Bernard Chabert
Bernard Chabert ou (de) Bérard de Chabert (parfois Bernard-Chabert, Chaberti), mort à la fin de l'année 1235, est un prélat français du début du XIIIe siècle, originaire du Dauphiné, notamment archevêque d'Embrun, sous le nom Bernard Ier.
| Archevêque d'Embrun Archidiocèse d'Embrun | |
|---|---|
| octobre 1212 - décembre 1235 | |
| Évêque de Genève Diocèse de Genève | |
| 1205-1213 | |
Pierre (d) | |
| Chancelier (d) Cathédrale Notre-Dame de Paris | |
| 1205-1206 |
| Naissance |
Lieu inconnu |
|---|---|
| Décès |
Entre le 30 novembre 1235 et le 2 décembre 1235 |
Bernard Chabert ou (de) Bérard de Chabert (parfois Bernard-Chabert, Chaberti[1]), mort à la fin de l'année 1235, est un prélat français du début du XIIIe siècle, originaire du Dauphiné, notamment archevêque d'Embrun, sous le nom Bernard Ier.
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines
[modifier | modifier le code]Bernard Chabert est originaire du Dauphiné[2],[3]. Les auteurs du Régeste genevois (1866) soulignaient en introduction de sa notice que « L'évêque Bernard est généralement appelé du nom de Chabert, mais les renseignements sur les premières années de sa vie ne sont pas établis d'une manière certaine »[4].
Les auteurs sont divisés quand à sa ville d'origine, les uns penchent pour Romans, les autres La Salle, à proximité de Briançon[2].
Selon un manuscrit du Père jésuite Berard, directeur du séminaire d'Embrun, Bernard Charbert serait né à La Salle, à proximité de Briançon[5],[6]. Selon ce manuscrit, « son nom était Bernard Berard, mais il dut prendre celui de Bernard Chabert, à cause d'une maison qui appartenait à sa mère et qu'on appelle encore la maison de la Chaberte », information donnée dans l'Histoire du diocèse d'Embrun (1783)[7],[6]. L'hypothèse a été reprise par plusieurs auteurs dont celui de La France pontificale (1867)[5], ou encore la Notice chronologico-historique sur les archevêques d'Embrun (1901)[8]. L'historien régionaliste Aristide Albert (1821-1903), indiquait dans son ouvrage (1895) que ce manuscrit ne mentionnait aucune source permettant d'attester l'information, soulignant que les ouvrages comme la Gallia Christiana ou encore les différents ouvrages régionaux ne donnaient aucune indication sur son origine[6]. Il mentionnait par contre les Ephémérides du Père Marcellin Fornier/Fournier, qui indiquait que le prélat serait né à Romans[6].
L'auteur de La France pontificale (1867) indiquait que le nombre d'élèves fréquentant l'Université de Paris a amené l'usage pour les désigner de l'association de « leur nom de baptême, et celui de leur propre pays […] c'est pourquoi notre prélat est connu sous le nom de Bernard-Chabert, ou des Chaberts, qui était le nom d'un vaste domaine appartenant à sa mère », reprenant l'analyse du manuscrit de Berard, et concluant que ce dernier s'appelait « Bernard de Bérard »[5].
Début de carrière ecclésiastique
[modifier | modifier le code]Bernard Chabert étudie à l'université de Paris[9],[10] la philosophie, la théologie et l'écriture sainte[5]. Il est mentionné pour la première fois dans un document datant de l'année 1205 où il est dit chancelier de l'église de Paris[11],[1],[12].
À la suite de la démission de Nantelme, acceptée par le pape Innocent III en juillet 1205, il est ordonné au Chapitre de Genève d'élire son successeur[2],[10],[12]. Le choix se porte sur Bernard Chabert[2],[10],[12]
Épiscopat
[modifier | modifier le code]Ces prédécesseurs ont eu à résister face aux prétentions des comtes de Genève, il doit désormais faire face à l'autre puissance régionale, la maison de Savoie[13]. En 1211, il obtient du comte de Savoie, Thomas Ier, de renoncer à ses prétentions sur le diocèse[5],[12], notamment « le droit de percevoir les revenus de l'évêché en cas de vacance du siège épiscopal »[13]. L'année suivante, il rencontre des tensions avec le sire de Faucigny, Aymon II, à propos des terres de Sallaz[13]. Bernard Chabert obtient du sire qu'il le dédommage[13].
Proche du pape Innocent III[5],[10], il est élu archevêque d'Embrun vers 1212[5] ou l'année suivante[10],[12], à la suite de la mort de Raimond II[1]. Bernard est élu à l'unanimité par le Chapitre[1]. Son successeur sur le siège de Genève, Pierre Ier, dont l'élection sera contestée, permettra au comte de Savoie de revenir sur certains engagements[13].
Il participe au Quatrième concile du Latran, de 1215[1]. Il se rend à Paris, aux côtés de Simon IV de Montfort, l'évêque de Toulouse, Folquet de Marseille et celui de Gap, Hugues II, où Simon obtient l'investiture royale des terres confisquées lors de la croisade des albigeois[1].
Mort
[modifier | modifier le code]Bernard Chabert meurt à la fin de l'année 1235, entre le 30 novembre et le 2 décembre[14],[12].
Il reçoit de la part de quelques auteurs religieux le titre de saint, s'appuyant sur la Gallia christiana[6].
Héraldique
[modifier | modifier le code]Selon La France pontificale (1867), les armes du prélat seraient : parti, au 1er, d'azur au lion d'or, au 2e de sable, à la panthère d'argent.[5] Elles correspondent à la famille noble Berard d'Illins, originaire du Briançonnais[15]. Le prélat est cependant absent de la notice consacrée à la famille par Rivoire de La Bâtie[15].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Thierry Pécout, « Épiscopat et papauté en Provence : une refondation », Cahiers de Fanjeaux, no 50, 2015, p. 419-452 (lire en ligne).
- Helvetia Sacra, p. 78.
- ↑ Diocèse de Genève-Annecy, (lire en ligne), p. 43.
- ↑ Régeste genevois, Introduction (lire en ligne), p. 136.
- Honoré Fisquet, La France pontificale (Gallia christiana), t. 20 : Métropole d'Aix. Aix, Arles, Embrun (seconde partie), Paris, E. Repos, 1867 (lire en ligne), p. 861-868.
- Aristide Albert, Biographie, bibliographie du Briançonnais, canton de Briançon, 1895 (lire en ligne), p. 9-12.
- ↑ Curé Albert Antoine, Histoire géographique, naturelle, ecclésiastique et civile du diocèse d'Embrun, t. 1, Grenoble, s.n., 1783 (lire en ligne), p. 265.
- ↑ Louis Fillet, Notice chronologico-historique sur les archevêques d'Embrun, Grenoble, 1901 (lire en ligne), p. 20-21.
- ↑ Régeste genevois, p. 136.
- Diocèse de Genève-Annecy, p. 43.
- ↑ Helvetia Sacra, p. 35.
- Claire Martinet, « Bernard Chabert » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du 5 septembre 2003
- Matthieu de La Corbière, Martine Piguet, Catherine Santschi, Terres et châteaux des évêques de Genève. Les mandements de Jussy, Peney et Thiez des origines au début du XVIIe siècle, Annecy/Genève, Académie salésienne - Archives d'État, 2001, 465 p. (lire en ligne), p. 50.
- ↑ Helvetia Sacra, p. 79.
- Gustave de Rivoire de La Bâtie, Armorial de Dauphiné contenant les armoiries figurées de toutes les familles nobles et notables de cette province, accompagnées de notices généalogiques complétant les nobiliaires de Chorier et de Guy Allard, Lyon, Imprimerie Louis Perrin (réimpr. 1969 (Allier - Grenoble)) (1re éd. 1867), 821 p. (lire en ligne), p. 64-65.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Henri Baud (éditeur scientifique), Louis Binz (contributeur), Robert Brunel (contributeur), Paul Coutin (contributeur), Roger Devos (contributeur), Paul Guichonnet (contributeur), Jean-Yves Mariotte (contributeur) et Jean Sauvage (contributeur), Le Diocèse de Genève-Annecy, Paris, Editions Beauchesne, coll. « Histoire des diocèses de France », 1985, 331 p. (ISBN 2-7010-1112-4, BNF 34842416, lire en ligne).
- Louis Binz, Jean Emery et Catherine Santschi, Helvetia Sacra, vol. 3 : Le diocèse de Genève. L'archidiocèse de Vienne en Dauphiné, Berne, Éditions Francke, 1980, 391 p. (ISBN 3-7720-1454-2, lire en ligne [PDF]).
- Paul Lullin et Charles Le Fort, Régeste genevois : Répertoire chronologique et analytique des documents imprimés relatifs à l'histoire de la ville et du diocèse de Genève avant l'année 1312, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, 1866, 542 p. (lire en ligne).
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Ressource relative à la religion :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :