestières qui restent rares[102],[104].
L'inventaire de 2001 comptabilise 242 espèces. 117 ont disparu de la flore du Colisée depuis le XIXe siècle tout comme de celle de Rome. 70 espèces ne sont répertoriées qu'à partir de 1951. Ces dernières sont des néophytes principalement d'origine américaine, issues de plantes cultivées et naturalisées comme Ailanthus altissima, Celtis australis, Ulmus minor, Acer negundo, Broussonetia papyrifera, Platanus hybrida et Robinia pseudoacacia. Parmi les herbacées, les annuelles sont plus représentées que les pérennes. De même, les espèces propres aux habitats riches en azote sont plus présentes, alors que les espèces liées aux prairies et champs cultivées diminuent. C'est également le cas des espèces liées au climat sec et chaud qui dominent au XXIe siècle et suivent les contraintes du changement climatique. Certaines plantes trouvent refuge au sein des ruines du Colisée, comme Asphodelus fistulosus et Sedum dasyphyllum qui se révèlent rares dans l'environnement urbain alentour[102],[104].
Problématiques contemporaines
[modifier | modifier le code]Aspect économique
[modifier | modifier le code]Le Colisée est un bien confié au Parc archéologique du Colisée, qui en assure la gestion et l'entretien[105]. En 2023, le circuit archéologique comprenant le Colisée, le Forum romain et le Palatin a enregistré 12 298 246 visiteurs, ce qui en fait le site muséal public italien le plus visité parmi ceux payants[106].
Selon une étude menée par Deloitte, multinationale leader dans le secteur du conseil et de l'audit, le Colisée contribue au PIB italien à hauteur de 1,4 milliard d'euros en tant qu'attraction touristique et culturelle, et sa valeur sociale est estimée à environ 77 milliards d'euros[107].
Fraude et criminalité
[modifier | modifier le code]Le Parc archéologique du Colisée est le seul organisme habilité à la vente de billets d'entrée. Les revendeurs illégaux de billets font l'objet d'une attention particulière de la part de la police municipale et des carabiniers ; ces individus se livrent illégalement à des activités de commerce ambulant au nom de prétendues agences de voyage, ou à la revente de billets d'entrée au Colisée[108].
Le Colisée a été au cœur de plusieurs problèmes liés à la sécurité, notamment avec le phénomène des « centurions », qui intimidaient, sous la menace de violences, les guides touristiques du parc archéologique, exigeant un pourcentage de leurs gains pour leur permettre de continuer à travailler. Ce phénomène d'illégalité dans le quartier du Colisée est un problème persistant qui a mis à l'épreuve plusieurs administrations municipales, malgré les arrêtés et les interdictions mis en place et les recours juridiques devant le TAR (Tribunal administratif régional)[109].
Postérité
[modifier | modifier le code]Littérature
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Germaine de Staël considère le Colisée comme un symbole de la grandeur antique, source de méditation sur l’art, la culture et la sensibilité humaine[110] : « Ces admirables ruines portent avec elles un si beau caractère de magnificence et de génie, qu’on est tenté de se faire illusion sur la véritable grandeur et d’accorder aux chefs-d’œuvre de l’art l’admiration qui n’est due qu’aux monuments consacrés aux institutions généreuses. »
Émile Zola l’évoque[111] en ces termes[112] : « Ah ! Ce colosse dont les siècles n’ont entamé qu’une moitié, comme d’un immense coup de faux, il reste, dans son énormité, dans sa majesté, tel qu’une dentelle de pierre, avec ces centaines de baies vides, béantes sur le bleu du ciel ![113] »
Stendhal le cite[112] : « J’ai vu Saint-Paul de Londres, la cathédrale de Strasbourg, le dôme de Milan, sainte Justine de Padoue, jamais je n'ai rien rencontré de comparable au Colysée[114]. »
Victor Fournel le qualifie d'« abattoir gigantesque »[115], tandis qu'Alphonse de Lamartine le voit comme une « image des honteuses vicissitudes de la gloire humaine »[116].
Charles Dickens le visitait tous les jours pendant son séjour à Rome[112]. « Le Colisée, est la plus impressionnante, la plus imposante, la plus solennelle, grandiose, majestueuse et mélancolique des vues[117]. »
Lord Byron le cite dans sa biographie : « Tant que durera le Colisée, Rome durera; quand le Colisée tombera, Rome tombera, et avec Rome, le monde[118],[119]. »

En 1787, pendant son séjour à Rome, Goethe fait une description du Colisée vu de nuit dans son œuvre Voyage en Italie :
« Rome, 2 février 1787
Il faut s’être promené dans Rome au clair de la lune, pour concevoir la beauté d’un pareil spectacle. Tous les détails sont effacés par les grandes masses d’ombre et de lumière ; l’ensemble et les plus grands objets se présentent seuls aux regards. Depuis trois jours, nous avons bien et complètement joui des nuits les plus claires et les plus magnifiques. Le Colisée présente surtout un beau coup d’œil. On le ferme la nuit ; un ermite y demeure auprès d’une petite chapelle, et des mendiants se nichent dans les voûtes ruinées. Ils avaient allumé un feu par terre, et un vent léger poussait d’abord la fumée dans l’arène, si bien que la partie inférieure des ruines était couverte, et que les énormes murailles dressaient au-dessus leur masse sombre. Nous nous arrêtâmes devant la grille, à contempler ce phénomène. La lune était haute et brillante. Peu à peu la fumée s’échappa à travers les murs, les crevasses et les ouvertures ; la lune l’éclairait comme un brouillard. Le spectacle était merveilleux. »
— Goethe, Voyages en Suisse et en Italie (lire sur Wikisource), « Rome ».
Architecture
[modifier | modifier le code]Dans son grand projet de réaménagement de Rome, Benito Mussolini fait construire la Via dell'Impero : à l'extrémité de l'avenue, le Colisée constitue le but visuel de cet aménagement, effectué sur proposition du gouverneur de Rome Francesco Boncompagni Ludovisi[120]. Autre réalisation fasciste, le Palais de la civilisation italienne est surnommé par les Romains « le Colisée carré » du fait de sa ressemblance avec le monument[121].
Les grands bâtiments de Nuremberg comme la salle du congrès, conçu par Albert Speer, devaient rivaliser par leur taille avec le Colisée et servir de cadre à des rassemblements massifs du NSDAP pour impressionner et contrôler les foules. Cette inspiration antique se retrouve dans les proportions, l’usage de l’espace et la monumentalité, destinées à incarner la puissance de l’État nazi[122].
La renommée du Colisée en tant que lieu de divertissement a conduit à donner son nom à d'autres édifices publics modernes, notamment aux États-Unis, où les théâtres, les salles de concert et les stades sont couramment appelés « coliseums »[123]. L'extérieur de la bibliothèque publique de Vancouver conçue par Moshe Safdie[124], l'entrée du Los Angeles Memorial Coliseum[125] et la McCaig's Tower, surplombant Oban en Écosse, sont inspirées du Colisée[126].
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Kongresshalle de Nuremberg.
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Vancouver Library.
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Los Angeles Memorial Coliseum.
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La McCaig's Tower en 2008.
Arts graphiques
[modifier | modifier le code]De très nombreux artistes, en particulier aux XVIIIe et XIXe siècles, l'ont représenté dans leurs dessins, gravures ou peintures.
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Hendrik III van Cleve, XVIe siècle.
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Atlas van Loon, XVIIe siècle.
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Giovanni Paolo Panini, XVIIIe siècle.
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Johann Anton Ramboux, XIXe siècle.
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Fernando de Gorocica, XXe siècle.
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Nardiello Gennaro, XXIe siècle.
Culture populaire
[modifier | modifier le code]Films et publicités
[modifier | modifier le code]Le Colisée sert de décor à de nombreux films : Vacances romaines (1953)[127], La Fureur du dragon (1972)[128], Fusion (2003), Jumper (2008), Gladiator (2000)[129], Mange, prie, aime (2010), 007 Spectre (2015), Godzilla x Kong : Le Nouvel Empire (2024) ; ou inspirent des décors comme celui de la publicité Pepsi en 2004[130].
Loisirs
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Diverses constructions de loisirs s'inspirent du Colisée comme le Colisée du Caesars Palace (en)[129] ou le stade du Puy du Fou qui propose des spectacles de cirque inspirés de ceux de la Rome antique[131].
Jeux vidéo
[modifier | modifier le code]Le Colisée est représentés dans divers jeux vidéo : Assassin's Creed: Brotherhood (2010), Forge of Empires, Ryse: Son of Rome (2013), dans tous les opus principaux de la franchise de jeux vidéo Sid Meier's Civilization, ainsi que dans certains autres titres (Civilization Revolution, Civilization Revolution 2 et Civilization: Call to power).
Autres
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- Le Colisée est représenté sur la pièce de cinq centimes d'euro italienne[132].
- Les colonnades du Colisée figurent entre 1928 et 2000 sur les médailles des Jeux olympiques d'été, avant de créer la polémique au sein du champ journalistique[133].
- Dans Golden Wind, la cinquième partie du manga JoJo's Bizarre Adventure, une partie de l'affrontement final entre Diavolo, le parrain de Passione, et le gang de Bucciarati se déroule dans le Colisée. Le chef mafieux y lance son assaut contre Jean-Pierre Polnareff avec qui les protagonistes avaient rendez-vous.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Colosse de Néron, statue pourvue des attributs de la Fortune, tenant un gouvernail et appuyée sur la Meta Sudans.
- ↑ Le début et la durée des travaux de construction restent incertains, mais selon la plupart des historiens, ils durent environ dix ans, avec deux années supplémentaires pour la finition.
- ↑ Le bloc de marbre, qui faisait probablement partie d'une architrave, a été découvert en 1813 dans le sous-sol du Colisée. On peut y lire l'inscription latine « Salv[is dd.]nn. (= dominis nostris duobus) Theodosio et Placido V[alentiniano Augg.(= Augustis duobus)] / Rufi.[us] Caecina Felix Lampadius v(ir) c(larissimus) [et inl(ustris) praef(ectus) urbi] / har.[e]nam amphiteatri a novo una cum po[dio et pulpito (?) et portis] / p[ost]icis sed et reparatis spectaculi gradibus [ex sumptu suo restituit(?)] », faisant référence au préfet de la ville, Rufius Caecina Felix Lampadius, qui a restauré l'édifice sous les règnes de Théodose II et Valentinien III, en 443 ou 444. Trois lignes parallèles de trous, qui servaient à insérer des lettres métalliques, indiquent une inscription plus ancienne, reconstruite par Géza Alföldy en : « Imp. T. Caes. Vespasianus Aug. Amphitheatrum Novum Ex Manubis Fieri Iussit ». cf. la photo du bloc de marbre et la reconstruction de l'inscription.
- ↑ Ouvriers posant le béton plutôt que maçons spécialisés dans le travail du travertin.
- ↑ Certains archéologues appuient le fait que la réputation du monument est une invention moderne. Hopkins et Beard estiment qu'ils se trompent, appuyés en cela par les imitations du monument ainsi que ses représentations dans les écrits qui nous sont parvenus. Par exemple, ceux de l'historien Ammien Marcellin évoquant la stupéfaction de l'empereur Constance II devant « l'énorme masse de l'amphithéâtre » lors de sa visite en 357[20].
- ↑ Beaucoup d'observateurs prétendaient que ces trous servaient à placer les longues perches des échoppes installées durant les foires du Moyen Âge, explication aujourd'hui totalement décrédibilisée[30].
- ↑ Malgré de nombreuses restaurations (hypogée, plate-forme évoquant le plancher amovible qui couvrait l'arène jusqu'à la seconde moitié du XIXe siècle mais qui a été retirée pour laisser place à des recherches archéologiques), les visiteurs sont souvent déconcertés par l'intérieur du monument. En effet, les gradins ont presque tous disparu et la piste n'est plus là. Des amphithéâtres mieux conservés hors de Rome leur permettent d'observer des arènes en meilleur état[33].
- ↑ Principaux piliers en travertin, murs radiaux en travertin et tuf, voûtes en briques d'un béton plus léger que la pierre et plus solide que le mortier traditionnel.
- ↑ Style spécifiquement romain.
- ↑ Toile de lin ou de chanvre qui pouvait être colorée pour donner des ambiances particulières, qui abritait les spectateurs du soleil.
- ↑ Du chanvre de 80 mm de diamètre environ.
- ↑ Cinq de ces bornes restent visibles dans la partie est, du côté de la colline de l'Oppius.
- ↑ Ancrage des cordes de rappel du velarium., portes pour filtrer et réguler les accès au monument.
- ↑ Ces deux dénominations de porta triumphalis et porta libitinensis apparaissent dans les guides touristiques modernes mais n'existent pas dans les sources antiques.
- ↑ La porte sud-ouest empruntée par l'empereur et ses proches, par les sénateurs et les vestales ; la porte nord-est par les magistrats et riches patriciens.
- ↑ Passage secret du nom de l’empereur qui, selon les sources historiques, y subit un attentat. Cette galerie n'a pas été entièrement excavée, car cela pourrait produire l'effondrement d'une route très fréquentée.
- ↑ Probablement à un palais.
- ↑ Exemple de tessera : CVN III GRAD IV LOC VII qui correspond au secteur (cuneus) numéro 3, gradin 4, siège (locus) 7.
- ↑ les pierres à gauche étant noircies par la pollution et la brèche à droite étant étayée par des contreforts en brique au début du XIXe siècle.
- ↑ Selon Sophie Madeleine, ingénieur de Recherche au CIREVE (Centre Interdisciplinaire de Réalité Virtuelle) de l'université de Caen Basse-Normandie, les cordages pesant trente tonnes donnaient une tension telle que cette force devait être compensée par des cordes de rappel fixées à des bornes, toujours visibles devant les arcades extérieures, et percées de trous d’ancrage pour fixer les treuils[65].
- ↑ Le parquet au fond est une reconstitution partielle de la plate-forme en bois de l'arène par la SSBAR en 2001. Les quelques gradins situés à gauche de la porta libitinensis sont une reconstitution dans les années 1930. Cette reconstitution avec quelques sièges provenant de fouilles archéologiques ne semble pas correcte, car les sénateurs plaçaient leurs chaises sur une plate-forme appelée podium (environ à 3 mètres de haut au-dessus de l'arène) qui n'était pas constituée de gradins mais de trois marches basses[68].
- ↑ C'est le poète Martial qui en donne le récit le plus complet et le seul véritablement contemporain dans son ouvrage De Spectaculis (« Sur les spectacles »), une série d'épigrammes qui détaillent les différentes épreuves des jeux afin d'illustrer la puissance et la bienveillance de Titus. Martial fournit des détails sur des événements non couverts par d'autres sources ainsi que le seul récit complet connu d'un combat de gladiateurs dans l'arène[89].
- ↑ Le chemin de croix autour de l'arène et la végétation couronnant les murs ont été supprimés à la fin du XIXe siècle.
- ↑ La configuration proposée est à l'origine de la vision de la gladiature perpétuée en particulier par le genre du péplum au XXe siècle. La mort était peu donnée et décidée par le représentant de l'autorité.
Références
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- « MARTIAL (40 - vers 104 ap. J.-C.), Epigrammes », sur Itinera Electronica (consulté le 27 juin 2025).
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Amphithéâtre romain
- Liste d'amphithéâtres romains
- Jeux du cirque
- Jeux d'inauguration de l'amphithéâtre Flavien
Liens externes
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- Sites officiels : (it) colosseo.it/area/colosseo et (en) colosseo.it/en/area/the-colosseum
- Ressources relatives à l'architecture :
- Ressource relative à la géographie :
- Ressource relative au spectacle :
- Ressource relative à la bande dessinée :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Ressource relative à la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :