Alfred de Falloux

Le comte Frédéric Alfred Pierre de Falloux du Coudray, né à Angers (Maine-et-Loire) le 8 mai 1811 et mort à Angers le 6 janvier 1886, est un journaliste, historien et homme politique français du courant légitimiste.
| Alfred de Falloux | |
Alfred de Falloux, ca. 1860. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Ministre de l'Instruction publique et des cultes | |
| 20 décembre 1848 – 31 octobre 1849 (10 mois et 11 jours) |
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| Prédécesseur | Alexandre Pierre Freslon |
| Successeur | Félix Esquirou de Parieu |
| Député | |
| 1er août 1846 – 2 décembre 1851 (5 ans, 4 mois et 1 jour) |
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| Circonscription | Maine-et-Loire |
| Titulaire du fauteuil 34 de l'Académie française | |
| 10 avril 1856 – 6 janvier 1886 (29 ans, 8 mois et 27 jours) |
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| Prédécesseur | Mathieu Molé |
| Successeur | Octave Gréard |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Frédéric Alfred Pierre de Falloux du Coudray |
| Date de naissance | 8 mai 1811 |
| Lieu de naissance | Angers |
| Date de décès | 6 janvier 1886 (à 74 ans) |
| Lieu de décès | Angers |
| Nationalité | française |
| Parti politique | Légitimisme |
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Le comte Frédéric Alfred Pierre de Falloux du Coudray, né à Angers (Maine-et-Loire) le 8 mai 1811[1] et mort à Angers le 6 janvier 1886, est un journaliste, historien et homme politique français du courant légitimiste.
Biographie
[modifier | modifier le code]Carrière politique
[modifier | modifier le code]Né d'un père anobli par Charles X, Falloux commence sa carrière comme journaliste légitimiste et clérical, sous l'influence de Madame Swetchine. En 1846, il est élu député de Maine-et-Loire. Il accueille avec bienveillance la révolution de février 1848. Élu député à l'Assemblée nationale en février 1848, comme « républicain du lendemain », il y est l'adversaire acharné des Ateliers nationaux dont il obtient la dissolution en juin 1848, provoquant indirectement les répressions des journées de Juin.
Le 13 mai 1849, il est réélu à l'Assemblée législative. Le président de la République Louis-Napoléon Bonaparte, dont il avait soutenu la candidature, le nomme ministre de l'Instruction publique et des cultes dans le premier gouvernement Odilon Barrot en décembre 1848. Mais ses désaccords avec le président, notamment sur la question romaine, l'amènent à démissionner quelques mois plus tard en octobre 1849[réf. nécessaire].
Entre-temps, le 15 mars 1850, il avait néanmoins réussi à faire passer la loi qui porte son nom et qui organisait l'enseignement primaire et secondaire. Cette loi prévoyait que le clergé et les membres d'ordres religieux, hommes et femmes, pourraient enseigner sans produire d'autre qualification qu'une lettre d'obédience. Cette exemption fut même étendue aux prêtres qui enseignaient dans les écoles secondaires, alors qu'un grade universitaire était exigé des enseignants laïcs. De leur côté, les écoles primaires étaient placées sous la surveillance des curés.
Opposé au régime impérial malgré sa conversion au libéralisme, il n'occupa aucun poste pendant le Second Empire. Durant le coup d'état du 2 décembre, il rejoignit les protestataires, fut arrêté et détenu quelques semaines à la prison de Mazas[2] puis au fort du Ham[3]. Retiré, par la suite, sur ses terres du Bourg-d'Iré, en Anjou, il continua néanmoins de suivre l'évolution de la vie politique. Il y participait activement, au sein du Correspondant dont il fut, avec le comte de Montalembert et Augustin Cochin, l'un des fondateurs, à la lutte contre les catholiques intransigeants et leur chef, Louis Veuillot. Falloux fut élu membre de l'Académie française en 1856. Il cautionne par sa présence le 4 avril 1856 la fondation par Augustin Louis Cauchy de l'Œuvre des Écoles d'Orient[4], plus connue actuellement sous le nom de l'Œuvre d'Orient[5]. Il va même accepter d’être membre de son 1er Conseil général[6] le 25 de la même année.
En tant que partisan d'une monarchie parlementaire, il se trouva en butte à la fois aux idées conservatrices du « comte de Chambord », et aux principes anti-libéraux des ultramontains et du pape Pie IX : ces derniers voyaient dans le catholicisme libéral une « véritable lèpre »[7]. Il s'efforça, en vain, et contre l'avis de l'héritier des Bourbons, de négocier la fusion entre les légitimistes et les orléanistes, et l'évêque Charles-Émile Freppel l'excommunia d'ailleurs en 1876. Sa prise de position pour le « ralliement » sera saluée à titre posthume dans l'encyclique Au milieu des sollicitudes (1892) du pape Léon XIII.
Carrière littéraire
[modifier | modifier le code]Falloux est surtout un historien des contre-révolutionnaires de 1789, notamment par son Histoire de Louis XVI (1840), son Histoire de Saint Pie V (1845), son essai De la contre-révolution (1876) et ses Mémoires d'un royaliste posthumes.
Galerie
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Portrait d'Alfred de Falloux.
-
Alfred de Falloux par Honoré Daumier.
Principales publications
[modifier | modifier le code]- Louis XVI (1840)
- Histoire de saint Pie V, pape, de l'ordre des Frères prêcheurs (1844)
- Discours de M. de Falloux sur la situation du pays et sur les ateliers nationaux à la séance de l'Assemblée nationale du 24 mai 1848 (1849) Texte en ligne
- Le Parti catholique, ce qu'il a été, ce qu'il est devenu (1856)
- Itinéraire de Turin à Rome (1861)
- Madame Swetchine, sa vie et ses œuvres, publiées par M. le Cte de Falloux (2 volumes, 1860)
- Lettres de Mme Swetchine, publiées par M. le Cte de Falloux (2 volumes, 1862) Texte en ligne 1 2
- Augustin Cochin (1875)
- L'Évêque d'Orléans (1879)
- De l'Unité nationale (1880)
- Discours et mélanges politiques (1882)
- Études et souvenirs (1885) Texte en ligne
- Mémoires d'un royaliste (2 volumes 1888) Texte en ligne 1 2
- Correspondance d'Alfred de Falloux avec Augustin Cochin : 1854-1872, établie et annotée par Jean-Louis Ormières, H. Champion, Paris, 2003
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Né le 11 mars 1811 selon la biographie d’Eugène de Mirecourt ; né le 7 mai 1811 selon le Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse ; né le 11 mai 1811 selon le site de l’Académie française.
Le registre de l'état-civil du 2e arrondissement d'Angers (consultable ici, page 21/112, 20e nom dans la colonne de gauche) indique le 8 mai. - ↑ Victor Hugo, Histoire d'un crime, cf. chap. XIV, Caserne d'Orsay.
- ↑ Alain Decaux, Coup d'état à l'Élysée : le 2 décembre 1851, Perrin, 2008, 324 p. (ISBN 9782262029159), p. 266
- ↑ « Lettre de M. le Comte Hilaire de Lacombe, à Mgr Félix Charmetant, directeur général de l’Œuvre des Écoles d’Orient », sur L'Œuvre d'Orient (consulté le 4 juillet 2017)
- ↑ « L’Œuvre d’Orient au service
des chrétiens d’Orient depuis 1856 », sur L'Œuvre d'Orient (consulté le 27 juillet 2020). - ↑ Voir le 1er fascicule de l’Œuvre des Écoles d’Orient publié à Paris, le 25 avril 1856 mentionnant la composition de son 1er Conseil général.
- ↑ Michel Denis, « Mgr Freppel, Mgr Sauvé et l’université catholique d’Angers », Annales de Bretagne, vol. 78, no 2, 1971, p. 423-449 (DOI 10.3406/abpo.1971.2564)
Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Eugène de Mirecourt, Falloux G. Havard, Paris, 1859 lire en ligne sur Gallica
- Gérald Gobbi, Le Comte de Falloux, 1811-1886, entre Église et monarchie, presses Universitaires de Rennes, 2010.
- « Alfred de Falloux », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
- Jean-Louis Ormières, Correspondance d'Alfred de Falloux avec Augustin Cochin (1854-1872), Éditions Honoré Champion, 2003.
- Jean-Louis Ormières, Correspondance d'Alfred de Falloux avec Léon Lavedan (1862-1886), Éditions Honoré Champion, 2013.
Liens externes
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- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Ressource relative à la littérature :
- Ressource relative à la vie publique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Les correspondances d'A. de Falloux